10/11/2022
Dougouba, berceau oublié entre Ségou et Markala
Sur la route reliant Ségou à Markala, se cache un lieu dont les pierres racontent mille ans d’histoire : Dougouba.
Fondée vers 1108, peu après l’ascension des Sacko au pouvoir à Wagadou, la ville fut créée par des Bouaré parlant la langue sénoufo. Une première cité florissante, détruite trente ans plus t**d par les Fofana venus du nord… Mais l’histoire de Dougouba ne faisait que commencer.
Au fil des siècles, la région de Ségou devient un carrefour où se mêlent Bozo, Malinké et Bambara.
Les Traoré, Sinayogo et Tangara y établissent leurs lignées, tandis que Dougouba passe successivement sous la domination des Koné, puis des Fofana, avant d’être plusieurs fois détruite et reconstruite.
Avec la création de l’Empire du Mali (vers 1230), elle renaît encore, symbole de résilience et de renouveau.
Du XIIe au XVIIe siècle, les Bambara venus de Toron (actuelle Côte d’Ivoire) fondent des chefferies “massaya” à Sibla, Farakou, Kanigo, Kokri, Sama, Soké, Dô… La plupart de leurs chefs appartiennent au clan Traoré, fidèle au grand empire du Mali.
Dougouba, alors appelée Marakaduguba, devient même la capitale d’une province impériale.
Mais vers 1600, le cruel gouverneur Massa Magan tombe sous le poids d’un complot. L’autorité centrale s’effrite, ouvrant la voie à une nouvelle ère d’indépendance locale.
Aujourd’hui, Dougouba reste un témoignage vivant du passé glorieux du pays de Ségou, une cité qui, à travers ses ruines et ses récits, continue de murmurer les échos de l’histoire mandingue.