24/03/2016
IMPORTANT - MESSAGE DE MONSIEUR LE DOYEN
"à relayer sur les réseaux sociaux message du Doyen de la faculté de Brest:
Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous informer et vous demander votre soutien.
Une de nos étudiantes de L2 AES, de nationalité haïtienne, est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, pour situation irrégulière au regard de la réglementation sur les visas. Astreinte à résidence depuis un mois, elle doit se présenter quotidiennement au commissariat de police, obligation dont elle s’acquitte scrupuleusement. Elle a reçu mardi matin la visite de la police à son domicile, et il lui a été demandé de prendre ses dispositions pour prendre place sur un vol imminent la reconduisant dans son pays.
Cette étudiante, régulièrement inscrite à l’UBO depuis la rentrée 2014, a depuis lors suivi avec assiduité tous les enseignements de la L1 et de la L2 d’AES, et passé avec succès ses examens du S1, du S2 et du S3, étant à chaque fois admise dès la première session et sans points de jury. D’une grande discrétion, elle a tenté de régulariser par elle-même sa situation sans prévenir, jusqu’à ces derniers jours, les services de l’université et de la faculté. Nous avons découvert mardi la situation dramatique dans laquelle elle se trouve. Elle souhaite pouvoir terminer sa licence à Brest, et est effondrée face à la perspective d’expulsion imminente qui venait de lui être annoncée.
Etant donné la situation personnelle dramatique dans laquelle elle se trouve, mais aussi l’exemplarité de son insertion dans notre faculté depuis deux ans, j’ai immédiatement saisi le président, qui a lui-même, très rapidement, contacté le préfet. Celui-ci a en effet le pouvoir d’annuler la mesure qui a été annoncée à l’étudiante, et, au delà, de lui accorder une admission exceptionnelle au séjour qui lui permettrait de poursuivre ses études en vue d’obtenir sa licence dans notre université (au regard de ses résultats antérieurs et du grand courage dont elle fait preuve, je ne doute pas de ses capacités à y parvenir dès l’an prochain).
Depuis 48 heures, nous mettons tout en œuvre pour tenter d’obtenir cette mesure. En dépit des efforts déployés par le président et son chef de cabinet, le résultat est loin d’être acquis. Je compte saisir l’occasion qui m’est donnée, demain, par la venue dans notre Faculté du ministre de la justice (par ailleurs ancien directeur du département AES) et du préfet du Finistère dans le cadre de la finale du concours d’éloquence StarDroit pour évoquer publiquement la question, et demander aux autorités de l’Etat de prendre une mesure humanitaire en faveur de notre étudiante.
J’aurai besoin de votre soutien. Je vous remercie à l’avance de celui que vous voudrez bien m’accorder. Il pourrait être particulièrement utile au moment des paroles que je prononcerai en public, en ouverture de la finale demain apres-midi
De mon côté je ne manquerai pas, bien entendu, de vous tenir au courant des développements de cette affaire. Il y va, me semble-t-il, de l’honneur de notre institution de tout mettre en œuvre pour qu’elle trouve une issue heureuse, humaine et raisonnable.
Bien cordialement
Jean Boncoeur.
PS: le CA de l'UBO vient de voter, a l'unanimité, une motion dont voici le texte :
"Le Conseil d'Administration de l'UBO réuni ce jeudi 24 mars 2016 apporte son soutien à Monsieur le Doyen de l'UFR Droit et Sciences Economiques et à Monsieur le Président de l'UBO dans toutes les démarches qu'ils ont engagées en vue de permettre à Madame ...., étudiante en L2 d'AES, de finir sa licence d'AES à l'UBO. Le CA en appelle à Monsieur le Préfet du Finistère pour qu'il accorde à Madame .... une "admission exceptionnelle au séjour" pour qu'elle puisse terminer sa licence."
Il s'agit à n'en pas douter d'un très sérieux soutien à la cause pour laquelle je vous écris aujourd'hui."