Savoirsducorpsdansant

Savoirsducorpsdansant Journées d'études et de pratiques sur les savoirs du corps dansant organisées à l'université les 17 et 18 avril

Quelques traces en images des journées d'études: 17 avril 2015
21/04/2015

Quelques traces en images des journées d'études: 17 avril 2015

15/04/2015

Les journées d'études et de pratiques approchent!
Dernières recommandations pour la journée du 17..... Comment je m'habille?

Sachant que certaines interventions articulent théorie et pratique, il se pourrait, il faut imaginer l’éventualité que le(a) conférencier(ère) vous invite à explorer physiquement un aspect de son discours. C’est pourquoi nous préconisons de venir habillé d’une tenue souple permettant le mouvement.

15/04/2015

Remaniement du programme.
En raison d’une blessure, Patricia Kuypers sera dans l’impossibilité d’assurer la conférence du 17 au matin, ainsi que son atelier du 18 avril.

> La conférence sera entièrement assurée par Alice Godfroy
> L'atelier sera assuré par Marie-Paule Marbach

Marie-Paule Marbach – danseuse et sophrologue – vous proposera un atelier de Sophrodanse avec une orientation vers le mouvement authentique.

Vous trouverez ci-dessous une présentation du travail qui pourra être proposé.

Les modalités pratiques de cet atelier restent inchangées :
Horaires : samedi 18 avril de 9h30 à 12h30
Lieu : Le Portique, Université de Strasbourg, 14 rue René Descartes

Marie-Paule Marbach, danseuse, chorégraphe et pédagogue fait se rejoindre la sophrologie et la danse dans une nouvelle matière la Sophrodanse. Sa pratique est basée sur l’exploration sensorielle, une conscience profonde, une appropriation positive de son corps en mouvement et une mise en valeur de son potentiel créatif de l’instant présent, dans l’espace et dans sa relation à l’autre.

Utilisant la “Relaxation Dynamique”, outil précieux de la sophrologie, elle cherchera à vous amener vers une détente active en position debout accentuant ainsi les stimulations corporelles tout en favorisant la combinaison des sensations, des perceptions et de l’action.



http://www.mariepaulemarbach.fr/sophrodanse.htm

12/04/2015

Repas du 17 avril - à partir de 19h30 / ouvert à tous!
! Réservation obligatoire avant le lundi 13/04 inclus 03 88 36 70 73 ou [email protected] !

au Théâtre du Tambourin
10 rue d'Ankara
67000 Strasbourg

Les tarifs :
> 8€ plein tarif
> 5€ tarif réduit (étudiants + demandeurs d'emploi)

En lien avec les journées d’études « Savoir(s) du corps dansant » organisées par l'Université de Strasbourg, SomeBody propose à tous – intervenants comme auditeurs – un espace-temps de rencontre autour d’un repas.

www.cie-somebody.com/imprevu-suites

N'oubliez pas de vous inscrire!> Pour la Journée d'études du 17 avril > Pour le Repas (soir) du 17 avril (à partager ave...
08/04/2015

N'oubliez pas de vous inscrire!

> Pour la Journée d'études du 17 avril
> Pour le Repas (soir) du 17 avril (à partager avec les chercheurs et artistes intervenants)
> Pour la Journée de pratiques du 18 avril


Auprès du CIRA: par téléphone, mail ou sur le site

03 88 36 70 73 - [email protected] - www.cira.asso.fr

Stages et cours à l'année. Grand stage d'été. Toutes disciplines : Contemporain, Jazz, Flamenco, Africain, Danses de couple, Contact-improvisation, Classique, Feldenkrais,TangoContact, Sophrodanse, BodyWeather, Danse sensible, préparation à l'E.A.T- Public enfants, adolescents, adultes. Association…

17 avril  # 15H45 - Atelier-conférence de Catherine Contour" Danse, conscience & hypnose - Émergence de nouveaux corps c...
08/04/2015

17 avril # 15H45 - Atelier-conférence de Catherine Contour
" Danse, conscience & hypnose - Émergence de nouveaux corps critiques?"

