Centre de Droit Administratif et de l’Administration territoriale

Centre de Droit Administratif et de l’Administration territoriale Centre de Droit Administratif et de l'Administration Territoriale (CeDAT),
Faculté de droit et des Sciences Politiques,
Université d'Abomey-Calavi

Le Centre de Droit Administratif et de l’Administration territoriale (CeDAT) a été créé en 2012 par le Professeur *Ibrahim David SALAMI, Agrégé des facultés de droit, Professeur Titulaire à la Faculté de Droit et de Science Politique de l’Université d’Abomey-Calavi et Avocat au Barreau du Bénin. Le CeDAT est un centre de recherche spécialisé sur les études se rattachant spécifiquement à l’Etat, au

x Constitutions, aux droits et libertés, aux administrations, aux institutions publiques, aux autorités administratives indépendantes, aux juridictions de droit public en Afrique. Il assure la formation initiale et continue et dirige les travaux de recherche dans les matières suivantes : le droit administratif, le droit public économique, les finances publiques, le droit de la décentralisation, le droit des libertés fondamentales et le droit constitutionnel. Le CeDAT héberge plusieurs masters qui sont des formations de haut niveau qui allient avec finesse les universitaires les plus gradés (pour les matières théoriques) et les meilleurs experts (pour les matières pratiques). Au nombre de ces masters on peut énumérer :

- Master « contentieux public-privé » ;

- Master « Administration des collectivités territoriales » qui en est à sa troisième promotion ;

- Le Master « Marchés publics et partenariats publics-privés » qui a connu un succès fulgurant avec 1040 spécialistes formés en commande publique. Ce prestigieux master accueille sa 11ème promotion pour l’année académique 2023-2024. Contact : Centre de Droit Administratif et de l’administration Territoriale (CeDAT) – Faculté de Droit et de Sciences Politiques/Université d’Abomey-Calavi

01 BP 2243 Cotonou Tél : (229) 94 82 97 97

Email : [email protected]

*Nouvelle loi PPP au Bénin : Entre innovations et consolidation de la commande publique** (*Une tribune du Professeur Ib...
16/10/2024

*Nouvelle loi PPP au Bénin : Entre innovations et consolidation de la commande publique*

* (*Une tribune du Professeur Ibrahim SALAMI)*
https://koriactu.com/partenariat-public-prive-benin-commande-publique-loi/

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Partenariat public privé : Le Professeur Ibrahim SALAMI passe au scanner la nouvelle loi en vigueur au Bénin

"L'universitaire et la politique en Afrique noire francophone", tel est le titre de la thèse dont j'ai eu l'honneur de p...
28/04/2024

"L'universitaire et la politique en Afrique noire francophone", tel est le titre de la thèse dont j'ai eu l'honneur de présider le jury international de soutenance le samedi 26 avril 2024.
La complexité des relations du couple universitaire-politique en Afrique noire francophone est une actualité depuis les indépendances et exacerbée par les évènements politiques des années 1990. Il va sans dire qu’au nom de ses libertés individuelles et collectives, académiques et publiques, l’universitaire est contestataire ou conformiste du pouvoir politique. Il est donc au cœur de l’action politique tout autant que le pouvoir politique, au gré des intérêts divers; il investit l’université devant les jeux et enjeux démocratiques. L’impossible neutralité politique de l’universitaire et son engagement diversifié conforte la dimension politique de ces libertés dans la pratique. Elle est renforcée par l’influence du pouvoir politique sur le système de gestion universitaire, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Cette emprise politique s’étend au-delà des frontières dans les instances administratives régionales. Ainsi semble se tracer, la ligne de démarcation entre « universitaire opposant » et « universitaire partisan ». On comprend donc qu’au-delà des murs et franchises universitaires, l’enseignant-chercheur, à plusieurs égards, est un expert et un militant au service de la politique. Cette situation conduit à des actions autant consolidantes que déconsolidantes de la démocratie.
Le grand mérite de la thèse et de la chercheuse, Mme Kayi DOGBE, est d'avoir réussi à circuler entre le droit, la politique et la science politique notamment la sociologie pour défendre vaillamment sa thèse de droit public.
Le jury lui a décerné le grade de docteur en droit public avec mention honorable et félicitations du jury.
Je salue la discrète Première dame du Togo qui occupait la première place du public.
Au gré des aventures et des rencontres ...
Alhamdoulilaye...
Université de Lomé, le dimanche 28 avril 2024.

