18/11/2025
⛏️ Mali : Or, lithium… mais qui va vraiment s’enrichir ?
Avec le nouveau code minier et l’arrivée des grands projets de lithium, on entend souvent : « le Mali va devenir riche ».
Sur le papier, l’État prendra une plus grande part dans les projets : bonne nouvelle.
Mais la vraie question, c’est : est-ce que les populations autour des mines verront leur vie changer ?
Des études sur le boom de l’or au Burkina Faso et au Mali montrent que :
1. près des sites artisanaux, quand le prix de l’or augmente, la consommation des ménages augmente fortement ;
2. près des mines industrielles, l’ouverture d’une grande mine n’améliore pas vraiment le niveau de vie moyen, malgré des milliards investis.
Pourquoi ?
Parce que l’orpaillage artisanal fait vivre directement les gens des villages, alors que les mines industrielles emploient peu de monde et renvoient une grande part de la valeur vers l’extérieur (actionnaires, fournisseurs, etc.).
Parfois, l’arrivée d’une mine industrielle chasse les orpailleurs, ce qui crée frustrations et tensions locales.
Pour le Mali avec l’or et le lithium, les questions sont claires :
👉 Va-t-on répéter un modèle où le pays « gagne » en chiffres macro, mais où les villages minières restent pauvres ?
👉 Comment organiser la redistribution des revenus miniers vers les communes, les écoles, la santé, l’électricité, les routes ?
👉 Quelle place donne-t-on aux formes d’extraction artisanale comme source de revenu pour les plus pauvres ?
Dans mes travaux sur culture, institutions et industrialisation, je montre que tout dépend de ce que font les élites avec ces rentes :
-soit on reste dans une culture de rente (captation à court terme, clientélisme),
-soit on en fait un levier pour une véritable base productive : industrie locale, infrastructures, formation, emplois qualifiés.
Au fond, la question n’est pas seulement « combien l’État va toucher ? »
La vraie question, c’est :
💬 Quel modèle minier pour quel projet de société au Mali ?