06/02/2026
Parmi les articles d’Études françaises les plus consultés en mai 2026: François-Marie Mourad, «Zola, le réalisme et l’imagination» (dans vol.51, n°3, 2015).
doi.org/10.7202/1034136ar
Résumé: «Zola, on le sait, réprouve une imagination livrée à elle-même. Une remarque polémique parue dans la presse en 1866 sert de point de départ à une réflexion sur le statut de cette faculté dans la tradition réaliste. Le discrédit zolien radicalise l’opposition entre les usages déréglés de la fiction et les enjeux épistémologiques d’une littérature concernée par le réel. La question est alors d’actualité si l’on en juge par les contrepoints apportés par Balzac, Hugo, Baudelaire, Flaubert, moins réticents sur le principe d’une contribution active de l’imagination au sein même du projet réaliste. Zola précisera sa poétique dans "Le roman expérimental" (1879). On retient l’idée d’une “déchéance de l’imagination” mais deux nuances essentielles tempèrent ce postulat naturaliste: traquée au sein de l’"inventio", l’imagination est recyclée dans la "dispositio" et l’"elocutio"; elle est ensuite hypostasiée dans ce que Zola appelle “le sens du réel”, avatar du réalisme tempéramentiel, d’origine romantique, défendu dans "Mes haines". En définitive, la position de Zola, quand on la contextualise, qu’on la compare et qu’on la relativise, n’est pas si éloignée d’autres revendications en faveur du réalisme artistique.»
Note biographique: «Professeur en classes préparatoires aux grandes écoles (Bordeaux, France), spécialiste de Zola et du naturalisme, auteur de "Zola critique littéraire" (Paris, Honoré Champion, 2003), François-Marie Mourad est membre de l’équipe Zola de l’ITEM-CNRS et du comité de rédaction des "Cahiers naturalistes". De Zola, il a édité, entre autres, "Le roman expérimental" (Paris, GF-Flammarion, 2006), "Mes haines" (Paris, GF-Flammarion, 2012), "La Confession de Claude" (Paris, Classiques de poche, 2014) et "La curée" (Paris, GF-Flammarion, 2015).»