Emocores

Emocores Anaïs BERNARD, PhD
Consultante, Formatrice en Neuroesthétique

Nous pensons souvent que les mots servent à décrire ce que nous connaissons déjà.Mais parfois, un mot fait exactement l’...
08/09/2026

Nous pensons souvent que les mots servent à décrire ce que nous connaissons déjà.

Mais parfois, un mot fait exactement l’inverse.

Il nous permet de remarquer quelque chose que nous ressentions sans parvenir à le distinguer.

Acédie.
Kilig.
Saudade.
Fernweh.

Depuis quelques mois, je partage ici ces mots qui donnent une forme à des expériences restées jusque-là difficiles à nommer.

Et chaque fois, quelque chose revient :

« Je ne connaissais pas ce mot, mais je connais cette sensation. »

Le 8 septembre marque la Journée internationale de l’alphabétisation.

Elle rappelle combien savoir lire et écrire participe à notre autonomie, à notre accès au savoir et à notre capacité à prendre part au monde.

Mais elle invite aussi à considérer quelque chose de plus discret.

Les mots ne nous permettent pas seulement de raconter le monde.

Ils peuvent en affiner notre perception.

Apprendre un mot, c’est parfois découvrir une nuance.

Entre fatigue et lassitude.
Entre joie et émerveillement.
Entre absence et nostalgie.

Une nuance qui existait déjà dans notre expérience, mais que nous ne savions pas encore isoler.

Apprendre à lire change aussi ce que nous pouvons voir.

Et certains mots deviennent alors de nouvelles manières de regarder.

Il est partout.Il entre dans nos poumons plusieurs milliers de fois par jour.Et pourtant, nous pouvons passer une journé...
07/09/2026

Il est partout.

Il entre dans nos poumons plusieurs milliers de fois par jour.

Et pourtant, nous pouvons passer une journée entière sans penser à lui.

L’air fait partie de ces présences que leur permanence finit par rendre invisibles.

Nous le remarquons lorsqu’il devient froid sur notre peau.
Lorsqu’il transporte une odeur.
Lorsqu’un vent se lève.
Lorsqu’il devient difficile à respirer.

Le 7 septembre marque la Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus.

Une journée consacrée à un enjeu environnemental et sanitaire essentiel, mais qui nous rappelle aussi quelque chose de notre manière d’habiter le monde.

Notre attention ne peut pas tout percevoir avec la même intensité.

Alors elle sélectionne.

Elle s’habitue.

Et ce qui reste longtemps présent peut progressivement disparaître de notre conscience.

Un bruit familier.
Une lumière.
Une odeur.
Une sensation.

Parfois même, un paysage.

Ce qui nous entoure en permanence finit souvent par devenir invisible.

Peut-être que regarder le monde autrement commence aussi par remarquer ce que nous avions cessé de percevoir.

Il y a parfois, au retour de l’été, une sensation difficile à expliquer.Tout a repris.Les habitudes.Les horaires.Les jou...
04/09/2026

Il y a parfois, au retour de l’été, une sensation difficile à expliquer.

Tout a repris.

Les habitudes.
Les horaires.
Les journées qui se remplissent à nouveau.

Et pourtant, quelque chose semble être resté ailleurs.

Une lumière.
Un rythme.
Un lieu.
Une version de nous-mêmes, peut-être.

En allemand, "Sehnsucht" désigne ce désir profond tourné vers quelque chose d’absent, de lointain ou parfois même difficile à définir.

Ce n’est pas tout à fait de la nostalgie.

Parce que ce qui nous manque n’a pas nécessairement existé exactement comme nous nous en souvenons.

Parfois, nous regrettons moins les vacances que la manière dont nous nous sentions pendant celles-ci.

Plus disponibles.
Plus curieux.
Plus attentifs à ce qui nous entourait.

C’est aussi ce que les changements de saison peuvent rendre perceptible : certains lieux, certaines lumières ou certaines sensations réveillent des états intérieurs que nous pensions avoir laissés derrière nous.

