02/06/2025
🌍 Impacts de la mauvaise gestion du lac Kivu sur les communautés riveraines
Analyse basée sur les archives de l’Institut Supérieur de Pêche de Goma
Le lac Kivu constitue une ressource vitale pour les populations de l'Est de la République Démocratique du Congo, en particulier celles vivant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cependant, une gestion inadéquate de cet écosystème entraîne des conséquences majeures sur la santé, la sécurité alimentaire, l’économie locale et la stabilité sociale.
À travers cette synthèse, l’Institut Supérieur de Pêche de Goma (ISPÊCHE Goma) met en lumière les principaux impacts observés, sur la base de ses recherches et données de terrain.
1. ⚠️ Santé publique et accès à l’eau potable
* Pollution croissante : Le lac est exposé à des rejets domestiques non traités (en provenance de Goma, Bukavu et des villages environnants), ainsi qu’à une accumulation de déchets plastiques. Cette contamination fragilise la santé publique, entraînant une recrudescence des maladies hydriques telles que le choléra et la typhoïde, notamment en saison des pluies.
* Exploitation du gaz méthane : Les projets industriels (comme KivuWatt) modifient les équilibres chimiques du lac. Des inquiétudes persistent quant à l’impact à long terme sur la qualité de l’eau utilisée par les ménages riverains.
2. 🍽️ Insécurité alimentaire
* Diminution des ressources halieutiques : La surpêche, la pollution et l’eutrophisation réduisent les stocks de poissons comme la sambaza(Limnothrissa miodon) , privant les pêcheurs de leur principale source de revenus et menaçant la sécurité nutritionnelle des familles.
* Perte de terres agricoles : L’érosion des berges, causée par la déforestation et l’exploitation incontrôlée des sols, réduit les surfaces cultivables (manioc, bananes), affectant directement les cultures vivrières.
3. 🔥 Menaces sécuritaires et déplacements
* Risque de catastrophe naturelle : Le danger potentiel d’un dégazage limnique (libération brutale de gaz du fond du lac) ou d’une éruption volcanique (Nyiragongo) engendre des déplacements internes et un climat d’incertitude constant.
* Tensions autour des ressources : La compétition pour l’accès aux zones de pêche ou aux terres arables crée des conflits entre pêcheurs, agriculteurs et exploitants industriels, parfois exacerbés par l’ingérence de groupes armés.
4. 💰Vulnérabilité économique
* Perte de revenus : Les pêcheurs artisanaux et petits commerçants dépendent du lac pour leur survie. Les interdictions de pêche temporaire, liées à des risques géologiques ou environnementaux, compromettent leurs activités.
* Dépendance à l’aide humanitaire : En période de crise (éruption volcanique, flambée épidémique, pollution grave), les communautés deviennent dépendantes d’un appui extérieur non pérenne.
5. 🗣️ Exclusion des populations dans les processus de gestion
* Faible participation communautaire: Les communautés locales sont rarement impliquées dans les décisions relatives à la gestion ou à l’exploitation des ressources du lac.
* Absence de mécanismes de compensation : Les familles affectées par les activités industrielles ou les catastrophes naturelles reçoivent peu ou pas d’indemnisation.
Témoignages et faits récents
* À Minova (Sud-Kivu) , des femmes témoignent devoir parcourir plusieurs kilomètres pour accéder à une source d’eau potable non contaminée.
* En 2024 , une flambée de choléra a touché plus de 5 000 personnes autour du lac Kivu, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), due à la consommation d’eau souillée.
✅ Recommandations de l’ISPÊCHE Goma
* Améliorer l’accès à l’eau potable : Installer des points d’eau sécurisés dotés de filtres biologiques à sable ou à charbon actif.
* Renforcer les alternatives économique : Former les pêcheurs à des pratiques d’aquaculture durable pour réduire la pression sur le lac.
* Inclure les communautés dans la gouvernance : Promouvoir la participation active des riverains dans tous les projets liés à la gestion du lac.
* Soutenir la recherche locale : Appuyer le département de pêche et aquaculture de l’ISPÊCHE Goma afin de fournir des solutions fondées sur des données scientifiques locales.
Conclusion
La gestion durable du lac Kivu ne peut se faire sans l’implication active des communautés locales, des chercheurs, des institutions publiques et du secteur privé.
L’Institut Supérieur de Pêche de Goma réaffirme son engagement à accompagner la transformation positive de la région à travers la formation, la recherche et les partenariats.