Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé

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Le retour d'une mission d'enseignement chirurgical  et académique  au CHU  d'Antananarivo  avec  le Pr Le Nen, le Pr Dub...
28/09/2025

Le retour d'une mission d'enseignement chirurgical et académique au CHU d'Antananarivo avec le Pr Le Nen, le Pr Dubrana, le Dr Williams, le Dr Thepaut (interne) et Me Jacq infirmière. Dans des conditions sociales particulièrement difficiles à Antananarivo...

Des nouvelles du laboratoire d'anatomie. avec Thomas Doulaset l'Équipe interdisciplinaire européenne : Erik Zanchetta (c...
11/09/2025

Des nouvelles du laboratoire d'anatomie. avec Thomas Doulas
et l'Équipe interdisciplinaire européenne :
Erik Zanchetta (chirurgie plastique, AP-HP), Joël Savean(ingénieur, LaTIM), Dr Claire Saccardy (médecine légale, CHU Brest), Martin Moser (forgeron, Munich), Pr Christian Lefèvre (orthopédie, CHU Brest), Thomas Daoulas (chirurgie orthopédique, CHU Brest), Guillaume Reich (archéologue spécialiste des armes gauloises, Bibracte).

Travail de recherche duHier au laboratoire d’anatomie de la faculté de médecine Brest, une équipe interdisciplinaire s’est réunie pour mener un protocole d’archéologie expérimentale autour de la chirurgie antique.
Le travail a réuni médecins légistes, chirurgiens orthopédistes et plasticiens, archéologues, forgerons et ingénieurs. Cette collaboration a permis de tester des instruments reproduits d’après les modèles antiques et les traités médicaux, notamment ceux de Celse, un encyclopédiste du 1er siècle ap. J.-C.
Les interventions ont été réalisées par le Dr Thomas Daoulas (orthopédie, CHU Brest) et le Dr Erik Zanchetta (chirurgie plastique, AP-HP). Pour la première fois, différentes techniques de trépanation ont été reproduites et comparées en conditions expérimentales, permettant d’évaluer leurs avantages et limites, avec des critères comme le temps opératoire ou le risque de lésion méningée.
D’autres gestes décrits par les auteurs grecs et latins ont également été testés, comme le retrait deDEs pointes de flèches inspirées de la guerre des Gaules.
Ce travail, fruit d’une année de collaboration entre la France, l’Italie et l’Allemagne, aboutira à des publications scientifiques à la croisée de l’histoire, de l’archéologie et de la médecine.
Ensemble des fac-similés reproduits à partir du mobilier archéologique provenant de Rome, Pompéi, Rimini (Italie) et Bingen am Rhein (Allemagne). Des modèles de flèches ont été apportés par les archéologues pour reproduire et mieux comprendre les lésions qu’elles engendraient, et surtout pour comprendre comment les chirurgiens s’y prenaient pour les retirer.

22/12/2024

Un beau cadeau de Noël la présentation du séminaire de littérature animé par Guillaume Bronsard et ses amis…

Quatrième année de ce séminaire dans un endroit insolite le restaurant le Ruffé

Le succès ne se dément pas, le séminaire est ouverte aux internes et aux sixièmes années de médecine.

18/03/2024

Un film absolument à voir !
Le Pr Philippe Chiron (Toulouse) jeune orthopédiste retraité qui raconte son parcours retraite, du moins dixit pour les survivants, car à Toulouse une épidémie meurtrière touche tous les chirurgiens retraités dès leur première année de retraite ! Journées du CNU d'Orthopédie Brest 2023

28/01/2024

20 minutes de pur bonheur

Dominique Le Nen nous fait la lecture d'extraits de Johnny s'en va-t-en guerre (titre original en anglais : Johnny Got His Gun) un roman de Dalton Trumbo, publié en 1939.

