28/02/2025
LILYAN KESTELOOT IN MEMORIAM (28/02/2018 – 28/02/2025)
La Négritude : une subjectivité communautaire de l'évaluation
''Cahier d'un retour au pays natal''
Par Émile Moselly Batamack
[À toi Lilyan qui repose depuis 7 ans au loin sous les Bananiers]
La notion de Négritude est tout d'abord la manifestation d'une culture. Dans ''Cahier'' de Césaire, elle marque un moment de révolte et de prise de conscience de la nécessité pour les étudiants, écrivains antillais et africains dans le Paris des années 30 de s'affranchir de l'emprise du colonisateur européen.
Pour ce faire, la Négritude sera utilisée comme l'arme de désaliénation de l'expression littéraire des Noirs, pour rétablir leur dignité à travers les œuvres de l'esprit.
Désormais les auteurs de ce mouvement littéraire vont exprimé leur propre culture et non plus celle de leurs colonisateurs.
Comme l'écrit Lilyan Kesteloot, la littérature n***e d'alors porte nettement les stigmates de ce combat qui est dû à la condition socio-politique de ces auteurs.
Malheureusement, c'est principalement cette caractéristique d'une littérature née dans le déchirement qui a attiré l'attention de nombreux commentateurs et critiques de la négritude depuis le siècle dernier, jusqu'à nos jours.
Cependant, la Mémorable Négritude du ''Cahier'' a été négligée en tant que forme de subjectivité communautaire de l'évaluation, manière particulière aux Négro-Africains et antillais de vivre, de voir, de comprendre, d'agir sur l'univers qui les entoure ; leur façon bien à eux de penser, de s'exprimer, de parler, de raconter des histoires, de faire de la musique notamment le jazz comme de faire de la politique, bref : La négritude caractéristique culturelle.
''Cahier'' (Extrait)
[…]
Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertéé de vos plaies ».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : « Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai ».
Et je dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent aux cachot du désespoir. »
Et venant je dirais moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleur n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est un ours qui danse... »