21/03/2012
Mardi 20 mars 2012
"Produit d’assurance-vie islamique: quelques précisions supplémentaires." Par Rashid HAMDAOUI
Il est essentiel de souligner que CFCI & Associés, en tant que courtier, ne sera que l’un des nombreux distributeurs du contrat d’assurance-vie islamique. Il n'est en aucun cas le propriétaire du produit, mais uniquement l'un des agents de sa commercialisation.
En ce sens, les souscriptions des clients ne transiteront pas par la CFCI, mais se dirigeront directement vers les compagnies d’assurance qui fourniront le contrat d'assurance-vie, puis vers la Société de Gestion qui placera les fonds pour le compte des souscripteurs.
Beaucoup a été dit et écrit sur la CFCI et son gérant, M. Rodolphe Pedro. Au terme de nos recherches, nous avons pu glaner les informations suivantes, extraites d’un article publié en juin 2011 sur le site « Histoire de vie » et qui fait le point sur son parcours récent.
« Il gêne beaucoup de monde. A chaque fois qu'il doit faire une intervention médiatique, on a une histoire rocambolesque qui surgit », avait dénoncé son avocate, Me Catherine Lévy.
Dans les bureaux de sa compagnie financière, sur la presqu’île à Lyon, Rodolphe Pedro brandit un courrier et enrage :
« C’est un organisme international établi en Suisse, un client depuis 1997, qui me signifie qu’il n’a plus confiance. Ça me fait perdre 900 000 euros ! »
Conséquence directe de la médiatisation (…) des déboires judiciaires de ce « fils de banlieue» à l’incroyable ascension sociale. Né en Suisse dans une famille modeste, allergique au système scolaire, il a vécu dans une cité à Savigny-le-Temple en région parisienne, puis dans un village du Bugey dans l’Ain. Un entrepreneur dans l’âme, tenaillé par l’envie farouche de réussir tout seul, qui a créé en 1996 la Compagnie Française de Conseils et d’Investissement (CFCI) qui gère un milliard d’euros de patrimoine.
L’homme a réussi dans la vie mais il n’a pas oublié d’où il vient. Parmi sa centaine d’employés, la plupart sont issus des « quartiers », sans diplômes. Et depuis 2006, il milite pour que les gamins des cités, « décrocheurs » du système scolaire, accèdent à une seconde chance en étant formé à son propre métier de placements de produits financiers [au sein de l’UniFi ; ndlr].
Rodolphe Pedro a tout d’un OVNI dans le monde de la finance où les « indépendants » comme lui ne pèsent que 7 % du marché. Et il estime que ses ennuis judiciaires pourraient venir de concurrents mal intentionnés.
Une information judiciaire avait été ouverte contre lui et son frère Richard en avril 2010 pour la séquestration d’un homme à Pont d’Ain en mai 2007. Une affaire rocambolesque où ce dernier, le frère d’un ami d’enfance de Rodolphe Pedro, se plaignait d’avoir été enlevé en voiture, frappé, et même la cible de tirs. Avant que le juge d’instruction de Bourg-en-Bresse ne se rende compte que le plaignant et son frère devaient 300 000 euros à Rodolphe Pedro, et qu’il ne demande un non-lieu.
Auparavant c’est le GIR (Groupement d’Intervention Régional), des policiers, gendarmes, et agents du fisc, qui avaient épluché les comptes et le fonctionnement de la CFCI suite à une dénonciation sur de prétendus achats d’appartements dans le pays de Gex, avec des prête-noms pour blanchir des fonds. Avant que là aussi la baudruche ne se dégonfle. Des auditions ont eu lieu, des comptes ont été passés au crible, et finalement le GIR a abandonné l’enquête, puisque la CFCI n’encaisse pas l’argent investi par ses clients, mais ne fait que du courtage en assurance et produits financiers et de la transaction immobilière.
Enfin dernière affaire, une accusation d’extorsion de fonds le 28 avril 2009. Après avoir participé à une émission de télévision, Rodolphe Pedro se trouvait avec un ami dans un hôtel de Dijon. L’ami avait fait appel au service de massage et le masseur a accusé ce dernier de vouloir lui extorquer 1500 euros, tandis que le financier serait intervenu pour faire pression sur lui en disant qu’il « connaissait le préfet ». « C’est complètement absurde, s’insurge son avocate Me Catherine Levy, ce masseur a déposé plainte une semaine après, et il avait soi-disant 1500 euros en liquide chez lui ! Rien ne confirme ses dires, et la caméra de l’hôtel était soi-disant en panne. »
« Lors de ma confrontation avec la prétendue victime de Pont d’Ain, cet homme a avoué au juge d’instruction que deux détectives privés l’encourageaient dans sa plainte.» « Depuis deux ans, ces hommes le dénigrent, envoient de fausses informations, contactent les autorités judiciaires et mettent le feu aux poudres » ajoute Me Lévy. «Nous ne sommes pas dans la paranoïa, il y a une cabale contre lui, et nous allons déposer plainte contre ces deux détectives » annonce l’avocate lyonnaise.
Nous avons pu interviewer M. Rodolphe Pedro.
Lors de notre entretien avec M. Rodolphe Pedro, nous avons découvert un personnage à qui la vie n’a pas toujours sourit. Un homme qui s’est construit dans la difficulté, à qui la société n’a pas forcément tout donné. Sa combativité, et sa compassion envers les autres lui ont permis une ascension économique et sociale fulgurante. Souvent perçu comme une erreur statistique, le « Caïd de la finance » a décidé de mettre la main à la poche pour aider les décrocheurs du système. L’UniFi en est le parfait exemple.
En choisissant de distribuer la première assurance-vie Shari’ah-compatible, la CFCI & Associés souhaite permettre aux musulmans et aux non-musulmans d’investir différemment. « Nous avons là un produit innovant, à dominante éthique, reposant sur des valeurs humanistes et universelles. »
« Lorsque tous les agréments réglementaires seront obtenus, et uniquement à partir de ce moment-là, la procédure de souscription sera très simple. Il suffira de s’inscrire sur le site de la CFCI & Associés, un collaborateur vous recontactera pour vous proposer un entretien afin de vous présenter le produit» annonce-t-il. Il est bien entendu que les souscripteurs pourront tout aussi bien se diriger vers n’importe quel autre courtier qui aura décidé de proposer ce produit à ses clients, musulmans ou non.
M. Rodolphe Pedro se défend de vouloir profiter de l’argent des musulmans ; en distribuant ce produit, il souhaite répondre à un besoin économique manifeste et explicite. Il rappelle à la société que « les musulmans ont le droit de consommer des produits financiers halal comme ils ont le droit de consommer de la viande halal. »
Ajoutant à cela : « L’ensemble de mon équipe croit en ce produit. Tous veulent le distribuer, c’est pour eux une fierté d’avoir la possibilité de commercialiser un produits financier conforme aux principes de l’islam. » Rappelons que 90% de l’effectif de la CFCI & Associés est constitué de collaborateurs musulmans.
Concernant l’aspect Shari’ah-compatible du produit, il renvoie cela au Shari’ah Board émanant du CIFIE, chargé de superviser et contrôler le produit : « Il s’agit là du travail des experts du domaine, ils ont la responsabilité de validité le produit, nous n’intervenons en rien dans le processus de validation», assurant ainsi la plus grande transparence à ses client
Par Rashid HAMDAOUI