Mon cheminement avec l’hypnose, depuis une douzaine d’années, m’a progressivement amenée à prendre conscience de savoirs de mon corps dansant et de ressources pour un corps critique.

Après une rapide évocation de l’âge d’or de l’hypnose médicale à la fin du XIXe s., de son influence sur l’émergence de formes nouvelles et de son articulation avec la danse à travers la figure de Loïe Fuller, je propose de partager cette expérience singulière de la danse augmentée de la technique hypnotique, dont j’explore les possibilités pédagogiques et artistiques. Une recherche qui se poursuit dans les créations (Danses avec hypnose, Pièces d’hypnose, Plages, Plongées) et dans l’élaboration d’un outil qui me semble particulièrement adapté à ces corps critique, dont Laurence Louppe souligne l’action « d’ouverture d’horizons inédits et de déplacements de nos habitudes » :

« C’est l’artiste qui se sert de son corps pour élaborer une pensée sur le monde. C’est la remise en cause à partir du mouvement de toute procédure. C’est un corps qui met en échec les habituels schémas de représentation de soi. C’est un corps qui questionne les modes de production spectaculaire, à partir de l’expérience du corps lui-même ».

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Notice biographique
Catherine Contour est artiste-exploratrice. A travers le corps, le mouvement et les dispositifs de (re)présentation, elle questionne la notion de « relation », à partir d’une double formation en danse contemporaine et en scénographie à l’École nationale supérieure des arts-décoratifs de Paris. Elle crée Maison Contour, à la fois marque de fabrique artistique, site internet évolutif et mode de création nomade basé sur des co-habitations temporaires dans des lieux. Ses créations forment des îlots de partage pour une danse qui intensifie la présence au monde. Elle s’associe avec chercheurs et artistes dans les nombreux champs qu’elle aborde, parmi lesquels le jardin, le paysage et l’hypnose, dont elle explore les possibilités pédagogiques et artistiques, forgeant un outil pour les créateurs, basé sur l’autonomie et l’émancipation.

www.maisoncontour.org

08/04/2015

17 avril # 15H - Communication de Biliana Fouilhoux
" Quels savoirs somatiques pour les danses de 'relation': Contact Improvisation et tango? "

Cette communication propose une analyse et tentative de compréhension des phénomènes complexes qui régissent le fonctionnement d'improvisation en danse, souvent sur la base d'acquis de technique et de mémoire, à partir de deux terrains immersifs : le contact improvisation, danse contemporaine d'un dialogue de poids entre deux ou plusieurs partenaires, sous forme de partage social, et le tango, danse de ballroom.
La notion de savoir en danse, comme à la fois un conditionnement (prise d'habitudes) et un surgissement (réconstruction et déconstruction des mêmes habitudes) sera élaborée et problématisée autour des questions suivantes :

1. Quelle corporéité (dans le sens donné par le philosophe des arts Michel Bernard, qui conçoit le corps comme une expérience dynamique sensorielle et fictionnelle, cf « De la création chorégraphique », 2003) est nécessaire pour ces danseurs en contact, et même indispensable pour la transmission d'information et échange/contagion d'état de corps (Hubert Goradr) afin que ces deux types particulier de danse, dépendant du dialogue corporel, fonctionnent ?

2. Quelle « connexion » émerge dans ce mécanisme fin de d'interactions multiple (induire des mouvements chez l'autre, pour reprendre la belle formule d'Alwin Nikolais, chorégraphe américain : motion vs emotion ou comment d'émouvoir à deux?) et quelles valeurs partagées la définissent ? De nature somatique, éthique et autre...

3. Quelle mémoire commune de savoir faire et savoir être est nécessaire pour une plasticité à la fois individuelle et communautaire ? (Les danses dites « sociales » sont souvent accompagnées par une forme particulière de conscience collective qui prend racine et mouvance dans les échanges perpétuels entre les acteurs.

