Cellule Universitaire de Recherches et d'Action pour la Côte d'Ivoire

Cellule Universitaire de Recherches et d'Action pour la Côte d'Ivoire S’ENGAGER SANS JAMAIS SE RENIER, telle est notre devise! QUE LA POLITIQUE RETOURNE DANS L’ARÈNE DES IDÉES! Les uns amassent ce que les autres perdent.

Une classe politique qui ridiculise ses intellectuels est une classe politique moribonde, une société qui ne croit plus en ses élites est une société désespérée. Une nation qui ne peut s’appuyer sur ses forces vives, transforme ses rêves en désillusions et son émergence en cauchemars. Inversement, des intellectuels qui refusent de participer à la vie politique et sociale de leurs nations, sont de

s intellectuels décadents; des élites qui gardent le silence sous le manteau d’acier de la neutralité dans une société du mépris, sont elles-mêmes méprisantes. Avons-nous besoin de nous taire et de laisser la politique aux seules mains des politiciens? La décadence intellectuelle aura entraîné la décadence politique et morale de nos sociétés. Il aurait fallu être d’airain pour rester indifférents à la douleur que subit les peuples africains; manque de formation politique avérée, absence de vision claire et limpide de l’avenir de leurs peuples, décrépitude de l’éthique politique, dégringolade des valeurs, effritement du vivre-ensemble, déchirure sociale, refus de reconnaissance des valeurs personnelles et collectives, mépris total et généralisé, notre classe politique est aux antipodes de l’émergence des nations dans une société, elle-même en lambeaux. La délinquance juvénile qui taraude notre société compromet l’espérance de lendemains paisibles sous nos tropiques. La pauvreté ne laisse plus le choix à la couche sociale qu’elle asservit. Les jeunes désœuvrés estiment qu’ils doivent arracher leur pitance à ces fortunes fondées sur le principe des vases communicants, au risque de leur vie. L’équitable redistribution des ressources nationales est biaisée. La corruption atavique perpétuée depuis les pères fondateurs jusqu’aux novateurs népotistes est la principale cause du déséquilibre social. Ne parlons même pas de la crise éducative. La masse éjectée de nos systèmes éducatifs onéreux et inadaptés aux réalités locales se reconvertit dans le banditisme, dans l’auto-destruction. L’achèvement de ce processus ténébreux est l’intégration des cellules terroristes, djihadistes ou belliqueuses, à défaut de prendre la mer et de se laisser emporter par son propre suicide, dans l’illusion de trouver un bonheur incertain, dans les griffes et les ondes des guillochis des passeurs sous les eaux ténébreuses de l’immigration clandestine. De toutes les façons, une mort est une mort et quand on ne sait plus où aller, où faut-il aller? Pour y remédier, l’idée fabuleuse des politiques est le renforcement, à coup de milliards, des capacités militaires. Pourtant, une école construite et un emploi offert permettraient de faire l’économie d’une violence sociale qui avilit aussi bien la victime que le bourreau. Une école heureuse est une société épanouie; une école studieuse et une jeunesse bien formée est le gage d’une société en devenir resplendissant, d’une société émergente non de mode, mais de principe et d’essence. Dans la gangrène politique africaine, il est temps de penser aux générations futures, de former la jeunesse d’aujourd’hui pour bâtir une nation forte de demain et donner un véritable certificat de naissance à nos États. Car, une fois que le nombre de mandat fixé par la constitution est épuisé, vouloir user de subterfuges pour briguer un mandat de plus, c’est infliger au peuple l’infamie de trop. Les institutions sont impersonnelles et l’alternance régulière des personnes qui les incarne est nécessaire. Mais nos mégalomanes d’Afrique arborent une nouvelle veste : celle de "constitutionnaliste de circonstance" et de l’unique- homme-éclairé, à pouvoir diriger et gérer indéfiniment un peuple, son peuple, selon ses valeurs et ses faveurs. Le soleil d’une seule personne ne peut briller éternellement, en tous lieux et en tous sens, sans s’affaiblir. Une seule brindille ne fait pas le balai. Ces hommes qui s’identifient au pouvoir au point de vouloir s’y éterniser finissent par travestir les institutions sacrées. Ils redéfinissent alors les missions régaliennes de l’État suivant leurs vœux