Quand deux frères musulmans unis par les plus hauts grades du cames en droit public se retrouvent sur le plus saint et h...
07/04/2024

Quand deux frères musulmans unis par les plus hauts grades du cames en droit public se retrouvent sur le plus saint et haut site de l'islam, la joie est débordante.
Séni mahamadou Ouédraogo, Agrégé des facultés de droit, Professeur Titulaire et ancien ministre de la fonction publique du Burkina Faso se jette dans mes bras et prononce cette phrase magnifique : que nous nous retrouvions avec une joie plus grande encore au paradis incha Allah. Puisse le Seigneur daigner nous compter parmi les plus hauts gradés du paradis, ai-je répondu à mon jeune collègue.
L'une des grâces de l'islam, c'est de nous prosterner au moins 17 fois par jour, à travers les 5 prières quotidiennes. Me prosterner en chuchotant au sol pour communier avec l'Eternel,, c'est que j'aime le plus en islam.
L'islam est surtout la religion des équivalences. Une prière faite à la grande mosquée de la Mecque a plus de valeur que cent mille prières faites dans les mosquées ordinaires. Oui plus de cent mille.
Mieux, quoique petit et non obligatoire, le pèlerinage réalisé pendant le ramadan équivaut à un hajj en compagnie du prophète Mouhammad (paix et benediction sur lui). Certes, seul Dieu détient la récompense du jeûne mais priver le corps pour élever l'esprit pour prétendre devenir meilleur, telle est justement l'une des vocations du jeûne du ramadan.
Chacun sait pourquoi il fait le voyage de la Mecque. Quand je pose la question au grand Cheikh Seni Mahamadou OUEDRAOGO, il me répond pour rien. Je ne suis pas étonné de la réponse parce qu'elle est intime dans la relation directe et personnelle que chaque pèlerin entretient avec le Seigneur. Ma motivation personnelle est de rendre grâce pour toutes les grâces dont le Seigneur m'a comblées...
Je sais d'où je viens et comme j'aime bien le dire, ma vie dépasse mes rêves...

Alhamdoulilaye.
Alhamdoulilaye.
Alhamdoulilaye.

Makkah, le 7 avril 2024.

Ibrahim David SALAMI

01/03/2024

La légende continue ...

La Prof Dandi GNAMOU, élue Présidente de la Haute Cour de Justice

La Haute Cour de justice du Bénin a un nouveau président. Il s’agit de la conseillère à la Cour constitutionnelle, Mme Dandi GNAMOU qui remplace à ce poste, Mme Cécile Marie-José de DRAVO ZINZINDOHOUE dont le mandat est arrivé à terme, depuis quelques semaines. Son élection à la tête de la haute juridiction s’est déroulée en début de l’après-midi de ce vendredi 1er Mars 2024 à Porto-Novo.

Issue de la promotion de 1997 de l’Ecole nationale d’administration du Bénin (ENA-Bénin) et au regard de sa brillante carrière de Professeure de droit, de ses qualités professionnelles et des hautes fonctions qu’elle a occupées, les 12 autres membres de la Haute cour de justice ont estimé qu’elle peut assumer avec compétence, intégrité, rigueur et dévouement ses fonctions à la tête de cette institution de la République.
L’élection de Mme Dandi GNAMOU va sans doute contribuer au renforcement du prestige et de l’efficacité de cette institution qui est compétente pour juger le Président de la République et les membres du Gouvernement à raison de faits qualifiés de haute trahison, d’infractions commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, ainsi que pour juger leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’État.
La Haute Cour de justice du Bénin est composée de 13 membres : le Président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, les six autres membres de la Cour constitutionnelle, à l’exception de son président, et les six députés élus par l’Assemblée nationale.
Créée en 2001, la Haute Cour de Justice a été dirigée par trois femmes (GBEHA-AFOUDA Marcelline, MEDEGAN-NOUGBODE Clotilde, Cécile Marie-Josée de DRAVO ZINZINDOHOUE). La Professeure Dandi GNAMOU sera donc la quatrième femme à diriger cette institution. Pour rappel, deux hommes ont eu à diriger cette haute juridiction : Théodore HOLO et Maurice AHANHANZO-GLELE.

