17/06/2026
C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon. Et c’est à ses plans d’intervention qu’on évalue le coach.
Certes, au préalable, il y a la capacité à décrire le problème du client. Exemples :
• il n’arrive pas à affirmer son autorité,
• il se laisse déborder par ses émotions,
• il a du mal à communiquer avec certains profils,
Etc.
Il y a aussi la capacité à poser un diagnostic, à remettre du mouvement là où le problème fige une situation :
• en quoi la personne alimente-t-elle son problème ?
• quels bénéfices retire-t-elle du statu quo ?
• où agir pour que le problème évolue ?
Etc.
Mais décrire une situation et diagnostiquer ce qui coince, ça ne répond pas à la question clé : maintenant que j’ai compris ce qui se joue, je fais quoi ?
Or, la difficulté à passer à l’action est inconfortable et alimente le syndrome de l’imposteur. Je l’ai vécu lors de l’un de mes premiers coachings.
Le problème de mon client, directeur d’un site industriel, était de ne pas savoir agir avec autorité.
Le mien, c’était de lui définir un plan d’intervention digne de ce nom. Je n’étais pas assez outillé pour ça.
Je tâtonnais. J’essayais différentes pistes. Je doutais.
Comme un marathonien bloqué en vitesse de croisière, alors qu’il aurait dû accélérer.
C’est la pratique et la construction progressive de plans d’intervention qui m’ont apporté efficacité et sérénité.
J’ai appris à faire le tri parmi tous les chantiers possibles, même dans les situations simples.
Exemple : un cadre licencié qui entame une recherche d’emploi, c’est à la fois une rupture d’attachement, un deuil, une estime de soi bousculée, une opportunité pour clarifier ses aspirations… Liste non limitative.
J’ai appris à déterminer si j’engage un coaching de performance, de soutien, de crise, de développement ou de guidance.
J’ai appris à définir si je visais des changements comportementaux (changement de type 1), ou un travail sur les représentations, les valeurs et les croyances (type 2), avec des incursions dans l’intrapsychique.
La durée et les modalités du coaching en découlent.
J’ai appris à jongler entre différents cadres de référence. Exemples : je recours volontiers à l’analyse transactionnelle pour la plupart de mes coachings. Ou à l’analyse systémique, très « prescriptive », si j’accompagne un changement de type 1.
Mais la systémie ne cherche pas à résoudre le problème du client, sinon à lui faire changer de perspective par recadrage (logique interne) et prescriptions (comportement). Donc, je l’exclus pour les personnes en pleine déflagration émotionnelle.
Un plan d’intervention bien ficelé, c’est une carte, une boussole, un calendrier et une feuille de route. Il donne confiance au coach et sécurise son client : il y a un pilote dans l’avion.
Dommage qu’il soit négligé par beaucoup d’écoles de coaching, plus axées sur les outils de description et de diagnostic.
Jérome Curnier