Psychotechnologue en dépendance — universitaire — Institut de recherche en psychotechnologie sur la dépendance face à l’écran le numérique et l’intelligence artificielle Contribution à l’intervention psycho technologique en dépendance, à l’intervention psychosociale en communication et à la sociologie des médias.
Éric Le Ray Ph.D. 17-04-2025
Devenir Psycho technologue
La nécessité de faire une
troisième recherche en technologie éducative en me spécialisant en psycho technologie s’est imposée à moi pour orienter ma démarche professionnelle vers une nouvelle discipline afin de pouvoir travailler dans le secteur de l’intervention par la technologie. C’est en fait une synthèse entre ma formation initiale d’imprimeur et de journaliste puis de psychosociologue de la communication obtenue à l’UQAM et ma formation d’historien des sciences et des techniques obtenues à Paris IV Sorbonne et au CNAM associée avec mon autre travail doctoral en science de l’information et de la communication (IVe section en histoire et civilisation du livre à l’EPHE). Je veux parler du rapport aux médias traditionnels et aux médias numériques (l’imprimerie associée à l’édition et la presse et donc aux médias) puis l’éducation avec les enjeux de l’utilisation des technologies numériques mobiles en science de l’éducation, et enfin l’intervention psychosociale afin d’être utile socialement en luttant contre la cyberdépendance et en développant un programme EDUC-ECRAN. Pour mieux appréhender cette révolution numérique du « tout-en-un », résultat d’une révolution individuelle démocratique issu d’un processus progressif d’émergence de la notion d’individu et de conscience, j’ai fondé un nouveau concept, un nouveau modèle théorique et un nouveau champ d’études. La mécanique virtuelle
J’ai fondé un concept autour de la notion de « mécanique virtuelle » (Le Ray 1995), pour compléter les travaux de Bertrand Gilles sur le changement de « système technique » et la naissance des premiers mécaniciens en grèce. Les travaux aussi de Maurice Daumas sur le passage de la mécanique du bois à celle du fer. Il manquait pour la période contemporaine un concept de mécanique associée à l’informatique et au numérique. La mécanique virtuelle s’imposa à nous pour mieux appréhender la nouvelle révolution numérique mais aussi celle de la réalité virtuelle contemporaine. Cette dernière se définit comme étant « l’application qui permet à l’utilisateur de naviguer et d’interagir en temps réel avec un environnement, en trois dimensions, générées par ordinateur »[1]. Ce concept illustre aussi la théorie quantique du passage de l’analogique, l’atome, au photon, à la lumière, dans le cadre d’un processus plus large de dématérialisation et de numérisation. Un processus qui intègre aujourd’hui l’holographie et l’ADN comme disque dur et comme véhicule de l’information dans l’infiniment petit. Le rapport au temps et à l’espace y est personnalisé. People is the message
J’ai fondé un nouveau modèle théorique et historique pour contribuer à la révolution paradigmatique associée à la réception active. Une approche qui vient compléter les travaux des spécialistes de la construction sociale de la réalité tels que René-Jean Ravaults (UQÀM), John R. Searle, Peter Berger ou Thomas Lukmann. J’ai intitulé ce concept « People is the message » (Le Ray 2005) en opposition au modèle « médium is the message » de Mc Luhan pour passer de « la médianomie (…) à l’autonomie » ( Pelletier 2012) chez des individus appartenant à de multiples réseaux humains ou médiatiques. La psycho technologie en dépendance