AP-PCC

Une grande première dans l'enseignement universitaire au TchadPrésider une serie de jurys de soutenance de thèse au Béni...
18/01/2024

Une grande première dans l'enseignement universitaire au Tchad

Présider une serie de jurys de soutenance de thèse au Bénin ou à dans des universités étrangères n'est ni une nouveauté ni un événement dans ma carrière internationale d'universitaire de grade terminal. Pourtant, celui que je viens de présider est un grand événement. Je suis en effet très ravi et heureux de partager ce moment historique avec la République Tchadienne en présidant le jury qui élevé le premier docteur en droit public 《made in Tchad》, c'est à dire entièrement formé et fabriqué au Tchad. Jusque-là, les rares Docteurs en droit sont formés en France, au Bénin, au Cameroun, au Sénégal etc.
Ce 16 janvier 2024, devant un jury international de 5 maîtres du droit public ( professeur Ibrahim David SALAMI Agrégé et titulaire, prof ABANE agregé camerounais, prof Robert MBALLA agrégé camerounais, prof Tadin MACRA maitre de conférence et prof Hilaire AKEREKORO agrégé beninois ), l'impétrant monsieur Berlem DEOUNANG a présenté une thèse portant sur 《La protection des droits fondamentaux des détenus au Tchad》. Le sujet ne manque pas d'intérêt en se situant au carrefour de plusieurs matières juridiques et autres. Comment sanctionner une personne en conflit avec la loi tout en lui garantissant ses droits fondamentaux ?
Le candidat a essuyé le feu des questions du jury et a tenté d'y apporter des éléments de réponse. Après avoir délibéré, le jury a élevé l'impétrant au grade de docteur en droit public de l'université de Djamena pour la première fois, avec mention très honorable et les félicitations du jury.
Une page importante s'est ainsi fermée dans l'histoire de l'enseignement supérieur et de la recherche au Tchad.
Heureux d'y avoir participé.
Quand Dieu nous fait la faveur de nous rendre prophètes chez nous et à l'étranger, nous lui devons une grâce infinie.
N'djamena, le 18 janvier 2024.
Professeur Ibrahim David SALAMI

