22/02/2022
[Pour un nouveau souffle de l’Université]
A quelques mois des élections présidentielles, et alors que le débat politique est saturé par des polémiques stériles qui n’intéressent pour ainsi dire personne, force est de constater que la question des étudiants et de l’Université est largement occultée des enjeux mis en avant. Pourtant, c’est précisément à l’Université que se joue une partie importante de la vie des étudiants en particulier, et de la société française en général.
Vie de chacun des étudiants, car, cela nous est rappelé chaque jour, notre parcours au sein des études supérieures aura une influence décisive sur notre futur, au moins professionnel. Protéger l’Université, c’est protéger ce qui nous construit peu à peu et ce qui nous lance dans notre monde d’après, dans notre monde d’adulte.
Vie de la société française, car l’Université, les luttes politiques et les transformations plus ou moins secrètes qui s’y déroulent, sont le reflet des évolutions de notre époque, et plus spécifiquement du modèle que nous souhaitons donner à la société. Protéger l’Université, c’est protéger un idéal du service public à même de fournir à toutes et à tous des voies pour se développer, c’est protéger un savoir qui est libre et pur parce qu’il est gratuit et se suffit à lui-même, c’est protéger l’héritage des Lumières qui nous gouverne et rappeler que l’émancipation viendra de l’éducation, de l’égalité et de la fraternité.
Pourtant, quel que soit le noble statut de l’Université, chaque étudiant, chaque membre du corps enseignant et des administrations universitaires peut le constater : notre Université est à bout de souffle. Pas en raison de l’assèchement de la soif d’apprendre de la jeunesse d’aujourd’hui, pas plus que celle de transmettre et de chercher. Elle est à bout de souffle malgré tout cet air prêt à lui insuffler la vie parce qu’on l’empêche de respirer. Petit à petit, comme dans d’autres secteurs, les gouvernements ont peu à peu rétréci ses voies respiratoires, les ont encombrées d’obstacles, pour ensuite s’étonner que notre Université fasse de l’asthme.
Évidemment, l’UNEF ne peut contempler sans faire un geste cette situation. Pour donner un nouveau souffle à l’Université, pour permettre à toute la vie qui l’abrite de fleurir à nouveau, elle a proposé aux candidats aux élections présidentielles un livre blanc contenant 15 axes composés de mesures permettant la réaffirmation de la place essentielle de l’Université au sein de la Cité.
Rétablir l’égalité au sein de l’Université, c’est d’abord permettre à toutes et à tous d’y entrer et d’y étudier. Pour ce faire, pas le choix : la forte augmentation du nombre d’étudiants depuis plusieurs années doit conduire à une augmentation des capacités d’accueil. Un engagement important (2 milliards d’euros par an pendant 10 ans) est nécessaire pour créer 170 000 places et financer les dépenses qui en découleront. Rétablir l’égalité, c’est ensuite supprimer les frais différenciés pour les étudiants étrangers, contraires à la philosophie de l’Université française. Les frais prohibitifs pratiqués aux États-Unis ne doivent pas être un exemple, mais un repoussoir.
Agir pour l’Université, c’est plus largement implanter dans nos lieux d’étude les grands combats de notre époque. Agir pour l’Université, c’est encourager et développer la transformation écologique de notre société, c’est lutter contre les discriminations en devenant un refuge pour chacun, c’est lutter contre la précarité jeune qui fait tant de victimes invisibles, c’est montrer à tous que la jeunesse peut et a l’envie de s’engager.
L’UNEF Paris II vous encourage à consulter ces propositions et à nous rejoindre pour les soutenir.
Pour une Université et une société juste et solidaire !