18/06/2026
La dernière séance du séminaire SLS de cette année universitaire au lieu le lundi 22 juin 2026, de 14h à 16h, et aura pour programme :
- 14h-15h: présentation de Laura Lapeyre " Un lexique pluriel mais une syntaxe universelle :
Représentations sociolinguistiques dans la standardisation de la LSF"
- 15h-16h: bilan de l'année 2025-26 et préparation de l'année 2026-27
Le séminaire aura lieu comme d'habitude au CNRS UAR Pouchet, salle 124, et à distance par Zoom: https://univ-paris8.zoom.us/j/7705173529
Il sera interprété en français-LSF.
Voir la page : https://www.sfl.cnrs.fr/fr/seminaire-sls-laura-lapeyre-0
Résumé transmis par Laura Lapeyre:
Cette communication s'inscrit dans le cadre de ma recherche doctorale en cours qui porte sur la standardisation de la Langue des Signes Française (LSF) et les représentations sociolinguistiques qu'elle véhicule. La présentation se concentre sur l'analyse d’outils de grammatisation (grammaires, dictionnaires et manuels d'apprentissage) tels que les définit Auroux (1992) : les instruments techniques qui transforment une langue en objet de savoir. Comme le soulignent Milroy (2001) et de Quadros & Rathmann (2021), la standardisation ne relève pas uniquement du domaine linguistique : elle est traversée par des enjeux politiques, sociaux et idéologiques, particulièrement sensibles pour les communautés linguistiques minorisées.
La présentation teste l'hypothèse suivante : les outils de grammatisation de la LSF n'accordent pas le même traitement à la variation lexicale et à la variation syntaxique ; la première est valorisée tandis que la seconde est peu thématisée. Pour ce faire, nous nous appuyons sur une analyse thématique manuelle d'un corpus de 29 outils de grammatisation de LSF.
L'analyse, encore en cours, permet déjà d'observer au sein de plusieurs outils une hiérarchisation des formes linguistiques. La variation lexicale, surtout régionale, est discursivement valorisée, bien que rarement représentée. En revanche, les discours relatifs à la syntaxe suivent une autre dynamique. Il est en effet rarement question de variation mais plutôt d’homogénéité syntaxique. Dans certains ouvrages, cette homogénéité dépasse les frontières de la LSF et concerne l’ensemble des Langues des Signes (LS). Ce type de discours est parfois légitimé par la chaîne argumentative suivante :
S/sourds ↔ pensée visuelle ↔ syntaxe spatiale en 3D → spécificité des LS
La causalité de cette chaîne varie selon les outils (illustrée par la double flèche). La pensée visuelle y est tantôt une propriété des S/sourds, tantôt une conséquence de la modalité visuo-gestuelle, ou même les deux simultanément ; révélant une argumentation qui tend à naturaliser le lien entre identité sourde et organisation syntaxique de la LSF ou des LS.
Nous interprétons ces discours à la lumière des concepts de Deafhood (Ladd, 2003), de Deaf gain (Bauman & Murray, 2009) et d'essentialisme stratégique (Ladd, 2015), afin de comprendre les dynamiques sociolinguistiques à l'œuvre dans le processus de standardisation de la LSF.
22 juin. 2026. 14h00 16h00 Présentation de Laura Lapeyre et bilan de l'année du séminaire (UAR Pouchet, salle 124) et Zoom: https://univ-paris8.zoom.us/j/7705173529 Titre de la présentation: Un lexique pluriel mais une syntaxe universelle : Représentations sociolinguistiques dans la standard...