Et soudain, ce n’est plus seulement un souvenir qui revient.

C’est l’envie de retrouver quelque chose que nous ne savons pas tout à fait nommer.

Peut-être connaissiez-vous déjà cette sensation sans connaître son nom.

Il existe des paysages qui ne demandent rien à notre attention.Ils ne clignotent pas.Ils ne nous interrompent pas.Ils ne...
27/08/2026

Il existe des paysages qui ne demandent rien à notre attention.

Ils ne clignotent pas.
Ils ne nous interrompent pas.
Ils ne cherchent pas à retenir notre regard.

Un lac peut sembler presque immobile.

Et pourtant, sous cette apparente tranquillité, tout un écosystème vit, échange, se transforme.

Le 27 août marque la Journée mondiale des lacs.

Une journée consacrée à ces milieux essentiels à la biodiversité, à l’eau douce et à l’équilibre de nombreux écosystèmes.

Mais elle peut aussi nous inviter à regarder autrement ce que le calme produit en nous.

Nous vivons dans des environnements où notre attention est continuellement sollicitée.

Notifications.
Informations.
Images.
Conversations.
Urgences.

À force de chercher ce qui doit attirer notre regard, nous pouvons finir par ne plus remarquer ce qui ne réclame rien.

Le silence change ce que nous remarquons.

Lorsque les sollicitations diminuent, d’autres détails peuvent réapparaître.

Un reflet.
Un mouvement presque imperceptible.
Une variation de lumière.
Une sensation dans le corps.

Le calme n’est peut-être pas un vide à remplir.

Il peut être un espace dans lequel certaines choses redeviennent perceptibles.

Et vous, que remarquez-vous lorsque le bruit diminue ?

Parfois, une personne commence à prendre beaucoup de place.Pas nécessairement dans notre quotidien.Mais dans nos pensées...
25/08/2026

Parfois, une personne commence à prendre beaucoup de place.

Pas nécessairement dans notre quotidien.

Mais dans nos pensées.

Un message est relu.
Un silence interroge.
Un geste est interprété.
Un signe minuscule peut soudain sembler immense.

Cet état porte un nom : la limérence.

Le terme a été proposé dans les années 1970 par la psychologue américaine Dorothy Tennov pour décrire un état d’attachement amoureux intense et involontaire, marqué notamment par des pensées récurrentes envers une personne, son idéalisation et un fort désir de réciprocité.

La limérence n’est donc pas simplement « être amoureux ».

Et ce n’est pas non plus un diagnostic à poser sur chacune de nos histoires.

Ce qui m’intéresse particulièrement dans cet état, c’est ce qu’il révèle de notre perception.

Lorsque quelque chose compte émotionnellement pour nous, notre attention ne distribue plus la même importance à tout.

Un détail devient saillant.
Une absence se remarque davantage.
Une ambiguïté peut occuper longtemps la pensée.

Nos émotions ne se contentent pas d’accompagner ce que nous vivons. Elles participent aussi à la manière dont nous regardons, sélectionnons et interprétons ce qui nous entoure.

Mettre un mot sur la limérence permet alors moins de se définir que de reconnaître une expérience intérieure qui, jusque-là, pouvait rester difficile à expliquer.

Vous connaissiez ce mot ?

Il y a des nuits où dormir semble presque arriver trop tôt.Le monde ralentit. Les sollicitations diminuent. Le silence s...
19/08/2026

Il y a des nuits où dormir semble presque arriver trop tôt.

Le monde ralentit. Les sollicitations diminuent. Le silence s’installe.

Et quelque chose en nous a encore envie de rester là.

Le mot noctivagance vient du latin nox, la nuit, et vagari, errer, vagabonder. Il désigne à l’origine le fait d’errer ou de se déplacer la nuit.

Mais il raconte aussi quelque chose de notre rapport à ces heures particulières.

