03/10/2026
Je relaie le message d'un autre professeur. Si j'écris moi-même ça va aller chercher dans les 26 pages.
"Que se passe-t-il ?
Oui, les violences sont insupportables.
Quand les enseignants vous alertaient pendant 30 ans sur le désastre des réformes, et l'état déplorable des écoles, vous les traitiez de grincheux.
En réalité, l'École brûle de partout, intérieurement, à cause de réformes successives et nuisibles. Et nous arrivons à l'os, on ne peut plus mettre de sparadrap pour masquer le torrent.
Inclusion qui devient ingérable, postes vides, locaux indignes, de moins en moins d'heures de cours.
Et des jeunes, (l'interdiction du portable les a peut-être aussi sortis de leur torpeur), ont commencé à dénoncer avec force l'état de leur école.
Avez-vous déjà été dans un lycée où les portes claquent en permanence, où certains sont malades à force de se retenir d'aller aux toilettes, où leurs chances, sont finalement moins ouvertes que celles de leurs parents ?
C'est révoltant.
Bien sûr, il y a une partie de la jeunesse, qui suit sans savoir, certains cherchant l'aubaine pour faire n'importe quoi.
Il y a ainsi des choses graves et condamnables qui surviennent, et cela nuit complètement au mouvement.
À tous les adultes, sachez que l'École des enfants d'aujourd'hui, n'est pas celle que vous avez connue, ni celle des années 80, ni même celle des années 2000 : locaux détériorés, postes DURABLEMENT non pourvus...
Les jeunes comprennent qu'on les néglige.
Ils constatent que leurs parents ont bénéficié de meilleures conditions.
Les services publics sont globalement de plus en plus en berne, après des années de libéralisme chatoyant, qui n'améliore jamais la situation, contrairement à ce que l'on nous clame (le fameux : fermer des lits pour sauver l'hôpital, fermer des classes pour sauver l'École...).
Et pourtant, de l'argent IL Y EN A !
Il n'y a jamais eu autant de milliardaires, de bénéfices boursiers, pendant qu'on demande à la majorité de se serrer la ceinture.
En discutant avec certains élèves, je comprends aussi que ce qui a été sous-estimé, c'est le décor pourri qui s'offre à eux : les boulversements climatiques à venir, et une école ultra-inégalitaire, finalement point de salut hors du piston, contrairement à d'autres pays.
Ce qui a changé aussi, c'est qu'avant, bien travailler portait ses fruits.
Beaucoup constatent que la génération de leurs parents s'est donnée à fond au travail, pour être parfois virés comme des malpropres au bout de 20 ans d'usine. Parce que c'est moi cher de faire fabriquer au bout du monde quelque chose dont on a besoin ici.
Il n'y a plus vraiment de sens, dans une surconsommation totale et insensée qui nous détruit.
Je crois beaucoup de jeunes ont compris qu'ils n'avaient qu'une vie.
Et, dans un monde si inégalitaire, certains disent qu'il ne souhaitent pas la gâcher.
Voilà, je n'excuse rien, j'essaie de comprendre.
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut soutenir l'École.
Ce qui est sûr, c'est qu'une autre organisation de la société, plus juste, est possible."