20/02/2026
CONTRIBUTION: L’ENSEIGNEMENT DES MATHEMATIQUES À L’ELEMENTAIRE ET LES PROBLEMES DU LANGAGE
Le langage mathématique comme celui de toute science est un langage spécialisé qui se distingue du langage courant. En effet, les concepts mathématiques doivent être compris et maîtrisés dans leurs définitions précises pour éviter l’importation, dans la pratique mathématique, de notions diffuses, sources d’erreurs et de confusions. Cette exigence de clarté et de précision que comporte le langage mathématique n’est pas directement accessible et le décalage entre le langage courant, celui de l’enfant en particulier, et celui de la mathématique constitue un problème pédagogique important. Ainsi Deux positions se confrontent ici :
La première affirme qu’il faut que l’enfant aborde directement le langage mathématique et que l’enseignant doit exiger de l’élève dès le début l’expression codifiée en rejetant tous les termes approximatifs relevant du langage. L’enfant sera ainsi tôt habitué à la terminologie adéquate qui lui permettra d’accéder au monde mathématique tout en évitant des sources de compréhension et d’interprétations erronées. En plus, il s’agit déjà d’une éducation de l’expression dans le sens de la rigueur et de la clarté, qualités indispensables au mathématicien.
Cette position a été critiquée comme impliquant une démarche directive qui ne tient pas compte des capacités et besoins propres de l’enfant et aboutirait à une utilisation mécanique d’une terminologie dont le contenu n’est pleinement saisi.
Il découle de cette critique qu’il faut plutôt laisser l’élève manipuler concrètement les opérations mathématiques et les exprimer dans son propre langage d’abord. Le langage mathématique viendra, par la suite, non pas pour s’opposer ou se juxtaposer à son propre langage mais préciser et reformuler celui-ci.
Dans la situation de notre Ecole, le problème est encore plus complexe car en plus de la difficulté notée ci-dessus, l’élève s’exprime dans une autre langue que celle de l’école. La situation linguistique contradictoire de notre système d’enseignement impose ici des compromis dont l’un est le recours occasionnel à la langue de l’enfant pour suppléer aux incapacités de la langue de l’école. Certains le condamnent et trouvent qu’il existe suffisamment de ressources pour le maître dans les mimes et les gestes pour éviter l’utilisation des langues maternelles quand l’utilisation du français ne permet pas aux élèves de comprendre. D’autres l’admettent et l’encouragent comme moyen de déblocage et de facilitation de la saisie par les élèves des opérations mathématiques.
D’un point de vue pédagogique, ce qui est inadmissible c’est que l’enfant aborde ses connaissances de base dans une langue étrangère.