singuliers. Cette entorse à la démocratie, pour se légitimer, brandit deux arguments fallacieux : le suffrage favorable du peuple et l’achèvement des projets entamés. Quelle crédibilité vouée à des régimes qui ne perdent jamais les élections qu’ils organisent ? Et puis, un programme non achevé n’est-il pas un cinglant aveu d’incompétence? Dans de telles situations, que faire? Pour notre part, dans la batrachomyomachia ivoirienne, nous avons décidé de substituer à la porno-politique la réalpolitique, la politique sociale objective, de mener le débat, de faire re-venir le combat de la politique dans l’arène des idées, de respecter son éthique langagière, d’opposer à sa déréliction, la sympathie du mot, l’humilité du verbe, la grandeur des signifiances et la reconnaissance du devoir-être; au slogan de la division, nous entonnons l’hymne de la ré-conciliation; nous opposons au mépris, la reconnaissance de chacun et de tous; il paraît que ce mot semble écorcher quelques consciences; nous ne voudrions pas non plus être oublieux de notre histoire commune, très récente, bien que douloureuse. Nous pensons qu’il faut viser l’avenir et refuser de s’apitoyer sur nos meurtrissures passées. Les peuples qui restent recroquevillés sur leur passé sont incapables d’assurer leur propre présent et demeurent prisonniers de leur à-venir; ils ne sont plus maîtres d’eux-mêmes, ils appartiennent aux autres. Les peuples enclins à l’immobilisme identitaire desséchant et incapables de transcender leur passé, demeurent des proies faciles , des peuples faibles, sans ambitions, esclaves d’eux-mêmes et de leurs propres destins. Toute naissance est douloureuse, même par césarienne; il faut le réconfort et le savoir-faire du personnel médical pour que la poussée soit plus forte afin que de la douleur rejaillisse subrepticement le plaisir de l’enfantement, afin que du silence retentisse le cri perturbateur de la vie. Ainsi en va-t-il de l’avenir des nations conquérantes, du sursaut des peuples qui refusent de s’agenouiller, de se coucher et de refuser de se relever. Nous refusons de faire partie de ces peuples et d’être la honte des générations futures, nous refusons d’abdiquer. Nous ne nous obstinons pas à tourner le dos à notre passé, nous devons l’assumer, mais en l’affrontant courageusement, avec lucidité, non de dos, mais de face. Nous avons l’ultime conviction, que demain, nos enfants liront de ce passé, de nouvelles pages glorieuses que nous aurions écrites ensemble, aujourd’hui, malgré nos différences. Nous avons foi en notre histoire, mais nous préconisons de taire notre passé rocambolesque pour que parlent le présent et le futur sans l’ignorer, pour que de son âme, scintillent les larmes de joie et de récompense après le labeur. Nous pensons que notre re-naissance nous oblige à reconnaître les efforts de notre peuple, mais aussi de chacun de nos dirigeants; un dirigeant n’est fort que parce que le peuple lui est soumis et dévoué ; et inversement, un peuple n’est fort et respecté que s’il a des dirigeants éclairés et courageux. Et les dirigeants ne sont éclairés et courageux que s’ils sont éduqués à la chose publique et qu’ils n’ont pour boussole que la pensée et l’action. La Cellule Universitaire de Réflexion et d’Action pour la Côte d’Ivoire (CURACI) s’engage, à cette fin, à penser l’émergence, à panser le débat politique afin d’illuminer l’horizon de la re-naissance ivoirienne. Pour y parvenir, nous nous engageons avec des leaders jeunes, gages de l’avenir radieux de demain. Nous avons fait notre choix, aux autres de faire le leur. Notre engagement est principiel; il ne s’agit pas de suivre un individu mais de l’éclairer, non pour l’accompagner mais pour lui montrer des voies; non plus pour se taire mais pour parler, à haute voix, pour le Bien du peuple. Pour La Cellule Universitaire de Réflexion et d’Action pour la Côte d’Ivoire(CURACI)
Professeur Samba DIAKITÉ, Titulaire, Philosophie africaine, philosophie de la culture et du développement
Université Alassane Ouattara de Bouaké
Chercheur au Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées sur l’Afrique
Université du Québec à Chicoutimi, Canada

DOUGA MASSA, Est-il bon de faire souffrir son peuple?DOUGA MASSA, la promotion continue jusqu’au 10 juillet 20241 à 4000...
06/07/2024

DOUGA MASSA, Est-il bon de faire souffrir son peuple?