15/01/2024

UN REMARQUABLE ARTICLE D’EDWY PLENEL
L’Afrique du Sud au secours de la Palestine : le renversement du monde
L’Europe et sa projection nord-américaine se revendiquent d’une universalité des droits humains que leurs actes n’ont cessé de contredire. Face à leur inaction devant la destruction de la Palestine par l’État d’Israël, c’est l’Afrique du Sud qui, aujourd’hui, défend cet universel.
Edwy Plenel
12 janvier 2024 à 12h35
La requête de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies contre l’État d’Israël, sur le « caractère génocidaire » de sa guerre contre les Palestiniens et Palestiniennes de Gaza, n’est pas seulement un événement juridique sans précédent. Elle marque un renversement géopolitique : tandis que tous les peuples du monde constatent, à travers la tragédie palestinienne, l’usage à géométrie variable par l’Europe et les États-Unis d’Amérique des valeurs universalistes dont ils se réclament, c’est un pays emblématique des causes émancipatrices du tiers-monde, anticoloniales et antiracistes, qui en reprend le flambeau.
Il suffit de lire l’exceptionnel document produit par la diplomatie sud-africaine et d’écouter l’exposé (voir ci-dessous, d’autant que nos médias audiovisuels ne l’ont guère relayé), jeudi 11 janvier, de ses arguments devant la CIJ pour prendre la mesure de l’éclipse intellectuelle d’un continent, le nôtre, dont les États-nations ont si longtemps prétendu dire, codifier et imposer le bien, le juste et le vrai.
Car, en temps réel et sous le regard du monde entier, face au martyre de Gaza, ils n’ont rien dit – ou si peu : quelques appels hypocrites à la retenue – et rien fait – ou p*s : fait tout le contraire en livrant massivement et tout récemment encore, à l’instar des États-Unis, armes et munitions à Israël. Rien dit et rien fait quand la population de l’un des territoires les plus densément peuplés de la planète est attaquée par l’une des armées les plus puissantes au monde, celle de l’État qui l’assiège après l’avoir occupé, dans une campagne de bombardements la plus intensive de l’histoire militaire moderne.
Pire qu’Alep en Syrie, pire que Marioupol en Ukraine, pour s’en tenir à deux références contemporaines qui mettent en cause la Russie, mais proportionnellement pire aussi, en intensité, que les bombardements alliés sur l’Allemagne n**ie.
Une punition indiscriminée
Par les actes de son armée comme par les paroles de ses dirigeants, c’est bien un peuple qu’a ciblé l’État d’Israël dans sa riposte vengeresse à l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas et à ses massacres de civils israéliens. Loin d’une réplique proportionnée, c’est une punition indiscriminée qui a été mise en œuvre contre une population à raison de son origine, de son identité, de sa culture, de son histoire.
C’est le peuple palestinien de Gaza, et, à travers lui, l’idée même d’une Palestine viable, d’une vie et d’une existence sous ce nom, avec ce qu’il charrie de sociabilité et de citoyenneté, qui a été désigné comme le coupable qu’il fallait châtier, sans discernement aucun. Et ceci, de façon explicite au premier jour, par la voix du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou lui-même, appelant à une guerre sainte en faisant référence à Amalek, ce peuple que, dans la Bible (I Samuel XV, 3), Dieu ordonne d’exterminer – « Tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes »
Ce que la Palestine dit au monde 26 décembre 2023 Gaza, où meurt notre humanité 7 décembre 2023
En à peine trois mois de guerre, on compte déjà des dizaines de milliers de morts, de disparus et de blessés, des civils pour l’essentiel, en majorité des enfants et des femmes. Tout un monde a été détruit à jamais, les habitations et les hôpitaux, les lieux de vie et de culte, les écoles et les universités, les administrations, les magasins, les monuments, les bibliothèques, les cimetières même.
« Aucun endroit n’est sûr à Gaza », n’a pas hésité à affirmer le secrétaire général des Nations unies António Guterres, le 6 décembre 2023 dans sa lettre solennelle au Conseil de sécurité. Depuis, les humanitaires des ONG et les agences de l’ONU ne cessent d’alerter sur l’eau polluée, le risque de famine, la misère incommensurable et le désespoir infini, bref la destruction sans retour d’une partie de la Palestine occupée.
Sinistre retournement : l’État dont la légitimité initiale est fondée sur la conscience du crime de génocide commis contre les Juifs par le n**isme et ses alliés est aujourd’hui confronté à l’accusation de le reproduire contre les Palestiniens. Dans la Convention de 1948 invoquée par l’Afrique du Sud, le crime de génocide désigne des actes « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Rafaël Lemkin, l’inventeur du mot – du grec genos et du latin cide –, le définissait comme « un complot visant à annihiler ou affaiblir des groupes d’ordre national, religieux ou racial ».
Photo Remko de Waal / ANP via AFP