4. La maîtrise du toucher « haptique », sujet à approfondir dans sa conception et dimension expérientielle très importante pour permettre la libre émergence et circulation de mouvances dansante ( plasticité spatio-temporelle mais aussi empathique, décisionnelle...)
*haptique : notion introduite en psychologie par J.J. Gibson pour désigner un toucher « actif », actuellement travaillé dans la champs de pratiques somatiques, pour permettre la prise de conscience de sensations kinésthétiques, posturales mais aussi émotives ( temperature, pulsations cardiaques, etc...)

La méthode comprend observation et entretiens avec des danseurs et praticiens somatiques, spécialisés dans ces deux styles de danse, pratique personnelle incorporée et immersive de 6 à 12 mois ( jams, milongas, suivis d'enseignement), approche phénoménologique et pratiques d'auto-explicitation (retranscription de journaux de bord, échanges avec des collègues travaillant dans les mêmes champs d'études).

Ce travail est en lien direct avec le programme de mon laboratoire d'attachement, le Centre d'études des arts contemporains : « La recherche avec l'art » qui questionne le jeu aussi comme manière de repenser la démarche universitaire de conduite de projet de recherche : séminaires co-animés avec des artistes, situations expérimentales de réunions de recherche, procédés de recherche-création.

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Notice biographique
MCF Danse à l'Université de Lille, CEAC – Centre d'études des arts contemporains, Lille 3.

Biliana Fouilhoux est danseuse et chercheuse, spécialisée en études chorégraphiques, pratiques somatiques et processus de création. Actuellement elle travaille sur le gesté dansé autour des notions d'incorporation et de pratiques de subjectivation. Autres thématiques abordées sont les idéologies du féminin, le ravissement et l'érotisme, les perceptions et les sensations en danse...

Elle a contribué à des ouvrages collectifs - Le surgissement créateur : jeu, hasard et inconscient, (Edition Universitaire de la Sorbonne Paris V/ CNRS – Prix de la critique française pour meilleur ouvrage sur la danse en 2012), La citation dans le théâtre contemporain, (Editions Universitaires de Dijon, Nouvelles technologies du soi, mobilités et (co-)constructions identitaires, (Editions de l'Université de Turku)... et à plusieurs r***es d'esthétique (R***e d'Etudes Culturelles, R***e franco-italienne Magma, R***e Interrogations, R***e La Licorne...).

Sur la base de ses thématiques de recherche elle développe des projets de recherche-création dans le champ chorégraphique et performatif en collaboration avec des artistes chercheurs en musique , théâtre - Niebeski, In Utero Veritas, Paris-Bali, Walter's Angel, Venice Resonances... , présentés dans le cadre d'événements socioculturels et manifestations universitaires diverses.

17 avril  # 14H - Démonstration-conférence d'Emmanuel Grivet"Improviser, une approche multiple et globale du réel"Le che...
08/04/2015

17 avril # 14H - Démonstration-conférence d'Emmanuel Grivet
"Improviser, une approche multiple et globale du réel"

Le cheminement consistera à relier et faire dialoguer trois plans : l'expérience de l'improvisation en danse (entendue comme forme de création et de composition particulière) ; les savoir-faire et capacités potentiels du corps qu'elle requiert et développe concernant le mouvement, la relation à d'autres corps, et l'élaboration commune d'une écriture (chorégraphique mais aussi autre) ; et leurs conséquences, implications, prolongations expérimentées et possibles dans les champs social, politique et
philosophique.