La nuit transforme notre environnement sensible : moins de lumière, moins de bruit, moins de mouvements, moins de sollicitations extérieures.

Notre attention peut alors se déplacer.

Les pensées prennent d’autres chemins. Certains détails de la journée reviennent. Une idée apparaît. Parfois, nous recherchons même ces quelques heures où personne n’attend plus rien de nous.

Ce n’est donc pas seulement la nuit qui change.

C’est aussi notre manière de la percevoir et de nous y sentir.

C’est précisément ce qui m’intéresse dans mon travail : observer comment un environnement, une ambiance ou un changement sensoriel peut modifier subtilement notre expérience intérieure.

Peut-être avez-vous déjà ressenti cette envie de prolonger la nuit, simplement parce qu’elle ne ressemble à aucun autre moment de la journée.

Vous connaissiez le mot « noctivagance » ?

Nous parlons souvent de l'amitié comme d'un lien affectif.Pourtant, elle est aussi une expérience profondément perceptiv...
30/07/2026

Nous parlons souvent de l'amitié comme d'un lien affectif.

Pourtant, elle est aussi une expérience profondément perceptive.

Se sentir accueilli, compris ou simplement écouté modifie notre manière d'habiter un lieu, une relation… parfois même notre propre histoire.

Les neurosciences montrent que les relations de confiance influencent notre sécurité intérieure, notre attention et notre capacité à apprendre, créer ou traverser les difficultés.

L'amitié ne change pas seulement ce que nous ressentons.

Elle transforme aussi ce que nous devenons capables de percevoir.

Il existe des absences qui ne disparaissent jamais complètement.Pas parce qu'elles font mal.Parce qu'elles continuent de...
23/07/2026

Il existe des absences qui ne disparaissent jamais complètement.

Pas parce qu'elles font mal.

Parce qu'elles continuent de vivre en nous.

Les Portugais ont un mot pour cette sensation : "Saudade".

Un mot difficile à traduire, qui désigne l'absence d'une personne, d'un lieu, d'un moment ou d'une époque… tout en reconnaissant que cette absence fait désormais partie de nous.

L'été réveille souvent cette émotion.

Une maison de famille.
Une odeur.
Une chanson.
Un paysage.

Ou le souvenir d'un été qui ne reviendra jamais tout à fait.

Peut-être que la "Saudade" nous rappelle que certaines rencontres, certains lieux ou certains instants ne nous quittent jamais vraiment.

Ils changent simplement de place.

✨ Quel souvenir continue de vous accompagner, même en silence ?

Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale des compétences des jeunes.Nous parlons souvent des compétences comme de quelque ...
15/07/2026

Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale des compétences des jeunes.

Nous parlons souvent des compétences comme de quelque chose qu'il faut acquérir.

Pourtant, certaines existent déjà.

Elles restent simplement discrètes.

Un talent qui n'a jamais eu l'occasion de s'exprimer.

Une créativité freinée par la peur.

Une sensibilité considérée comme une faiblesse.

Ou une capacité que personne n'avait encore remarquée.

Notre regard influence ce que nous révélons chez les autres.

Et parfois, une simple reconnaissance devient le point de départ d'une transformation.

Peut-être que développer un potentiel commence d'abord par apprendre à le voir.

L'espoir est souvent présenté comme une émotion.Pourtant, les sciences cognitives montrent qu'il mobilise bien davantage...
12/07/2026

L'espoir est souvent présenté comme une émotion.

Pourtant, les sciences cognitives montrent qu'il mobilise bien davantage.

Espérer, ce n'est pas nier les difficultés.

C'est permettre à notre cerveau de continuer à explorer des possibilités au lieu de considérer que tout est déjà joué.

Notre perception influence ce que nous croyons possible.

Et ce que nous croyons possible influence nos décisions.

L'espoir est donc moins une illusion qu'une manière d'habiter l'incertitude.

C'est peut-être l'une des ressources les plus discrètes… et les plus précieuses.

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