03/06/2026
[L’espèce hebdo - La Libellule déprimée] Un odonate haut en couleurs
🔎 La Libellule déprimée : son nom peut surprendre mais il n’est aucunement lié à un supposé comportement mélancolique. Il vient en réalité de la forme atypique de son abdomen, très aplati, comme « déprimé ». Cette jolie libellule se repère ainsi facilement grâce à son abdomen trapu et ses couleurs bleutées chez les mâles matures. Les femelles, comme ici sur la photographie, ainsi que les individus immatures, arborent quant à eux des couleurs brunes et jaunes. Pour un observateur non averti, lorsqu’ils sont en vol, femelles et immatures peuvent faire penser à première vue, à un gros frelon. Les larges taches noires à la base de chacune de ses ailes sont également caractéristiques et permettent de la distinguer des autres libellules.
🌿 La Libellule déprimée apprécie les petits plans d’eau peu profonds, peu pourvus en végétation et ensoleillés comme les mares nouvellement créées. C’est donc une espèce pionnière qui disparait lorsque la végétalisation du point d’eau augmente. On peut aussi la retrouver dans des zones plus végétalisées comme des prairies et des roselières où elle y chasse des insectes volants.
🧐 Cette libellule se rencontre principalement entre avril et juillet. Aux abords de la mare, le mâle défend vigoureusement son territoire contre les intrus qui ose s’y aventurer. Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs dans l’eau, accrochés à des éléments flottants. Les larves qui écloront se développeront entre 1 et 2 ans dans l’eau. Pour se nourrir, elles capturerons de petits invertébrés grâce à leur mâchoire inférieure propulsive, le labium. Lorsque les larves ont atteint la fin de leur développement, en général entre avril et mai, elles sortent de l’eau et s’accrochent à la végétation pour se métamorphoser en une libellule prête à voler vers de nouvelles mares !
📈 Comme de nombreux taxons liés aux zones humides, la modification ou la destruction des milieux sont les principales menaces qui pèsent sur les libellules. La Libellule déprimée, en tant qu’espèce pionnière, s’accommode cependant assez bien aux milieux perturbés. C’est une libellule commune que l’on peut croiser partout en France métropolitaine et que l’on rencontre souvent dans nos régions du nord-ouest.