Roman-clef de la littérature antimilitariste, le roman raconte l'histoire d'un soldat américain, véritable mort-vivant dont l’âme s’agrippe à un corps inerte. Le roman retrace, avec une grande puissance narrative, l’horreur absolue vécue à cause de la guerre.

un jeune Américain décide de s'engager pour participer à la Première Guerre mondiale. Au cours d'une mission de reconnaissance, il est gravement blessé par un obus et perd la parole, la vue, l'ouïe et l'odorat. Amputé des quatre membres les médecins ne le croient plus conscient. Sur son lit d'hôpital, il se remémore le passé et essaie de deviner le monde qui l'entoure. Une infirmière attentive parvient à communiquer avec lui par le seul sens qu'il lui reste, la sensibilité de la peau... Au coeur de la problématique sur l'accompagnement de la fin de vie ..

Bonjour à tousL'académie de chirurgie organise un congrès Chirurgie 4.0 le 7 et 8 décembre.Ci-joint le lien d'inscriptio...
29/11/2023

Bonjour à tous

L'académie de chirurgie organise un congrès Chirurgie 4.0 le 7 et 8 décembre.
Ci-joint le lien d'inscription et l'affiche.

Frédéric et Hoël

Cher(e)s Académicien(ne)s, Cher(e)s Collègues, Cher(e)s Ami(e)s,
Chers membres de notre Compagnie,

Les inscriptions à notre congrès Chirurgie 4.0 les 7&8 décembre sont ouvertes.
Pour vous inscrire gratuitement, cliquez sur le lien suivant : https://congres-chirurgie-4-0.b2match.io/

Le programme est de très haut niveau (en pièce jointe).

Il est d’une grande importance que notre communauté chirurgicale, organisatrice, soit massivement représentée.

Il en va de notre crédibilité à organiser ce type de manifestation donc de notre image, essentielle pour la promotion de nos projets donc notre futur.

Nous comptons sur vous pour vous inscrire dès aujourd’hui.

Avec nos cordiales et amicales salutations.

Pr Pascal RISCHMANN
Président
Pr Albert-Claude BENHAMOU
Président du Congrès
Pr Olivier JARDÉ
Vice-Président
Pr Hubert JOHANET
Secrétaire Général
Dr Jean-Claude COUFFINHAL
Président de la commission Innovations ANC

Chirurgie du Futur Rencontres Internationales Francophones Innovation Surgery Medtech Data Bloc Opératoire Simulation Jumeau numérique Robot VR 3D Augmenté

Bonjour Une publication récente de l'école d'orthopédie de Brest sur l'espérance de vie en bonne santé des chirurgiens. ...
10/11/2023

Bonjour
Une publication récente de l'école d'orthopédie de Brest sur l'espérance de vie en bonne santé des chirurgiens.
A lire ... les conclusions sont étonnantes.

Quelle est votre espérance de vie en bonne santé

Frédéric DUBRANA, Agathe YVINOU, Marie FERNANDEZ, Hoël LETISSIER
CHU Cavale Blanche
Service d’orthopédie
BREST

En 2007 l’un des auteurs écrivait : « Opérer n’est pas un geste mécanique, c’est un choix humain qui contrairement à ce que l’on pense est unique au moment de la décision, un choix humain dont les conséquences morales et physiques sont fortes. Il existe une surmortalité des chirurgiens. L’IMS des cadres ou professions intellectuelles est 0,6, celui des chirurgiens et des ouvriers est de 1,2 ! » Pendant 15 ans au gré des rencontres il déclama haut et fort cette inquiétante vérité, porteuse de travail, de pseudo respectabilité et de mort.
Quinze ans plus t**d victime de l’effacement des données, du changement d’ordinateur et de l’oubli mémoriel du temps, il ne trouve plus la preuve de son assertion. Mais, s’il c’était trompé, s’il avait involontairement fabulé ! Que resterait-il de la dizaine d’orthopédistes morts, parfois jeunes, que nous avons côtoyé au cours de nos carrières ? De la fatalité aveugle et inéluctable ou du hasard malheureux ?
Vous verrez qu’au terme de cet article on aura assez de preuves pour effacer les doutes et les interrogations.

