12/05/2026
Une semaine si riche en émotions qu'il m'a semblé essentiel de sortir de la rigueur académique. Avant tout, permettez-moi ce langage familier pour vous raconter avec simplicité mon vécu 🤭
Cette semaine a été plutôt tranquille côté organisation, un vrai bol d'air reposant.. sauf que quelques départs déchirants au service m'ont secouée en profondeur. Ça me rappelle sans cesse que soigner, c'est bien plus que des gestes techniques : c'est plonger dans une relation humaine, souvent muette, mais toujours pleine de sens.
Accompagner quelqu'un de malade, ce n'est jamais anodin. Au quotidien, on se lie, on s'attache sans même s'en rendre compte. On entre dans leur intimité : on discute, on les touche, on les soutient dans leurs moments les plus fragiles. En Afrique, le toucher est un langage à part entière. Une main douce sur l'épaule, une couverture pour les réchauffer, un regard qui dit "je suis là" – ça vaut tous les discours du monde. On accueille les familles aussi, on les écoute, on tente de les apaiser malgré l'angoisse. Difficile, dans ces cas-là, de garder le cœur blindé.
Chaque patient porte son histoire unique, qui le rend si humain, si attachant. Cette semaine, un instant m'a marquée au fer rouge. Pendant un soin, j'ai papoté avec lui de sa famille, de ses enfants, pour l'éloigner un peu de sa maladie. Le lendemain, sa femme et ses gosses débarquent. À deux chambres de là, je l'entends m'appeler par mon prénom, tout fier, pour me présenter à eux – les yeux brillants de larmes. "papa pourquoi tu es triste ?", que je lui demande (oui selon votre âge vous pouvez être un fils ou fille, un père ou une mère de quelqu’un d’autre, et ça c’est une autre histoire si vous voulez que j’en parle faite le moi savoir et on verra). "Ce sont des larmes de joie, la joie de revoir mes enfants", qu'il me répond. Ce moment tout simple, si vrai, m'a touchée. Il m'a rappelé que derrière chaque maladie, chaque traitement ou pronostic, il y a une personne, une vie, des liens profonds.
Ces instants-là me confirment que je suis au bon endroit. Soigner, ce n’est pas seulement panser le corps ; c'est apaiser l'âme, offrir du réconfort, de la dignité dans l'épreuve. Même quand tout semble sombre, on garde une étincelle d'espoir. Garder la vie, entretenir cet espoir, accompagner avec le cœur : voilà ce qui fait l'infirmière, pour moi. Ces départs m'ont fait cogiter sur la fragilité de la vie, et sur notre rôle si précieux dans les tout derniers instants.
Heureusement, j'ai eu quelques jours off pour recharger les batteries. J'en ai profité pour filer à Assinie – oui, Assinie-Mafia, ce paradis à 85-94 km d'Abidjan, avec sa presqu'île magique accessible en pirogue, ses plages de cocotiers, ses hôtels chics et son calme océanique. Ce break m'a permis de lâcher prise sur les écrits, bilan de stage pour ceux qui sont à l’international (merci Gwénola 🤓), les analyses de situation, tout ça. J'ai déconnecté, respiré, et je suis revenue plus zen, avec du recul et de l'énergie pour la suite.
🇨🇮 Yedess 🇨🇮