DOUGA MASSA, la promotion continue jusqu’au 10 juillet 2024
1 à 4000; 2à 6000 CFA; 6À 12000CFA

Contact
Côte d’Ivoire 0101792660/0758780395
Mali+22379442230
Benin +22997557227

Celui qui souffre, si personne ne semble le réconforter, n’a-t-il pas le droit, s’il sait encore réfléchir, de se réconforter soi-même? N’est-il pas en mesure de se réconforter soi-même? Celui qui fait souffrir, sans savoir qu’il fait souffrir, ne doit-il pas maintenant apprendre à souffrir des affres de la souffrance pour savoir vraiment que souffrir fait souffrir?

Douga Massa, Sous le Pouvoir des Vautours. L’Afrique renversée, P.29

LE DOUGA MASSA EST BIEN DISPONIBLE. Vous voulez votre exemplaire, donnez-moi votre nom in box et je vous fais la dédicac...
23/06/2024

LE DOUGA MASSA EST BIEN DISPONIBLE. Vous voulez votre exemplaire, donnez-moi votre nom in box et je vous fais la dédicace. Je suis à ABIDJAN. Super promo, 1livre à 4000cfa, 2 livres à 6000cfa et 6 livres à 15000(dédicace spéciale).

Sont également disponibles, présentement1- Les larmes de l'éducation-2-Waati Seraa-3- Le cas Guillaume SORO.
info:0101792660

DOUGA MASSA est la marche de l'Africanologie  dans le sillage de la philosophie de la contestation. Nul n'est épargné. D...
27/05/2024

DOUGA MASSA est la marche de l'Africanologie dans le sillage de la philosophie de la contestation. Nul n'est épargné.

DOUGA MASSA, page 26.
En vérité, en Afrique, la femme paie déjà doublement le péché originel. Dans les villages sans eau, sans électricité, sans dispensaire et sans hôpital, elles accouchent dans la douleur. Peut-on compter le nombre de femmes mortes dans la douleur de l’enfantement en Afrique? Non satisfaits de cette dette biblique pour Eve, les hommes font payer aux femmes africaines la dette d’Adam., leurs propres dettes

En effet, qui prend aujourd’hui en charge l’éducation des enfants et la sécurité financière de la famille? Qui complète les budgets familiaux destinés à l’alimentation? Qui soutient en sourdine les dépenses familiales? C’est encore ces braves femmes qui se réveillent tôt, qui font la cuisine, qui partent au champ, qui cultivent leurs propres jardins après avoir participé aux travaux champêtres, qui jonchent les rues des capitales pour y vendre des marchandises et des fruits pour ne recevoir que des pourboires de bénéfices. C’est donc elles qui travaillent à la sueur de leurs fronts après avoir accouché dans la douleur. Double servitude biblique, double trahison!
p.26

17/05/2024

EXTRAIT
DOUGA MASSA

Quand les institutions se renversent, les dirigeants marchent sur leurs têtes, les lois pleurent du feu, les Constitutions pleurent dès leurs naissances, les élites se scient les langues, la société civile se creuse les yeux, l’opposition politique s’ampute dans sa désunion, le parti au pouvoir s’enfonce dans un volcan, le peuple se brûle les fesses, les droits s’enterrent dans le Droit du plus fort, dans le droit du dieu de la République.
La Justice appelle l’Injustice au secours.
J’ai réveillé Rousseau, il me dit que les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent. Je me suis trompé en pensant que l’histoire se nourrit du passé, du présent et du futur.
Je ne comprends pas pourquoi l’Exécutif peut se creuser violemment les tympans;
Je ne comprends pas non plus pourquoi le Législatif a confondu ses lettres pour enchaîner son esprit.
Je veux comprendre pourquoi le judiciaire enterre le droit pour ressusciter l’injustice.
Je veux comprendre pourquoi un peuple n’arrive pas à se souvenir de ses blessures récentes pour pouvoir se rétablir.
Je veux comprendre pourquoi faut-il acheter ou brimer les consciences pour imposer le silence?
Je veux comprendre….

SORO QUI APPELLE, OUATTARA QUI ÉCOUTE, ET SI ON ENTERRAIT LE SINIKAN?Fin Mars 2024, l’Ancien Premier Ministre ivoirien G...
26/04/2024

SORO QUI APPELLE, OUATTARA QUI ÉCOUTE, ET SI ON ENTERRAIT LE SINIKAN?