1) Pour comprendre : quelques chiffres et définitions

Dans un article du monde dans la rubrique Pour comprendre le journaliste Dorian Jullien écrivait :
« Les Français vivent de plus en plus longtemps. En constante progression, l’espérance de vie est la durée de vie moyenne théorique d’un nouveau-né relatif aux conditions de mortalité de la période. Ainsi, une petite fille née en 2021 pourrait vivre en moyenne jusqu’à 85,4 ans, selon les conditions de mortalité actuelles, tandis qu’un garçon né la même année vivrait jusqu’à 79,3 ans, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Depuis 1950, femmes et hommes ont gagné une quinzaine d’années. Cette progression générale cache toutefois des inégalités, non seulement entre les hommes et les femmes, mais aussi selon les catégories socioprofessionnelles (CSP). En témoigne, par exemple, l’espérance de vie des hommes aujourd’hui âgés de 35 ans, qui s’élève à 84 ans pour un cadre, soit 6,4 ans de plus que pour un ouvrier, d’après les conditions de mortalité entre 2009 et 2013. L’écart est encore plus important si l’on compare avec une femme cadre du même âge, qui peut espérer atteindre 88 ans en moyenne. »

Par ailleurs, notons qu’a 62 ans, 25 % de la population française la plus pauvre est décédé alors que seule 5 % de la population française la plus riche est décédée.
Mais vivre plus longtemps ne signifie pas vivre en bonne santé. On est considéré en bonne santé si on n’est pas limité depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que l’ont fait habituellement. Il existe un indicateur qui correspond à l’espérance de vie sans incapacité, aussi appelée espérance de vie en bonne santé :
« En 2020, l’espérance de vie sans incapacité atteint 64,4 ans chez les hommes et 65,9 ans chez les femmes, selon l’Insee. Elle augmente légèrement, dans les mêmes proportions que l’espérance de vie. Cet âge théorique varie aussi en fonction des catégories socioprofessionnelles. Ainsi, 23 % des Français souffraient d’une limitation physique lors de leur première année de retraite en 2018, selon le ministère de la Santé. Une nouvelle fois, les plus touchés sont les ouvriers, 34 % sont contraints dans les activités de la vie quotidienne dès leur arrivée à la retraite. ».

Notons que les inégalités de durée de vie, à l’intérieur d’une même génération, ne sont pas corrigées par le système de retraite, comme le rappellent le Conseil d’orientation des retraites et le rapport de la DRESS de 2013. Cependant, de manière tacite, les régimes en tiennent compte, à travers les départs pour raison de santé ou d’incapacité́ :
« Ces inégalités d’espérance de vie génèrent des différences de durée passée en retraite : 5,3 années de retraite séparent hommes et femmes et parmi les hommes, les cadres peuvent espérer percevoir leur retraite 2,8 années de plus que les ouvriers. Pour les femmes, à l’inverse, les différences de durée de retraite sont plus marquées entre cadres et ouvrières que les écarts de durée de vie. Leur amplitude est comparable à celle observée dans la population masculine. Les durées de retraite varient selon le secteur d’activité́, elles sont plus élevées pour les retraités du secteur public. »

En conclusion, retenons qu’il y a plus de dix ans d’écart d’espérance de vie entre un homme ouvrier et une femme cadre et un peu moins pour la durée de retraite. Mais qu'en est-il des chirurgiennes et des chirurgiens, 10 ans aussi ?

