04/12/2022
Fils d'un riche planteur de l’île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, Dominguez se rend à Paris en 1927 à la demande de son père afin de surveiller les arrivages de fruits en provenance du domaine familial. Déjà sensibilisé à l'art par son père qui est peintre amateur, il s'intéresse à tout ce qu'il découvre dans les galeries, musées et Salons parisiens.
Fin 1933, Dominguez rencontre enfin les surréalistes. Sa peinture, dont les thèmes poétiques décalés sont très proches de ceux de Dali et d'Ernst, séduit André Breton et Paul Éluard. Il participe immédiatement aux activités du groupe. Il est présent, en 1933, à l'exposition d'objets surréalistes à la galerie Pierre Colle à Paris ; puis, en 1934, à L'Exposition internationale du surréalisme de Copenhague.
Sur cette toile, un homme de dos et une femme de face, aux formes étirées, s'enlacent. On retrouve de telles figures dans L'Ouvre-boîtes (1936), Femmes aux boîtes de sardines (1937), l'illustration pour Les Chants de Maldoror de Lautréamont (1937). Ces distorsions permettent la fusion des deux corps. Ils tiennent le fil d'un diabolo. Un voile, qui dissimule le couple et cache en grande partie le ciel, est retenu par deux clous plantés dans le sol. Cette image décalée, à la fois absurde et poétique, révèle le rêve de Dominguez qui, à cette époque, était totalement traumatisé par la guerre civile en Espagne.