Fin Mars 2024, l’Ancien Premier Ministre ivoirien Guillaume SORO décide de couper le cordon ombilical de la méfiance et de la séparation d’avec son allié naturel, celui dont il a été l’homme de main, pendant plusieurs années, le Président Alassane OUATTARA. Au-delà des supputations et des chagrins politiques, que faut -il retenir de cet Appel d’Espoir?
L’Appel de SORO au Président OUATTARA est un appel d’Espoir pour réconcilier des entités séparées, pour recoller les deux morceaux de la calebasse fendue en deux afin que l’on puisse encore l’utiliser pour étancher sa soif et y mettre ses condiments pour la préparation des délicieux plats à venir? Si la force de Soro est d’avoir osé appeler Ouattara, celle du Président Ouattara est d’avoir osé dresser une oreille attentive pour mieux comprendre un fils afin de lui prodiguer des sages conseils. Parler à l’autre, c’est parler à soi-même et inversement, écouter l’autre, c’est s’écouter soi-même. Dialoguer, c’est toujours obtenir quelque chose de l’autre. Toute voix intérieure est toujours et avant tout une voie extérieure.
Dans notre impuissance à étouffer notre vacarme langagier et notre inaudible tam-tam politique, nous nous sommes laissés emporter par les hésitations stériles d’une conscience déchirée, haineuse, délictueuse. Le rejet de certaines valeurs normatives nous a conduits à toucher au fruit défendu, à entrer petitement dans le cercle fiévreux des crises politiques et des ineffaçables paroles que les Malinké appellent « Sinikan », la parole de demain, la parole qui rappelle, la parole qui ne vieillit pas, la parole qui ne meurt jamais et qui séjourne à jamais dans la conscience de celui qui la reçoit. Le « Sinikan » est bien le piétinement de la morale par notre conscience malheureuse et entérine par là- même, l’assassinat des droits et de la dignité humaine.
L’Appel de Soro à Ouattara et l’écoute de Soro par Ouattara est le remède au « Sinikan » et doit être pour nous Ivoiriens le début de la réalisation des possibilités objectives du vivre-ensemble, cachées par l’immédiateté du présent politique. L’entente Ouattara-Soro est une exigence et une remémoration critique qui consiste à comprendre qu’on peut tomber et se relever pour continuer la course. Autant le retour en arrière n’a jamais cassé le dos du margouillat, autant la rosée du matin ne peut empêcher le brave paysan d’accéder à son champ.
Ouattara et Soro doivent donc, dorénavant, comprendre que les coassements des crapauds ne peuvent empêcher les éléphants de s’abreuver dans le fleuve qu’ils sont en train de traverser. Waati Seraa.