Je veux développer un nouveau champ d’études, une nouvelle discipline, autour de la «psycho technologie » un terme que s’est imposé à moi autour d’un nouveau métier, le psycho technologue, associé à une spécialité, celle de la dépendance. Comme le rappelle Christopher Dewdney dans la préface du livre de Derrick de Kerckhove, « Les nerfs de la culture » écrit en 1998, « les médias électroniques ont prolongé non seulement notre système nerveux et notre corps, mais aussi notre psychologie (….) tout en nous faisant abandonner une culture à prédominance alphabétique pour retourner vers une culture orale »[2]. Derrick de Kerckhove dès 1998 appelle à réfléchir à une nouvelle psychologie « car nous sommes parfaitement capables d’intégrer des appareils à notre identité et certainement à notre corps (…) de développer un lien avec notre cerveau, mais aussi avec l’ensemble de notre système nerveux et avec nos sens »[3]. Il propose ainsi deux concepts. Le premier est la techno-psychologie qui est « l’étude de l’état psychologique des gens soumis à l’influence de l’innovation technologique » [4]. Le second est la psycho technologie construit sur le modèle de la « biotechnologie », « pour définir, selon de Kerckhove, toute technologie qui imite, étend ou amplifie la capacité de nos esprits » [5]. La psycho technologie en dépendance est donc un nouveau champ d’études que je veux développer dans le cadre d’une troisième recherche universitaire. L’intervention psychosociale et l’intervention psycho technologique
Pour la société canadienne de psychologie [6], le psychologue « étudie la façon de penser, de se sentir et de se comporter d’un point de vue scientifique et applique ces connaissances en vue d’aider les personnes à comprendre, à expliquer et à modifier leur comportement. » Certains psychologues travaillent comme chercheurs et professeurs d’autres comme praticiens dans les hôpitaux, les écoles, les cliniques, les organismes de correction. Certains enfin associent les deux approches. D’après l’ordre des technologues professionnels du Québec, « le technologue » [7] possède une formation relevant de l’enseignement supérieur en technologie d’une durée de trois ans de niveau collégial. Il a suivi des cours plus avancés en mathématiques, sur la théorie de l’ingénierie et les fondements des sciences appliquées. Un technologue est donc censé pouvoir résoudre des problèmes complexes, concevoir, gérer des projets et les planifier, préparer des devis techniques et enfin analyser et interpréter des résultats scientifiques. Cependant au sens premier du terme, nous explique Wikipédia [8], un technologue est un spécialiste de la technologie qui implique une étude comparative des techniques. L’influence anglophone conduit comme on le voit au Québec à appeler « technologue » un ingénieur ou technicien « qui maîtrise un nombre limité de techniques, dans un domaine très pointu ». En fait ce terme semble être apparu récemment avec la création d’emplois nécessitant plutôt « l’application de connaissances intellectuelles dans la réalisation d’une tâche qu’à l’exécution d’un simple protocole technique ». Dans le domaine de la santé par exemple ou dans des domaines techniques dérivés du génie, on trouve le technologue médical (en anglais « médical technologist ») qui correspond à un technicien de laboratoire d’analyses médicales en France. Pour l’Association des psychologues du Québec [9], « un psychologue est un spécialiste formé dans l’étude du comportement humain, des pensées, des émotions et des relations interpersonnelles ». L’exercice de la psychologie pour cette association consiste donc à « évaluer le fonctionnement intellectuel et psychologique, à identifier les dysfonctions et les troubles psychologiques ainsi qu’à recommander et à effectuer des interventions en vue de maintenir ou de restaurer la santé des personnes, des couples, des familles et le fonctionnement des groupes et des organisations »
Nous avons trouvé en fait une multitude de définitions pour le terme de psychologue. Pour certains « C’est la science de l’âme. C’est à la fois une science, un ensemble de savoirs et une série de pratiques professionnelles ». Pour d’autres comme Maurice Reuchlin « La psychologie est l’étude scientifique de l’esprit humain. Elle cherche à connaître les êtres vivants et à expliquer le pourquoi et le comment des conduites de ces êtres vivants; ces conduites peuvent être individuelles ou en groupe ». Le psychologue qui pratique la psychologie appartient à différents courants ou branches théoriques et pratiques qui se rassemblent autour de l’études scientifique des faits psychiques et du fonctionnement psychique et des psychopathologies dans le domaine du comportement humain, de la personnalité et des relations interpersonnelles. L’histoire de la psychologie