2) Le constat historique

Au début du 19e siècle, le Pr Johann Ludwig Casper de Berlin dans les Annales d’hygiène publique écrivait :
« Il résulte enfin de tables que je ferai connaître plus t**d, combien la durée vitale des médecins est au-dessous de plusieurs autres professions. » « La mortalité parmi les médecins et les théologiens est comme 399 : 655 c’est-à-dire que sur 1000 médecins il n’y en a eu que 399 et sur 1000 théologiens 655 qui ont dépassé l’âge de 62 ans. De même que l’âge de 73 ans n’a été atteint que par 171 médecins, tandis que 327 théologiens y sont parvenus, etc... » « Puisque les hommes qui l’exercent sacrifient, comme il a été démontré par des chiffres, ou du moins abrègent leur existence, afin de protéger celle de leurs concitoyens. »

Pour Johann Ludwig Casper les médecins mourraient de leur profession :
« Il n’en est aucune qui, autant que la nôtre expose à des fatigues corporelles, à des influences fâcheuses de l’atmosphère, à des perturbations du repos de la nuit, à des veilles, à des irrégularités des repas, à des désordres de la digestion, à des affections morales de toutes espèces ; en un mot à un ensemble d’influence funeste continuellement alternante, et bien propres à saper peu à peu la santé. »

Casper rejeta avec force cette assertion satirique trop généralement répétée, que le sybaritisme abrège la vie des médecins. Le sybaritisme est une doctrine philosophique qui prône la recherche du plaisir, la religion chrétienne lui associe la luxure et l’indiscipline. Il est plaisant de noter que les religions condamnent les sybaritiques lors de la vie terrestre, leur réservant ces moments éternels de bonheur pour l’ailleurs et l’après. Casper pour justifier son point de vue, fit une pirouette intellectuelle, en quittant les faits et engageant la réflexion sur un terrain polémique en opposant les villes à la campagne. En effet, les médecins de campagne qui trépassaient en moyenne à un âge moins avancé que les médecins de ville seraient-ils des sybaritiques alcooliques inavoués :
« Dans le tableau qui a été exposé figurent beaucoup plus de médecins de campagne, que de médecins de villes, et surtout de grandes villes. Or, accuser nos médecins de campagne de luxe et bonne chère serait une satire par trop amère, et que ne mérite pas une profession qui, ainsi que nous avons tâché de le prouver, a les droits les mieux fondés à la reconnaissance publique… »

Mais quelques années plus t**d William Ogle après l’analyse des causes de mortalités des médecins : alcoolisme, goutte, calculs, maladie digestives, insuffisance hépatique, s’opposa à l’interprétation des chiffres de Johann Ludwig Casper, pour lui les médecins mouraient tout simplement de bonnes chères et de différents d’abus :
« Possibly the same explanation may account in some degree for the excessively high mortality of medical men from cirrhosis and other diseases of the liver, a mortality which is considerably more than twice as high as that of the general male population; but, see ingrown great also is the excess of mortality in the profession under such headings as gout, alcoholism, and calculus, not to speak of diseases of other digestive organs than the liver, it becomes difficult to resist the conclusion that the main part of the enormous mortality from hepatic diseases is due, despite the indignant protest of Professor Casper to the contrary, to the neglect on the part of medical men, as a body, of those wise rules of diet which they lay down for the guidance of their patients. »

3) Travailler pour mourir ?

Dans un article publié en 2013 au titre provocateur Worked to death deux auteurs expliquent que travailler plus de 55 h par semaine augmente chez les hommes le risque de mortalité comparer à ceux qui ont une activité de 35 - 40 heures : « These findings substantiate and add to the earlier studies indicating the deleterious impact of long working hours but also suggest that the effects are moderated by employment relations or conditions of occupation. The policy implications of these findings are discussed. »

Ceci est confirmé par une métanalyse récente qui porte sur 60 000 patients issus de quatre pays, elle suggère qu’il existe un risque plus élevé de décès de causes cardiovasculaire si on travaille plus de 55 heures par semaine :
« Follow-up of 50 health outcomes in four European countries suggests that working long hours is associated with an elevated risk of early cardiovascular death and hospital-treated infections before age 65. Associations, albeit weak, were also observed with diabetes, musculoskeletal disorders and injuries. In these data working long hours were not related to elevated overall mortality. »