Le débat juridique sera mené au fond mais, dans l’immédiat – et c’est l’enjeu de la procédure d’urgence devant la CIJ –, il s’agit d’interrompre au plus vite un processus d’annihilation, d’épuration, d’expulsion, d’effacement et de destruction des Palestiniens et Palestiniennes de Gaza qui a des caractéristiques génocidaires.
Comme l’ont tragiquement rappelé les génocides commis au Rwanda en 1994 et en Bosnie en 1995, ce n’est en rien relativiser l’unicité de la Shoah, ce plan concerté par le régime n**i d’une extermination industrielle de millions d’êtres humains, que d’entretenir une vigilance universelle sur la répétition, dans d’autres contextes et sous des formes différentes, de cet incommensurable crime de l’humanité contre elle-même.
Mais l’histoire retiendra que les puissances qui incarnent l’Occident, cette réalité politique née de la projection de l’Europe sur le monde, alors même qu’elles se font gloire d’avoir proclamé l’universalité et l’égalité des droits, se sont dérobées à cette vigilance en abandonnant la Palestine à son triste sort. À travers l’audace sud-africaine, ce sont dès lors les peuples et les nations ayant pâti de cette appropriation dominatrice de l’universel par les puissances occidentales qui s’en font aujourd’hui les meilleurs défenseurs. Qui, en somme, rappellent à l’Europe la promesse qu’elle a trahie.
« Si nous voulons répondre à l’attente de nos peuples, il faut chercher ailleurs qu’en Europe » : ce sont presque les derniers mots des Damnés de la terre (1961), cet essai de Frantz Fanon qui, depuis sa parution, a fait le tour de la planète, et ils peuvent se lire comme la prédiction du renversement qui, aujourd’hui, s’accomplit. Cet appel à « changer de bord » revendiquait une échappée émancipatrice dans la quête d’un humanisme véritable, où le souci de l’humanité ne soit plus éclipsé par les intérêts de nations dominatrices ou par les identités de peuples conquérants. Dans le sillage du Discours sur le colonialisme (1955) de son compatriote martiniquais Aimé Césaire, Les Damnés de la terre magnifiait un universalisme véritable, sans nation propriétaire, sans frontière identitaire.
« Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve », avait écrit Fanon en conclusion de son premier livre, Peau noire, masques blancs (1952), où il rappelait cette mise en garde de « [son] professeur de philosophie, d’origine antillaise : “Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous” », avec ce commentaire : « Un antisémite est forcément négrophobe. » En exergue d’un des chapitres, il avait placé ces mots d’Aimé Césaire : « Il n’y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié. »
L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse.
Le droit international est la traduction juridique de cet humanisme essentiel. Un humanisme dont Fanon, une décennie plus t**d, celle des guerres coloniales françaises, du Vietnam à l’Algérie, constatait rageusement que l’Europe l’avait renié.
« Quittons, écrit-il alors dans Les Damnés de la terre, cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. […] L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse. Elle ne s’est montrée parcimonieuse qu’avec l’homme, mesquine, carnassière homicide qu’avec l’homme. Alors, frères, comment ne pas comprendre que nous avons mieux à faire que de suivre cette Europe-là. »
Dans ce réquisitoire où il dresse l’Europe contre elle-même, Fanon en brandit la promesse trahie pour mieux revendiquer un dépassement qui, enfin, l’accomplisse. Cette Europe qui a proclamé l’égalité naturelle, puis édicté l’universalité des droits, piétinait et saccageait l’une et l’autre par le colonialisme et l’impérialisme, les déniant aux peuples et aux humanités qu’elle opprimait et exploitait.
Poison mortel
Et c’est cette imposture dévastatrice que la longue injustice faite à la Palestine par l’occupation et la colonisation de ses territoires depuis 1967, la ségrégation et la discrimination de son peuple qui en découlent, ont perpétuée jusque dans notre présent, diffusant au sein même de la société israélienne un poison mortel pour les idéaux démocratiques dont témoigne l’ascension de forces juives d’extrême droite, aussi racistes que le sont des antisémites.
La résonance actuelle de ce livre-manifeste prouve que l’espérance internationaliste et humaniste de la décolonisation n’est pas une vieillerie révolue, mais toujours une promesse active. Paru quelques jours avant le décès de son auteur, qui avait épousé la cause indépendantiste algérienne, Les Damnés de la terre fut publié fin 1961, soit l’année même où Nelson Mandela, renonçant à la stratégie non violente de l’ANC sud-africaine face au régime d’apartheid, alla s’entraîner à la lutte armée auprès du FLN algérien dans ses bases clandestines au Maroc, quelques mois avant son arrestation le 5 août 1962.
Mais la résonance va encore au-delà : l’apartheid, régime de ségrégation raciale, fut institué en 1948, l’année où, à la fois, fut adoubée par les Nations unies la création de l’État d’Israël, proclamée la Déclaration universelle des droits de l’homme et approuvée la Convention sur le génocide.
Les principes, valeurs et droits fondamentaux qu’invoque l’Afrique du Sud face aux actes de l’État d’Israël à Gaza ne valent pas seulement pour la Palestine.