remonte aux premières traces de réflexion sur les phénomènes mentaux et le comportement humain. C’est pour cela que la psychologie est considérée comme une branche de la philosophie avant qu’elle ne devienne une science à partir du XIXe siècle. Le terme « psychologie » dérive du latin « psychologia », terme lui-même formé à partir du grec ancien (« psukhé » : le souffle, l’esprit, l’âme),[10] et « loggia », la science, l’étude, la recherche. On estime que c’est le savant humaniste croate Marko Marulic [11] qui invente le terme autour de la fin du XVe et du début du XVIe siècle. Il existe une multitude de branches depuis les origines de la psychologie jusqu'à nos jours, mais aucune ne porte sur les liens entre la technologie et l’individu ou un groupe d’individus [12]. Quel est l’impact de la technologie sur la psychique individuelle et comment la psychique influence-t-elle la technologie en retour ? Il est apparu ainsi intéressant d’associer la psychologie avec l’étude de la technologie. Le terme de psycho technologue s’est donc imposé à nous. Le mot technologie d’après Wikipédia désigne l’étude des outils et des techniques [13]. L’étymologie du mot technologie vient du grec « technologia» ( « téchné »,art, compétence, artisanat et « loggia », l’étude la science, la recherche, dans une branche de connaissance ou d’une discipline.). La psycho technologie est donc l’étude du lien entre le psychique, la psyché, le souffle, l’esprit, l’âme et la « techné » ou la technologie. La psycho technologie s’intéresse aussi à la place de la technologie dans chaque branche de la psychologie avec une approche contemporaine, mais aussi historique. Sa place, son utilité pour le psychologue, mais aussi pour l’individu. Cela nécessite ainsi une approche multidisciplinaire et psychosociologique, plus universelle et plus transversale, ne se limitant pas à une seule incapacité ou à un seul champ d’études. La psycho technologie est au carrefour de différentes disciplines, car le domaine de cette branche dépasse largement le secteur de la déficience visuelle, intellectuelle, de l’autisme et de la difficulté d’apprentissage. Il ne se limite donc pas à l’éducation, la santé ou l’intervention sociale par exemple. Il s’agit d’élaborer une méthode universelle qui peut s’appliquer à différents domaines comme l’aspect sécuritaire, militaire, mais aussi industriel, économique et social. Ce domaine de recherche est peu développé et surtout peu reconnu par la communauté scientifique puisqu’il n’existe pas. Le milieu de la psychologie préfère le cloisonnement et la spécialisation comme beaucoup de disciplines universitaires. Je voudrais profiter de mon expérience de terrain et de chercheur pour contribuer à définir le champ de cette nouvelle discipline afin de la faire reconnaitre Trans disciplinairement dans l’enseignement et la recherche universitaire, mais aussi dans une pratique civile publique ou associée au secteur privé. Être utile socialement reste la limite qui s’impose à moi pour délimiter ce nouveau champ d’études. Au Québec on connaît l’approche Technoclinique, mais elle semble se limiter au domaine de la santé et de la rééducation médicale. L’Université de Sherbrooke à fondé un centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique avec pour mission « de créer une synergie entre les deux ordres de l’enseignement supérieur, à savoir le milieu collégial et le milieu universitaire, de même qu’entre les milieux de la recherche, du développement et de la formation, en ce qui a trait à l’innovation pédagogique et technologique »[14]. Mais cette branche, si elle nous intéresse par le milieu étudié qui est le même que le nôtre pour notre doctorat, semble se limiter à l’enseignement alors que tous les secteurs de la société civile sont touchés par la numérisation et la création d’applications pour les technologies numériques mobiles. L’Université du Québec en Outaouais (UQO) a ouvert récemment un laboratoire de Cyberpsychologie [15] associé aussi au Centre Hospitalier Pierre-Janet. Ce laboratoire définit la cyberpsychologie comme « la psychologie qui a pour objet d’étude « les effets du cyberespace sur le comportement humain et la société en général » » [16]. Toujours d’après le laboratoire de cyberpsychologie de l’UQO, le cyberespace est un espace psychologique, « c’est-à-dire un espace transitionnel ou une simple extension du monde physique d’un individu ». Ce laboratoire se rapproche de notre centre d’intérêt qui porte sur les technologies numériques mobiles, mais la psychotechnologie s’intéresse à la technologie en général aussi. Champs d’études