Plus récemment, d’autres travaux ont souligné les mécanismes physiopathologiques :
« The recent pooled analyses suggest that increased cardiac electric instability and hypercoagulability might play a role. The evidence that long working hours is a risk factor for cardiovascular disease is accumulating and suggests a small risk. Studies on the effects of long working hours in high-risk populations and those with pre-existing cardiovascular disease, mechanistic research, and intervention studies are needed to advance this research field. »

Ces articles corroborent les revendications récentes des médecins anesthésistes brestois qui dans un bras de fer avec leur direction remettent en cause les heures additionnelles les faisant travailler plus de 44 h :
« Malgré toute notre bonne volonté, il nous est impossible de continuer à assurer la totalité des missions qui nous incombe sans la moindre perspective de recrutement. Les perspectives étant grevées, de plus, par une concurrence féroce, au niveau de l’attractivité pour nos jeunes collègues anesthésistes-réanimateurs, des centres hospitaliers publics de notre région. C’est pourquoi nous avons décidé de ne plus réaliser d’heures supplémentaires depuis le lundi 4 septembre et de fournir 44 h de travail hebdomadaire pour assurer la permanence de soins (5 lignes de garde plus 1 astreinte par jour) mais aussi la prise en charge des patients les plus urgents, en particulier de cancérologie. La décision d’arrêt du temps de travail additionnel a fait suite à un épuisement ressenti par les anesthésistes-réanimateurs depuis plusieurs mois et par la crainte de voir nos effectifs s’amoindrir encore avec des départs ou des arrêts maladie. L’urgence d’instaurer un tel mouvement était réelle, nos craintes étant que la situation ne s’aggrave encore un peu plus si rien n’était fait. »

4) Les médecins

Avant d’envisager une finitude prématurée par excès de travail, il nous faut répondre à la question simple sommes-nous une profession en bonne santé ? Malheureusement, peu d’articles concernent directement les chirurgiens orthopédistes, mais on trouve dans la littérature des articles généralistes sur le risque de la profession de chirurgiennes et de chirurgiens.

1. Mortalité en Pologne des chirurgiennes et des chirurgiens
Dans cette étude polonaise portant sur 189 459 médecins qui ont été recensés à partir du registre central des médecins. On note 6 496 décès de médecins et de dentistes entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2014, dont 722 chirurgiens. Les conclusions de l’article sont les suivantes :
- La durée de vie moyenne des femmes chirurgiennes est nettement inférieure à l’espérance de vie moyenne des femmes de la population générale.
- Les chirurgiens de sexe masculin vivent plus longtemps que la moyenne de la population masculine générale.
- Toutefois la durée de vie est significativement inférieure à l’espérance de vie attendue des autres personnes ayant fait des études supérieures : six ans de moins pour les hommes et 9 ans de moins pour les femmes.

2. Problèmes des personnalités chirurgicales psychopathiques
Le Time Magazine à partir du livre du psychologue Kevin Dutton The Wisdom of Psychopaths: What Saints, Spies, and Serial Killers Can Teach Us About a listé les professions qui comptent le plus de psychopathes . Les chirurgiens décrochent la cinquième place, juste devant les journalistes. Pour commencer, un psychopathe n’est pas obligatoirement quelqu’un qui va vous découper à la tronçonneuse , précise Eric Barker, journaliste au Time magazine, ce sont des personnalités qui ont souvent un ego surdimensionné, qui n’admettent la contestation qu’avec parcimonie et qui masquent leurs émotions. Dans l’article, ils ont classé les professions en deux groupes les moins et les plus psychopathes. Parmi les professions les plus psychopathes, on trouve : les chefs d’entreprises, les avocats, les animateurs de télévision et les chirurgiens… Parmi les moins psychopathes, on a : les aides à domicile, les infirmières, les médecins et les travailleurs sociaux… Mais, pas d’inquiétude, car selon le Larousse, la psychopathie est un état de déséquilibre psychologique caractérisé par des tendances asociales sans déficit intellectuel ni atteinte psychotique .