Relire Frantz Fanon, c’est donc prendre la mesure de ce qui se joue pour notre futur autour de ce que la Palestine dit au monde depuis que son droit à exister en tant qu’État souverain lui est dénié, alors qu’avec Yasser Arafat à sa tête, elle a fini par concéder ce droit à l’État d’Israël, malgré l’expulsion – la Nakba – dont une partie de son peuple a été la victime en 1948. Qui, aujourd’hui, va sauver l’universalité et, surtout, l’universalisable – au sens d’un partage et d’une solidarité – des droits, de la justice et de l’égalité, échappant ainsi à leur appropriation prédatrice par des États, des peuples et des nations qui se prétendent propriétaires légitimes d’un universel au point de s’autoriser à le contredire et à le bafouer dès que leurs égoïsmes, notamment économiques, sont en péril ?
L’Afrique du Sud apporte la réponse devant la Cour de La Haye : l’origine ne protège de rien, il n’y a pas d’universel dont telle nation, civilisation, culture, etc., aurait le monopole ou le privilège, il n’y a que de l’universalisable qui se joue à chaque épreuve concrète où le sort d’une humanité particulière – agressée, persécutée, violentée, discriminée, effacée, exterminée, etc. – met en péril celui de l’humanité tout entière. Rigoureusement juridique sur le terrain du droit international, cette requête devant la CIJ pose la question politiquement décisive de l’universalité sans frontières des valeurs supranationales dont se réclament, du moins sur le papier, les États-nations de notre continent et l’Union européenne qui les regroupe.
Les principes, valeurs et droits fondamentaux qu’invoque l’Afrique du Sud face aux actes de l’État d’Israël à Gaza ne valent pas seulement pour la Palestine. Ils valent, au même instant, pour l’Ukraine victime d’une guerre d’agression de l’impérialisme russe, avec son cortège de crimes de guerre et contre l’humanité – et ce rappel vaut pour les dirigeants sud-africains qui, à ce jour, n’ont pas condamné Moscou. Mais ils valent aussi pour le peuple de Syrie, hier et toujours martyr du régime dictatorial qui l’opprime avec l’appui de l’Iran et de la Russie. De même qu’ils valent pour les Ouïghours, ce peuple turcophone majoritairement musulman persécuté par la Chine au Xinjiang. Tout comme ils valent pour tous les peuples qui subissent le joug de pouvoirs étatiques dont l’apparent soutien à la cause palestinienne sert de diversion par rapport au sort inique qu’ils leur imposent, de l’Iran à la Turquie, sans oublier les absolutismes monarchiques qui règnent sur la péninsule arabique.
Il n’est d’humanisme qu’internationaliste. C’est ce que signifiait Nelson Mandela en disant sa reconnaissance envers le peuple palestinien pour son aide dans le combat contre l’apartheid : « Nous savons très bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens », confiait-il. À l’inverse, l’indifférence de la plupart des dirigeants européens envers le sort de la Palestine met en péril l’idée que l’Europe se fait d’elle-même, de ses valeurs et de ses principes.
Que pourra-t-elle dire demain face à des violations du droit international qui l’alarment ou la menacent, à l’instar de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, après n’avoir pas su venir au secours de la Palestine ? Comment osera-t-elle faire la leçon à d’autres puissances, autoritaires et impérialistes, qui rejettent tout droit supranational pouvant contrarier leurs ambitions quand elle n’a pas su le défendre face à l’État d’Israël, voire quand elle y a tout simplement renoncé par la voix de certains de ses responsables assumant un soutien « inconditionnel » à cet État, quels que soient ses actes ?
Il y a un peu plus d’un an, le 13 octobre 2022, Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne et haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, prononçait le discours d’ouverture de la nouvelle Académie diplomatique européenne à Bruges.
« L’Europe », a-t-il alors expliqué non sans fierté, « est un jardin » où « tout fonctionne », « la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale que l’humanité ait pu construire ». À l’inverse, s’inquiétait-il, « la plus grande partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin ». « Les jardiniers [européens] doivent aller dans la jungle, recommandait-il alors. Les Européens doivent être beaucoup plus engagés avec le reste du monde. Sinon, le reste du monde nous envahira, de différentes manières et par différents moyens. »
À l’aune de Gaza ravagé et de la Palestine meurtrie, où est le jardin, où est la jungle ? Et où sont passés ces officiels « jardiniers » européens qui, ces derniers mois, ont déserté le souci du monde et de l’humanité ? Loin de nous être étrangère, la jungle prolifère par les aveuglements de la conquête et de la puissance, de l’exploitation et de la domination. Quant au jardin, aussi propre soit-il en apparence, il peut être le terreau des pires barbaries, celles qui, au nom d’identités, d’origines, de civilisations se croyant supérieures à d’autres, mènent au crime de génocide.
Edwy Plenel