La psychotechnologie est plus transversale et plus universelle dans ses centres d’intérêts puisque cela consiste à étudier l’impact de la technologie sur le psychisme des individus ou des groupes d’individus dans différentes branches de la psychologie, mais aussi dans différents métiers au sein de la société civile et des institutions privées ou publics. Cela consiste aussi à étudier l’impact du psychisme des individus ou groupes d’individus, appartenant à ces différents réseaux personnels ou professionnels, sur la technologie en termes d’évolution technique mais aussi d ‘évolution dans les besoins, les usages et la création de sens. L’approche contemporaine peut-être associée aussi avec une approche historique et comparative. Objets d'études
Tous les secteurs de la société civile dans cette transition du monde industriel vers un monde post-industriel, sont touchés par cette numérisation associée à une forme de dématérialisation quantique, transformant l'intégration technologique, le déjà là, vers une autre étape de son développement. L’ensemble des secteurs peuvent être étudié comme la santé, l’éducation, mais aussi l’édition, la presse, les jeux vidéo, le transport, l’aviation, le travail, l'économie et le social par exemple. Comment la technologie numérique mobile peut-être une aide à l'autodétermination à l'autonomie ? Quels sont les enjeux autour de la sécurité comme l'espionnage industriel, celui du grand public, l'armée et les guerres, la lutte contre la radicalisation religieuse ou idéologique. À chaque fois la technologie y à sa place et à un impact sur la société, ses individus ou groupes d'individus, dont elle est issue. Dans le même temps son utilisation par la société, par des groupes d'individus ou de simples individus, a aussi un impact sur l'évolution de la société et par prolongement sur cette technologie, sa finalité et le sens qu'on voudra bien lui donner. Le public cible est ainsi réparti par tranche d’âge. Enfants et adolescents, adultes et les aînés.
[1] http://w3.uqo.ca/cyberpsy/fr/index_fr.htm
[2] Derrick de Kerckhove, Les nerfs de la culture, Lespresses de l’université Laval, 1998, 252 pages, pp XVII à XXI
[3] Derrick de Kerckhove, Les nerfs de la culture, Lespresses de l’université Laval, 1998, 252 pages, pp 3 à 6
[4] idem p 5
[5] idem p 5
[6] http://www.cpa.ca/publicfr/Unpsychologue/
[7] http://www.otpq.qc.ca/index.html
[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Technologue
[9] http://www.apqc.ca/public.aspx?id=smenu5
[10] https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_psychologie
[11] https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie
[12] https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Branche_de_la_psychologie
[13] https://fr.wikipedia.org/wiki/Technologie
[14] Http://www.cedit.ca/definition-de-la-technopedagogie/ : « La techno pédagogie sous-tend une réflexion et un judicieux arrimage entre la pédagogie et la technologie. Ce terme renvoie à des pratiques qui considèrent à la fois les aspects pédagogiques (ex. : méthodes d’enseignement et d’apprentissage, motivation, compétences à développer chez les étudiants, etc.) et les aspects technologiques (ex. : utilisation de l’ordinateur, du web, des tableaux blancs interactifs, etc.). Dans cette perspective, les moyens technologiques qui sont ciblés et utilisés par les enseignants viennent soutenir le recours à des pédagogies actives. Ils sont mis au service de l’apprentissage des étudiants. Les technologies sont donc considérées comme des moyens, au service des pédagogies actives et non comme une fin en soi. La finalité commune de ces innovations est l’amélioration de la qualité des apprentissages des étudiants ».
[15] http://w3.uqo.ca/cyberpsy/
[16] http://w3.uqo.ca/cyberpsy/fr/index_fr.htm