09/07/2026
SÉRIE CYANOTYPE 1/5
Le Capital ne trouve pas devant lui une main-d’œuvre déjà formée. Il faut la produire.
Apprendre, lire, écrire, chercher, expérimenter et créer participent à la production des savoirs, des capacités et de la force de travail dont dépendent le Capital et l’État. Les études constituent donc un travail nécessaire à la reproduction de la société capitaliste.
Pourtant, ce travail demeure exclu du salariat. Sous le capitalisme, les études prennent matériellement la forme d’un investissement individuel. Chaque personne doit assumer le temps non rémunéré, les frais de scolarité, l’endettement, la perte de revenus et, bien souvent, un emploi en parallèle, dans l’espoir de pouvoir ensuite vendre sa force de travail.
En refusant de reconnaître les études comme un travail socialement nécessaire, le Capital et l’État peuvent externaliser les coûts de production de la main-d’œuvre et les faire assumer par les étudiant·es, leurs familles et, plus largement, la classe laborieuse.
Voilà la face cachée de la production : la force de travail apparaît sur le marché déjà formée, tandis que le travail nécessaire à sa formation demeure impayé.
Revendiquer le salariat étudiant, ce n’est donc pas seulement demander une reconnaissance symbolique. C’est lutter pour que ces coûts cessent de reposer sur nous et conquérir une prise collective sur nos conditions d’études comme sur les finalités de l’éducation.