31/05/2020
L’impact du confinement sur notre alimentation ?
Des Français qui n’ont jamais autant privilégié le local et la qualité dans leur assiette, une demande qui s’est envolée (+ 350% pour les fruits et légumes, les féculents, la farine, le lait, …), des produits qui ont parfois paradoxalement disparu des rayons ou été stockés dans l’urgence, faute de débouchés (fromages AOP, viandes, vins, …), des hausses vertigineuses de prix pour certains aliments (+ 25% du prix de la viande, des fraises à 16€ le kilo, …), des solidarités qui ont fleuri ci et là pour venir en aide aux producteurs, des plateformes d’intermédiation et de vente directe qui se sont démultipliées, dans une France de plus en plus attachée à son agriculture, mais de moins en moins paysanne (10 millions d’agriculteurs en 1945, moins de 450 000 aujourd’hui…).
C’était tout le sujet l’émission “Le téléphone sonne” du 30 mai, à réécouter à volonté ici.
Pour le sociologue François Purseigle, “cette crise a montré que l’agriculture était une activité indispensable - se nourrir, se loger, se soigner - mais attention à ne pas nous réveiller demain avec une agriculture sans agriculteurs et une production locale portée par d’autres acteurs.”
“Il faut analyser cette crise sous deux angles : celui de la capacité à produire, et celui de la capacité à commercialiser cette production locale et diversifiée, notamment l’échelle locale.”
“Il va falloir repenser l’organisation de nos systèmes alimentaires, sans tout faire reposer sur les épaules des seuls agriculteurs. Il va falloir aider, protéger, ces hommes et ces femmes qui nous nourrissent au quotidien et là chacun a un rôle à jouer : producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs, puissance publique, mais aussi banques et assurances, ..”
“Autant de questions sur lesquelles nous travaillons avec mes collègues de Montpellier SupAgro et PURPAN dans le cadre de la Chaire In’FAAQT, pour accompagner la transition des filières agricoles, en analyser les forces et les faiblesses socioéconomiques, clarifier le paysage des marques et labels alimentaires pour le consommateur, redonner de la valeur, du prix, aux produits de nos territoires, travailler sur des dispositifs innovants en termes de performances durables, et mettre l’accent sur le renouvellement des générations, l’action collective, toutes les formes innovantes d’organisation du travail qui permettront d’assurer le maintien et le renouvellement des appareils de production sur le territoire.”
La Chaire In’FAAQT est pleinement mobilisée face à la crise que nous traversons et qui s'annonce. À nous en effet, acteurs de la recherche et de la formation, d’apporter des réponses, scientifiquement étayées, tangibles, de travailler avec les acteurs concernés à la résilience des systèmes agricoles et alimentaires pour parvenir, demain, à nous nourrir, tout simplement.
Quels que soient nos métiers, nos convictions, nos situations personnelles et professionnelles, nous sommes toutes et tous concerné.e.s. Il ne s’agit pas seulement de sauver un certain art de vivre, mais bien plus largement de vivre et de construire ensemble, demain, dès maintenant, le monde d’après.
L’agriculture ce n'est "que" ça et c’est tout ça à la fois.
Ne l’oublions.
(In'FAAQT est une chaire d'enseignement et de recherche dédiée à l'innovation économique et sociale des filières agricoles et agroalimentaires engagées dans des démarches de qualification. Elle est portée par l'Ensat, l'EI Purpan, l'InstitutAgro-Montpellier SupAgro, l'IRQUALIM et le Fonds de Dotation de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées)
Manger local, c’est ce que souhaitent beaucoup de Français, mais souvent, cela coûte plus cher…sauf à privilégier les circuits courts. Produire et manger local à un prix raisonnable pour celui qui achète et suffisant pour celui qui vend, est-ce que notre filière agricole telle qu’elle f...