Dans une étude plus sérieuse, J. Pegrum et O. Pearce dans The Bulletin of the Royal College of Surgeons of England , ont étudié les traits de personnalités en utilisant comme questionnaire la forme abrégée de l’Inventaire de personnalité psychopathique (PPI-SF). En novembre 2012, 420 membres du personnel consultant de 6 hôpitaux ont reçu une lettre de motivation leur demandant de suivre le lien intégré vers le questionnaire. Les chirurgiens et les pédiatres ont obtenu les scores les plus élevés au PPI-SF, avec des scores de 138 et 148 les classant dans les personnalités psychopathiques. Trois facteurs de risques caractérisent les chirurgiens, deux intrinsèques au score PPI-SF, l’immunité au stress et l’intrépidité. Un facteur extrinsèque augmente le risque, la fonction universitaire, les personnalités psychopathiques les plus fréquentes se trouvent chez les chirurgiens qui ont une fonction universitaire !

3. Les chirurgiens anglo-saxons
Il existe de nombreuses publications s’intéressant à l’épuisement au travail chez les chirurgiens américains, l’une des plus citées est celle de Tait D Shanafelt et collab. Burnout and career satisfaction among American surgeons . Cette étude a montré :
« Sur les 24 922 chirurgiens échantillonnés, 7 905 (32 %) ont répondu au sondage. Les intervenants pratiquaient depuis 18 ans, ils travaillaient 60 heures par semaine et étaient de garde 2 nuits/semaine (valeurs médianes). Dans l’ensemble, 40 % des chirurgiens répondants étaient épuisés, 30 % présentaient des symptômes de dépression et 28 % avaient un score de qualité de vie mentale > 1/2 écart-type inférieur à la norme de la population. »
La conclusion des auteurs est la suivante : « L’épuisement professionnel est courant chez les chirurgiens américains et constitue le principal indicateur de la satisfaction des chirurgiens à l’égard du choix de carrière et de spécialité. »

Dans une r***e systémique portant sur 71 articles, les auteurs concluent :
« Les chirurgiens ont une prévalence élevée d’épuisement professionnel, de morbidité psychiatrique et de dépression, avec des taux d’idées suicidaires plus élevés que la population générale. Les facteurs professionnels contribuent de manière significative à ces phénomènes. Bien que les facteurs personnels et familiaux soient protecteurs, ils sont érodés par l’impact écrasant des facteurs professionnels ».

4. Les troubles musculosquelettiques
Dans un article du Quotidien du médecin d’avril 2023, le Dr Isabelle Catala en s’inspirant des études nord-américaines pense que 90 % des chirurgiens orthopédistes souffrent de troubles musculosquelettiques (TMS) :
« Alors qu’une très grande majorité des chirurgiens orthopédistes souffre de troubles musculosquelettiques, les praticiens français ne se sont pas encore approprié ce sujet dans sa dimension prévention. Un ret**d qui se paye en perte d’habilité per-procédurale et en arrêt de travail… Conséquence prévisible : le rachis souffre tout comme les articulations et les tendons. Interrogés sur le sujet des TMS, les orthopédistes parlent d’aggravation de lésions préexistantes et de pathologies de novo. Les auteurs des articles insistent aussi sur les risques d’absentéisme liés aux douleurs et surtout — comme c’est souvent le cas aux États-Unis — sur les risques d’erreurs médicales (par perte de l’habileté manuelle ou générale) et les procès qui en découlent… »