09/11/2016

LE JEU POLITIQUE EN CÔTE D’IVOIRE
L’arbitre a sifflé la fin du match. Mais, en réalité, si l’enjeu était énorme, le jeu n’en valait pas la chandelle. Sur le terrain, pour cette grande finale, il n’y avait qu’une seule équipe. L’Équipe qui gagne toujours par manque d’adversaires sérieux et l’équipe qui ne joue jamais de matchs mais qui remporte, quand même, malgré elle, la médaille d’or du boycott et de l’absentéisme sur les terrains de jeu. Paradoxe du jeu, révisionnisme des règles du jeu, démiurge de la pensée! Pendant ce temps, les fidèles spectateurs commencent à ne plus remplir les stades et manquent aux réunions et aux assemblées générales. Dans les deux camps, on sent la grogne, on murmure des mécontentements. Ceux qui gagnent sur le terrain perdent des fidèles spectateurs et ceux qui gagnent dans les mots de l’absentéisme, en perdent également. Les spectateurs sont devenus infidèles et intransigeants parce que leurs équipes ne jouent plus franc -jeu, elles ne séduisent plus, elles n’arrivent plus à convaincre, les génies se font rares ou les rares génies sont fatigués et ont besoin de repos. Les spectateurs connaissent les systèmes de jeu par cœur; ils n’ont jamais changé; la nomenclature des équipes est toujours la même, elle ne changera pas d’un iota; quel que soit le match, ce sera les mêmes joueurs, avec les mêmes numéros, aux mêmes postes, dans le même stade, avec le même entraîneur, sous la direction du même arbitre, tous, jouant individuellement, chacun de son côté, le même rôle, gardant jalousement sur soi le ballon au détriment de la collectivité. Qui sont-ils? On les appelle « les cadres »; ils jouent tous les matchs du début à la fin, même s’ils ont la jambe cassée. On les appelle « les intouchables, les fidèles des fidèles ».Ce sont eux qui chantent toujours les louanges de l’entraîneur, « notre entraîneur ou rien », même si celui-ci se trompe de stratégie, de choix tactique. L’entraîneur de l’équipe qui gagne toujours par manque d’adversaires sérieux n’a –t-il pas dit, un jour, qu’on ne change pas une équipe qui gagne, n’en déplaisent aux spectateurs qui pensent, au contraire, que leur équipe joue mal, que son jeu est décousu, impropre à regarder? Celui de l’équipe qui gagne le trophée de l’absentéisme, qui a été sanctionné par la Fédération Internationale du Jeu des Peuples pour jeu dangereux, violation des règles, refus de reconnaître sa défaite et qui a été convoqué par la commission internationale d’arbitrage pour s’expliquer, n’a –t-il pas dit, lui aussi, avant sa révocation et son départ forcé au pays de Van Basten, qu’après lui, c’est le chaos? Alors chaque camp se trouve dans sa logique. On garde toujours l’ancienne stratégie, on ne mouille plus le maillot, on n’essaie plus de nouveaux acteurs avant la Coupe d’Ivoire de 2020. Chaque entraîneur fait confiance en ses joueurs, en ses fidèles; il leur donne le mot d’ordre qui devient subrepticement l’ordre du mot, le mot d’ode. Ces cadres des équipes, on les trouve dans les deux camps. Selon eux, la vie est un éternel retour, du même; le passé est égal au présent et le présent est égal au futur. Pour une fois, le spectateur du spectateur qui, autour de ce spectre-spectacle, ignorant qu’il n’était qu’un spectateur, prend, soudainement, conscience de son état et décide de devenir acteur. Il ne paie plus les tickets pour regarder les autres; il veut, désormais, qu’on paie les tickets pour venir le regarder à son tour, lui, qui a tant acheté de billets et qu’on a tant ignoré; lui , qui s’est tant donné pour son équipe, pense qu’ il est temps, pour lui, ici et maintenant, de porter le maillot afin de pouvoir jouer avec d’autres acteurs un nouveau jeu, sur un nouveau terrain, dans un nouveau système de jeu, pour le plaisir sans cesse renouvelé de soi -même et de la gigantesque foule qui attend ce renouveau. Bientôt, ce sera la ligue des champions; les équipes sont en train de déposer la liste de leurs joueurs, les mêmes, les toujours-là, même quand ça ne va pas, sont encore présents. Mais cette fois, les spectateurs ont décidé de former leurs propres équipes; ils veulent le changement, et ils viennent de voir le changement inattendu chez le champion du monde du Jeu des Peuples, au pays de l’Oncle Sam, chez leur cousin qui s’en va mais qui voulait garder le même système avec les mêmes hommes. Mais chez l’Oncle Sam n’est pas chez Houphouët Boigny; il faut donc suivre l’exemple quand il est bon. Il faut bousculer la hiérarchie, il faut remuer et bien secouer l’arbre pour que tombent ses fruits mûrs, il faut entretenir l’espoir. Cet espoir s’appelle INDÉPENDANCE et ses joueurs se nomment les INDÉPENDANTS. Aujourd’hui, le vecteur force est donc en train de changer de direction; ils veulent être acteurs; ils ont la soif de jouer et de gagner leur match au prix de leur vie. Cela nécessite du courage, de l’abnégation et de l’audace. N’est-ce pas qu’un jeu n’est intéressant que si on se sent concerné? Le triomphe de ceux qui ont gagné doit –il nous faire oublier les inquiétudes de ceux qui ont perdu ? Tout jeu a un enjeu et tout enjeu n’est pas un jeu. La liberté du jeu fait appel à l’enjeu de la liberté et met en jeu le jeu de l’indépendance, un autre jeu de la liberté. Maintenant que ce jeu commence!
Prof. SAMBA DIAKITÉ