Jeudi 21 decembre 2023. Soutenance de thèse de doctorat en contentieux constitutionnel de Me  Simplice Comlan DATO à l'u...
23/12/2023

Jeudi 21 decembre 2023. Soutenance de thèse de doctorat en contentieux constitutionnel de Me Simplice Comlan DATO à l'université de Parakou sous la direction du Professeur Ibrahim David SALAMI.

Passez utilement Noël avec les orphelins de l'orphelinat de Koutongbé à Porto-Novo et le Seigneur vous le revaudra...
16/12/2023

Passez utilement Noël avec les orphelins de l'orphelinat de Koutongbé à Porto-Novo et le Seigneur vous le revaudra...

13/11/2023

"L'une des sanctions pour refuser de participer à la politique est que vous finissez par être gouverné par vos inférieurs"

*PLATON*
_"Le sage qui a refusé de gouverner devrait se préparer à subir les règles des idiots"_

*SOCRATE*
_"Les personnes qui élisent des politiciens corrompus, des imposteurs, des voleurs et des traîtres ne sont pas des victimes... mais des complices"_

*GEORGE ORWELL*
_"Un vote est une sorte de prière sur le genre de monde dans lequel vous voulez vivre."_

*TOUR. RAPHÉAL WARNOCK*
_"Ne pas voter n'est pas une protestation. C'est une reddition."_

*KEITH ELISON*
_"Si vous ne votez pas, vous perdez le droit de vous plaindre."_

*GEORGES CARLIN*
_"Les mauvais gouvernements sont élus par les "bons" citoyens qui ne votent pas._

*PLATON*
_"Votez comme si vos droits en dépendaient car votre vote est votre voix."_

*MARTIN LUTHER*
_"L'ignorance d'un électeur dans une démocratie porte atteinte à la sécurité de tous."_

*JOHN F. KENNEDY*
_"Le bulletin de vote est plus fort que la b***e."_

*ABRAHAM LINCOLN*
_"Nos vies commencent à se terminer le jour où nous devenons silencieux sur les choses qui comptent.

05/11/2023

La version écrite des communications du Procureur special de la Criet et du chef de la brigade économique et financière sur le risque pénal dans les marchés publics seront publiées en exclusivité sur le lien suivant dans 48h.
Suivre la chaîne CeDAT sur WhatsApp :

04/11/2023

Les dix commandements de Mario METONOU, Procureur spécial de la Criet à l'occasion de la rentrée solennelle du master marchés publics et partenariats public-privé :

1 Tu garantiras le libre accès à la commande publique
2 Tu mettras en œuvre une stratégie d'achat réellement concurrentielle.
3 Tu rendras public ton plan de passation de la commande publique.
4 Tu traiteras tous les soumissionnaires de la même manière, sans discrimination.
5 Tu t'abstiendras d'élaborer des critères spécifiques dans le seul but de favoriser ou de discriminer un candidat déterminé.
6 Tu agiras exclusivement dans l'intérêt de l'autorité contractante si tu agis pour son compte.
7 Tu éviteras tout conflit d'intérêt personnel, familial , amical ou autre.
8 Tu feras de l'information également partagée la garantie de la transparence.
9 Tu préserveras la confidentialité des informations recueillies dans le cadre du processus de la commande publique.
10 Tu te feras formé en commande publique, respecteras la loi, l'éthique et la déontologie et tu vivras en paix.
Abomey-Calavi, le 21 octobre 2023.

Adresse

01 BP 2243
Cotonou

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