Dans les pays anglo-saxons, les études montrent que :
« L’affection la plus fréquemment signalée était la lombalgie (56 %), suivie de la cervicalgie (42 %), de la tendinite de la coiffe des rotateurs (33 %), du syndrome du canal carpien (33 %). D’autres affections étaient rapportées par 32 % des personnes interrogées : épicondylite latérale (30 %), fasciite plantaire (29 %) et arthrose de l’articulation basilaire (28 %). Les atteintes signalées par moins de 30 % des répondants comprenaient le syndrome du tunnel cubital, la sciatique, la radiculopathie lombaire, la radiculopathie cervicale, le doigt à ressaut, la tendinite du biceps, la ténosynovite de De Quervain, l’épicondylite médiale et l’atteinte de l’articulation acromio-claviculaire. Proportionnellement, les chirurgiens hommes ont rapporté des taux plus élevés d’épicondylite médiale (p = 0,040), d’épicondylite latérale (p ≤ 0,001), de lombalgie (p = 0,001) et de radiculopathie lombaire (p = 0,001) que les chirurgiennes femmes. »

Depuis 2010 une dizaine de thèses ont été écrites sur la prévention et la prise en charge des troubles musculosquelettiques chez les chirurgiens-dentistes français, mais aucune étude porte sur les chirurgiens, pour pallier ce manque de données nous avons lancé au CHU de Brest une enquête nationale pour connaître le taux exact de TMS en France en 2023.
L’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a publié un rapport en 2022 sur la Photographie statistique de la sinistralité au travail en France selon le sexe entre 2001 et 2019 . Dans ce rapport, elle précise que 88 % des maladies professionnelles déclarées sont des TMS, il existe un indice de gravité des maladies professionnelles = somme des taux d’IPP sur la somme des heures de travail x 1 000 000. L’indice de gravité est de 0,3 chez les cadres et de 14,3 chez les ouvriers et l’indice de fréquence qui correspond au nombre de maladies sur le nombre d’heures travaillées x 1 000 000, il est de 2,7 chez les cadres et de 32,4 chez les ouvriers. On peut penser que chez les chirurgiens l’indice de fréquence rejoindra celui des ouvriers et que celui de gravité — en l’absence de reconnaissance de leurs pathologies — sera très bas se rapprochant de celui des cadres.

5. Les universitaires
Dans une étude récente, Martin Dres et collab. se sont intéressés au corps professoral des hôpitaux universitaires en France :
« Il existe une forte prévalence des symptômes d’épuisement professionnel, de tension au travail et d’idées suicidaires. Des efforts visant à développer des services de soutien au corps professoral dans chaque hôpital universitaire sont clairement nécessaires. Les jeunes professeurs ont été les durement touchés. Leurs intentions, fréquemment exprimées, de changer de parcours professionnel, constituent un signal d’alarme retentissant pour les hôpitaux universitaires quant à leur capacité future à recruter des collaborateurs performants. Les hôpitaux universitaires et les administrateurs qui les gèrent doivent s’attaquer à la forte baisse actuelle de l’attractivité de l’emploi dans leurs établissements. De plus, des stratégies visant à renforcer la promotion du soutien mutuel, du respect mutuel et de l’équilibre travail-vie personnelle sont justifiées. »

6. L’étude française
En 2019 l’équipe de Laurent Obert a publié la seule étude française s’intéressant spécifiquement aux chirurgiens orthopédistes : Are French orthopaedic and trauma surgeons affected by burnout? Results of a nationwide survey. Les conclusions de G. Faivre et collab. sont sans appel :
« Malgré un taux de réponse de seulement 23 % (n=441/1 900), la présente étude met en lumière les taux d’épuisement professionnel chez les chirurgiens orthopédistes français, avec 39 % de symptômes d’épuisement professionnel et 10 % d’épuisement professionnel sévère. L’épuisement professionnel a un impact sur la vie personnelle et professionnelle, avec une augmentation des idées suicidaires et une qualité de vie altérée. Les présents résultats confirment l’importance du dépistage et du traitement chez les prestataires de soins. »

7. Les addictions
Les chirurgiens et plus particulièrement les chirurgiennes ont une tendance sybaritique préférant se détendre ici et maintenant plutôt qu’ailleurs et après, on ne sait jamais ! Les études sur la consommation alcoolique sont nombreuses et depuis une décennie maintenant, elles intéressent plus particulièrement les chirurgiennes.