07/06/2016

LE TOURBILLON DE L'ÉMERGENCE

07/06/2016

LE TOURBILLON DE L’ÉMERGENCE

Une classe politique qui ridiculise ses intellectuels est une classe politique moribonde, une société qui ne croit plus en ses élites est une société désespérée. Une nation qui ne peut s’appuyer sur ses forces vives, transforme ses rêves en désillusions et son émergence en cauchemars. Inversement, des intellectuels qui refusent de participer à la vie politique et sociale de leurs nations, sont des intellectuels décadents; des élites qui gardent le silence sous le manteau d’acier de la neutralité dans une société du mépris, sont elles-mêmes méprisantes. Avons-nous besoin de nous taire et de laisser la politique aux seules mains des politiciens? La décadence intellectuelle aura entraîné la décadence politique et morale de nos sociétés africaines. Il aurait fallu être d’airain pour rester indifférents aux douleurs que subissent les peuples africains : manque de formation politique avérée, absence de vision claire et limpide de l’avenir, décrépitude de l’éthique politique, dégringolade des valeurs, effritement du vivre-ensemble, déchirure sociale, refus de reconnaissance des valeurs personnelles et collectives, mépris total et généralisé. Notre classe politique est aux antipodes de l’émergence des nations dans une société, elle-même en lambeaux.

La délinquance juvénile taraude les villes africaines et compromet, dangereusement, l’espérance de lendemains paisibles. La pauvreté ne laisse plus le choix à la couche sociale qu’elle asservit. Les jeunes désœuvrés estiment qu’ils doivent arracher leur pitance à ces fortunes fondées sur des corruptions et des maniements des armes dans une société du mépris incapable de penser sa propre jeunesse. Au risque de leur vie, les uns amassent ce que les autres perdent. Dans une société africaine en pleine mutation, l’équitable redistribution des richesses est biaisée et l’émergence devient un slogan populiste. La corruption atavique, les dénis de justice, le cumul des postes dans la haute sphère bourgeoise sont les causes du déséquilibre social. La crise éducative renforce les violences des syndicats estudiantins qui ne semblent pas voir de perspectives d’emplois à la fin de leur formation. La masse éjectée des systèmes éducatifs onéreux et inadaptés aux réalités locales se reconvertit dans le banditisme, dans les travers d’une génération oubliée et prennent les noms de MICROBES, BROUTEURS, GNAMBROS, dans un pays dit émergent, dans lequel les chantiers poussent comme des champignons tandis que le peuple meurt comme des mouches. Cette génération zombie, née des crises politiques, ne pense son avenir que dans l’auto-destruction. L’achèvement de cette lutte pour la reconnaissance est l’intégration des cellules terroristes, à défaut de prendre la mer et de se laisser emporter par son propre su***de, dans l’illusion de trouver un bonheur incertain, sous les eaux ténébreuses de l’immigration clandestine. De toutes les façons, quand on ne sait plus où aller, où faut-il aller? N’est-il pas digne de mourir pour sa propre reconnaissance que de vivre dans le silence et le mépris des siens?

Pour y remédier, l’idée fabuleuse des politiques est le renforcement, à coup de milliards, des capacités militaires. Pourtant, une école construite et un emploi offert permettraient de faire l’économie d’une violence sociale qui avilit aussi bien la victime que le bourreau. Une école heureuse est une société épanouie; une école studieuse et une jeunesse bien formée est le gage d’une société en devenir resplendissant, d’une société émergente non de mode, mais de principe et d’essence.
Dans la gangrène politique africaine, il est temps de penser aux générations futures, de former la jeunesse d’aujourd’hui pour bâtir une nation forte de demain et donner un véritable certificat de naissance à nos États. L’Heuristique de la peur dont parlait Hans Jonas, peut-il encore avoir un sens en Afrique? Avons-nous peur de devenir la risée des autres continents et des autres peuples? Avons-nous peur, dans certains pays, de tripatouiller des constitutions pour nous maintenir au pouvoir pour que l’histoire ne retienne de nous que notre seule grande intelligence ferme et fermée , la seule, apte et digne, capable de diriger nos États? Avons-nous peur de voir disparaître nos États du fait de nos aptitudes déviationnistes et délictueuses? Peur de notre nombrilisme à penser que nous sommes les seuls grands savants, les seuls éclairés et les seuls dignes de confiance? Où se trouve donc notre capabilité à honorer notre propre dignité, celle de nos peuples et notre race, à faire preuve de mesure et à demeurer des hommes de valeur? Nos lois fondamentales doivent être justes et respectées de tous. Une fois que le nombre de mandat fixé par la constitution est épuisé, vouloir user de subterfuges pour briguer un mandat de plus, c’est infliger au peuple l’infamie de trop. Les institutions doivent être fortes et impersonnelles et l’alternance régulière des personnes qui les incarne est nécessaire. Mais nos mégalomanes d’Afrique arborent une nouvelle veste : celle de "constitutionnaliste de circonstance" et de l’unique- homme-éclairé, seul capable de pouvoir diriger et gérer indéfiniment un peuple, son peuple, selon ses valeurs et ses faveurs. Ils imposent des constitutions personnalisées et ouvrent les vannes des déchirures identitaires. Le soleil d’une seule personne ne peut briller éternellement, en tous lieux et en tous sens, sans s’affaiblir, inexorablement. Une seule brindille ne fait pas le balai. Ces hommes qui s’identifient au pouvoir au point de vouloir s’y éterniser finissent par travestir les institutions sacrées. Ils redéfinissent alors les missions régaliennes de l’État suivant leurs vœux singuliers. Cette entorse à la démocratie et à l’émergence des nations africaines, pour se légitimer, brandit deux arguments fallacieux : le suffrage favorable du peuple et l’achèvement des projets entamés. Quelle crédibilité vouée à des régimes qui ne perdent jamais les élections qu’ils organisent ? Et puis, un programme non achevé n’est-il pas un cinglant aveu d’incompétence? Dans de telles situations, que faire?

