30/09/2016
Master Class de Atsuhi Kaneko
Né le 26 décembre 1966, il est l'un des auteur phare
du "manga underground, notamment pour son trait épais, à la limite du grotesque et qui rappellent les auteurs de comics underground tels que Charles Burns.
Il est l'auteur de nombreux succès aussi bien des érie (Bambi, Soil, Wet Moon...) que de one Shot ( R (1998), B.Q en 3 vols, Atomic (2001) ou encore Hunky x P***y (2004)).
Verbatim de son intervention
Né dans la province de Yamagata, région peu urbanisée.
Se met au manga d’abord pour faire rire ses camarades de classe. Mais dans l’école, il y a un autre enfant qui était particulièrement doué ; ce qui l’a conduit à douter.
A l’adolescence et comme étudiant, il abandonne complétement pour se consacrer à la musique. Il a même arrêté de lire des mangas, en gardant juste un regard sur le manga « alternatif », notamment ceux qui ont été influencé par la BD franco-belge (comme Otomo avec Moebius)
C’est paradoxalement par la musique qu’il va revenir au manga en rencontrant les illustrateurs de pochettes de disque, d’affiches…
A force d’être dans la musique, il manque ou risque de manquer son diplôme universitaire au sein d‘une école de cinéma. Il réfléchit sur son lit 2-3 heures et se dit alors qu’il faut repartir sur le manga.
C’est à 22 ans qu’il commence donc sa carrière de manga, mais il n’y connaissait rien. Il a fait alors le pari de réaliser un manga « alternatif » et donc du fait de son originalité qui n’aura pas besoin de respecter les canons du genre (et pourra substituer l’innovation à sa manque de connaissance).
Ses premiers travaux lui permettent d’avoir un prix pour l’originalité, mais l’enferme chez un seul éditeur prêt à soutenir son travail. Son éditeur le pousse à s’enfermer dans un style underground, mais il refuse et préfère multiplier les recherches personnelles. A la lecture d’autres manga, il privilégie le cinéma, la rencontre des d’autres auteurs ou critiques et les concerts pour s’inspirer.
Cela le poussera vers un style graphique très personnel, qui aura un succès (Bambi).
Il reconnait que lire beaucoup de manga, ou encore se concentrer fortement sur l’étude d’un auteur peut être une bonne solution ; « mais alors il faut le faire sérieusement en recopiant pas une ou deux planches mais plusieurs chapitres pour saisir les techniques ». Cependant lui se refuse de le faire. Le manga doit être un genre ouvert, insérer dans le dessin des éléments d’autres genres artistiques.
Quand on lit un manga, il ne faut pas suivre l’histoire, mais repérer comment l’auteur communique avec le lecteur, met en avant tel ou tel élément et pourquoi. L’intérêt repose sur la composition du rythme.
Il pense que les outils ont d’ailleurs tellement explosé qu’il serait ridicule de parler de techniques professionnelles. Ce serait un non-sens de s’acharner sur les trames manuelles, ou la plume d’oie etc… Il faut d’abord s’approprier personnellement des outils au choix.
Nommé 3 fois à Angoulême, il a pu rencontrer de nombreux auteurs de franco-belge. Il a été très marqué par le fait qu’ils ont l’air très heureux et profite mieux de la vie, même s’ils sont moins de chance de venir millionnaire qu’un mangaka japonais.
Il lui semble que les mangakas japonais sont moins gais dans leur création (« souvent accompagné par leur épouses qui doivent tout diriger d’ailleurs »). C’est la joie de vivre des français qui lui a donné la force de poursuivre en se disant qu’il est possible de travailler avec conviction et joie.
Il a ensuite ramener des planches sur lequel il travaille actuellement pour montrer sa composition du travail. Il débute pour une élaboration précise du scénario. Comme il est en prépublication, il prévoit parfaitement le découpage en nombre de pages précis pour correspondre au travail à faire dans le mois (24 pages). Ce travail est souvent repris 3 à 5 fois.
Ensuite il élabore un story-board mais qui trace moins les dessins que la répartition des pages impaires, paire et double pages… Puis va développer de plus en plus son storyboard. Mais une page a pu nécessiter une dizaine de pages préparatoires. Il dessine à l’ultime moment, quand la préparation a été suffisamment développée. Apres accord de l’éditeur, il scan et passe au travail numérique.