Une étude allemande précise que le taux de buveurs excessifs est plus élevé chez les médecins hospitaliers en Allemagne que dans la population générale. Cependant, certains médecins hospitaliers boivent de manière hasardeuse, le risque étant plus élevé chez les hommes et chez les chirurgiens.

En Belgique Joos et collab. rapportent une alcoolisation ponctuelle importante notamment chez les chirurgiennes : In addition, female surgeons had very high rates of monthly binge drinking compared with other (female) specialists. Cette étude est confirmée par Rosta et collab. qui notent en Norvège une alcoolisation hasardeuse importante chez les chirurgiennes : Female surgeons practising in Norway drink more frequently and more hazardously than other female doctors. There are a number of possible explanations for this. Surgical culture may be an important factor.

En Inde des recommandations ont été publiées par Bhattacharya et collab. Elles sont simples à suivre , ils proposent comme pour les pilotes d’avion pas d’alcool dans les 12 h avant la chirurgie : As Rule 24 of the Aircraft Rules states that the pilot and the crew members are not allowed to consume alcohol 12 hours before the commencement of a flight, the same rule should be applicable for surgeons where no alcohol consumption should be the dictum for 12 hours preop. L’Indian Medical Association a émis un avis selon lequel les médecins doivent s’abstenir de boire avec des non-médecins dans les lieux publics et que la limite de sécurité devait être de 18 ml pour les hommes médecins et de 9 ml pour les femmes médecins.

5) Conclusion

Notre métier nous use physiquement, psychologiquement, et certains d’entre nous ont des traits de personnalités et de fragilités conférant à la psychopathie. D’autres, une grande majorité subissent l’épuisement au travail, le stress au travail et ont parfois des idées suicidaires.
Nos habitudes de vie, surtout semble-t-il pour nos jeunes consœurs, sont sous la surveillance des épidémiologiques. Nous buvons trop, de manière : excessive, hasardeuse et parfois chronique. Mais avant tout notre métier est en danger, un danger que nous connaissons, que nous reconnaissons facilement chez les autres. Nous travaillons trop, car faire plus de 60 heures de travail par semaine est peut-être un but en soi (argent, notoriété, puissance, invocation divine, demande des malades…) mais ce n’est aucunement un facteur de vieillissement en bonne santé. Pour ceux qui doute et qui ont plus de 50 ans faite cette expérience : fermer les yeux et penser aux collègues que vous avez côtoyés et qui sont déjà mort, vous pouvez élargir et remonter aux 10 premières années de retraite de vos collègues et de vos patrons !

En conclusion, nos conseils seront simples et l’arrivée de nos jeunes consœurs doit être un signal fort qui augure d’un changement, prenons tous ensemble le bon chemin :
- Ne pas se tuer au travail et évitons de mourir en travaillant, pire solitaire dans notre bureau.
- Privilégier une vie familiale de qualité.
- Travailler en équipe.
- Respectons les autres et arrêtons de combattre les administratifs. N’oubliez pas : qu’ils gèrent des millions (proche du milliard) qu’ils doivent coordonner des centaines de femmes et d’hommes à très haut potentiel, des hommes et des femmes qui ont fait en durée le double de leurs études ! N’oublions pas qu’ils subissent de plein fouet la pression de plans gouvernementaux souvent variables et une surveillance constante des ARS.
- Boire raisonnablement (messieurs et mesdames) et jamais dans les 8 h qui précèdent une intervention. Attention les 12 h si vous êtes un chirurgien indien ; pour les Français on s’accorde le verre solitaire de la veille au soir.
- Bien dormir.
- Si vous faites une carrière universitaire, donner une réalité à votre triple mission, et imposer à l’hôpital que 50% de votre temps soit universitaire. Si vous le souhaitez et si vous le pouvez, éviter un arrêt prolongé à la fonction de MCU-PH qui manque crucialement de reconnaissance administrative et financière.

Commençons et continuons…

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22 Rue Camille Desmoulins
Brest
29238

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