Pour notre part, dans la batrachomyomachia africaine, nous pensons qu’il faut substituer à la porno-politique, la réalpolitique, la politique sociale objective, celle qui consiste à mener le débat, à faire re-venir le combat de la politique dans l’arène des idées, à respecter son éthique langagière et opposer à sa déréliction la sympathie du mot, l’humilité du verbe, la grandeur des signifiances et la reconnaissance du devoir-être. Au slogan de la division, nous entonnons l’hymne de la ré-conciliation; nous opposons au mépris, la reconnaissance de chacun et de tous; nous ne voudrions pas non plus être oublieux de notre histoire commune, très récente, bien que douloureuse. Nous pensons qu’il faut viser l’avenir et refuser de s’apitoyer sur nos meurtrissures passées. Les peuples qui restent recroquevillés sur leur passé sont incapables d’assurer leur propre présent et demeurent prisonniers de leur à-venir; ils ne sont plus maîtres d’eux-mêmes, ils appartiennent aux autres. Les peuples enclins à l’immobilisme identitaire desséchant et incapables de transcender leur passé, demeurent des proies faciles, des peuples faibles, sans ambitions, esclaves d’eux-mêmes, des autres et de leurs propres destins. Toute naissance est douloureuse, même par césarienne; il faut le réconfort et le savoir-faire du personnel médical pour que la poussée soit plus forte afin que de la douleur rejaillisse subrepticement le plaisir de l’enfantement, afin que du silence retentisse le cri perturbateur de la vie. Ainsi en va-t-il de l’avenir des nations conquérantes, du sursaut des peuples qui refusent de s’agenouiller, de se coucher et de refuser de se relever. Nous refusons de faire partie de ces peuples-là et d’être la honte des générations futures; nous refusons d’abdiquer. Nous ne nous obstinons pas à tourner le dos à notre passé, nous devons l’assumer, mais en l’affrontant courageusement, avec lucidité, non de dos, mais de face. Nous avons l’ultime conviction que demain, nos enfants liront de ce passé, de nouvelles pages glorieuses que nous aurions écrites ensemble, aujourd’hui, malgré nos différences. Nous avons foi en notre histoire, mais nous préconisons de taire notre passé rocambolesque pour que parlent le présent et le futur sans l’ignorer, pour que de son âme, scintillent les larmes de joie et de récompense après le labeur. Nous pensons que notre re-naissance nous oblige à reconnaître les efforts de notre peuple, mais aussi de chacun de nos dirigeants; un dirigeant n’est fort que parce que le peuple lui est obéissant et dévoué; et inversement, un peuple n’est fort et respecté que s’il a des dirigeants éclairés et courageux. Et les dirigeants ne sont éclairés et courageux que s’ils sont éduqués à la chose publique, à la république, et qu’ils n’ont pour boussole que la pensée et l’action.

Pour La Cellule Universitaire de Réflexion et d’Action pour la Côte d’Ivoire(CURACI)
[email protected]
Professeur Samba DIAKITÉ, Titulaire, Philosophie africaine, philosophie de la culture et du développement,Université Alassane Ouattara de Bouaké
Chercheur au Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées sur l’Afrique, Université du Québec à Chicoutimi, Canada

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