15/01/2019
Parce qu'il est des témoignages plus touchants que d'autres, qui vous vont droit au coeur, je partage avec vous lecteurs du jour et orateurs d'un autre jour, les mots de cette femme si poète, rencontrée lors d'une récente session que je donnais, en Art Oratoire :
"Christelle,
je me délecte, aujourd’hui encore, à l’écoute de cette session (enregistrée) et c’est un fait assez rare pour te le dire.
Sans les yeux, juste les timbres et les mots des unes et des autres, les rires, les silences, les exclamations et ces incroyables présences qui naissent, vivent et se diffusent tout au long de ces journées.
Plaisir et joie.
Et ta voix avec cette présence très rassurante des graves, une pointe d’aigu comme un sourire invitant, ses silences.
Et tes mots, précis, presque incisifs, accompagnants et toujours dans la bienveillance, insistants.
Et ce groupe de femmes, ces paroles de femmes, ces esprits drôles, pétillants, et cette écoute.
Mon dieu, quelle vie.
Que c’est bon.
Tu as posé en préambule la bienveillance dans le travail, le cadre non thérapeutique
point!!
Et le travail a commencé.
Mes appréhensions se sont peu à peu transformées en écoute de soi et perception de soi dans l’espace, face au public.
Pas de didascalies, pas de chant écrit, juste soi et le regard des autres.
Ce regard aidant et non pas “flippant”, ces sensations qui plutôt que de m’envahir peuvent être acceptées, en conscience et transformées en “appuis” et non pas en interprétations “auto flagellantes”ou en parasites, c’est une sorte de révélation.
Je peux analyser ma particularité dans mes prises de paroles.
Cette non neutralité qui peut brouiller le discours ou étouffer l’autre.
Pouvoir faire des choix et préciser le personnage que j’incarne, en souligner les différentes facettes pour aider le groupe chantant ou dansant à être présent ici et maintenant.
Cette notion de “personnage” sans le jouer, juste être en conscience, a été d’une clarté presque aveuglante.
Ce qui m’a fascinée puis interrogée puis impressionnée pendant cette session, c’est la grande fluidité avec laquelle tu te “mets en scène” pour nous permettre d’explorer des zones soit inconnues soit très bouleversantes.
Puis te sentir de nouveau être dans cette écoute qui “va et vient” de la globalité à la grande précision d’un geste, d’une intonation, d’une articulation.
Ta prise de paroles (la bienveillance étant posée je n’y reviendrai pas) proposant de rechercher cette précision pour nous ouvrir à cette conscience.
Puis de nouveau une détente spontanée par le rire, l’humour ou la gravité.
Toutes ces postures, ces engagements de différents niveaux de perception lorsqu’ils sont choisis et mis en œuvre ouvrent à la communication quelqu’en soit la forme.
Ils ne minorent pas l’intuition ou la spontanéité. Ils permettent une plus grande créativité car conscients.
J’ai beaucoup apprécié que tu ne “lâches” rien dans le travail. Ce que j’appelle, maladroitement j’en conviens, l’insistance.
Elle est pour moi essentielle et tu as su la mettre en œuvre toujours justement par rapport à la personne travaillant. Pas de complaisance, pas de violence non plus, du travail en conscience.
Dans les sensations profondes.
Superbe de force et d’énergie.
En tant que chef de chœur et en tant que femme, c’est vers ce chemin là que je souhaite avancer.
Vers cette fluidité là.
Vers cette ouverture à la rencontre de la créativité de l’autre, à sa voix intérieure, à sa présence.
Et ce que j’ai entendu de moi, de toi, des femmes de ce groupe coeur(chœur),me mène vers ce lieu dont les contours se précisent, un peu comme le dessin d’une terre qui apparait vue de la mer.
J’aime aller vers l’autre et dire ou chanter ou danser.
J’aime créer avec d’autres et me sentir vivante.
J’aime me taire et laisser le silence vivre.
Je vais m’aimer autrement.
Merci."