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Notice biographique
Chorégraphe, danseur et pédagogue, directeur de sa compagnie, Emmanuel Grivet développe depuis quinze ans une recherche sur l’improvisation, la danse-contact, l’écriture et la composition instantanées, a dansé avec quelques figures de ce courant, et a forgé ses propres outils d'écriture et de formation des danseurs. Il collabore aujourd’hui à de multiples projets, créations et recherches dans le champ chorégraphique de l’improvisation, en France et à l'étranger.

http://www.cieemgrivet.com/

La compagnie de danse contemporaine Emmanuel Grivet propose spectacles et performances autour de l'improvisation et de la composition instantanée. ce site vous invite à découvrir les pièces de son répertoire et le contenu de ses stages et formations notamment en danse contact improvisation.

02/04/2015

17 avril # 11H - Démonstration-conférence de Bettina Neuhaus
"Le corps dans l'espace et les espaces du corps"

The subject of this lecture-demonstration originates in my long-lasting fascination for the phenomenon of space and its key-role within my work as dance artist in the activities of training, creating and performing. The lecture proposes that dance can be understood as a declaration of space.

The presentation starts with taking a closer look at the spatial nature of the human body in motion by shedding light on its different systems such as skin, connective tissue, skeleton, joints, etc. and our sensory modalities such as the visual, kinaesthetic and vestibular sense.

Each of these systems and modalities forms a particular facet of our three-dimensional nature and within this provides specific information and possibilities to act and respond our dynamic relationship with the world in its spatial dimension.

Addressing the visual and kinesthetic nature of dance within the context of space, the lecture discusses how these two modalities (visual and kinaesthetic senses) are two very different modes of listening (perceiving) which deliver different spatial information, and thus, both alter our relationship to space, and to the material we create, in particular ways.

The lecture will contextualize these questions through taking a look at different views on space and their impact on the dancing body such as the approach of René Descartes, Maurice Merleau-Ponty and Hubert Godard.

Above all the lecture questions the notion of ‘space’ as ‘empty’, static and objective, and instead advocates that space is always dynamic, temporalized, personal and a strong emotional medium: in every-day life as well as in dance as an art form.

Instead of delivering a linear series of facts and information, this lecture-demonstration aims to deliver a collection of observations, questions and possibilities, which emerge from my own artistic practice as dance artist. Within this frame the audience is invited to experience some facets of ‘space’ as phenomenon by changing place and perspective – by moving, listening, seeing and touching.

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Notice biographique
Bettina Neuhaus is a dance artist based in Amsterdam and Berlin. For more than 25 years Instant Composition and the collaboration with musicians, video artists and poets have been at the core of her choreographic and performative work.
Sheholds a Masters in Creative Practice Dance from Trinity Laban Conservatoire of Music and Dance in London. Bettina studied with Joan Skinner and is a certified Skinner Releasing Teacher at both Introductory and Ongoing levels. She teaches SRT and Instant Composition extensively at leading institutions across Europe and South America.
http://www.bettinaneuhaus.com/

29/03/2015

17 avril # 9H45 - Performance-conférence de Patricia Kuypers & Alice Godfroy
"Que nous apprend le corps dansant les yeux fermés?"

La danse n'est devenue un objet de la réflexion théorique que fort tardivement. Celle-ci a tenté de l’appréhender à travers le prisme de disciplines fort avancées du savoir qui lui ont imposé des cadres et des outils d’analyse étrangers à sa mesure. L’enjeu actuel de la recherche consiste selon nous à renverser les perspectives et à montrer qu’il revient au savoir du corps dansant de se donner ses propres commencements et ses formes propres de pensée.

Notre effort méthodologique revient à partir de l’expérience du corps en studio, c’est-à-dire en travail dans la situation de l’atelier, là où se fabrique, s’expérimente et se potentialise la poétique du geste. Comment un corps se met-il en mouvement ? Quelles ressources cherche-t-il à mobiliser pour entrer dans un état créatif, à savoir un état d’improvisation ?

Il est un procédé simple, si simple qu’on ne lui prête guère attention, et pourtant si riche pour qui désire accéder aux savoirs du corps interne. Un procédé qui fait figure de constante expérientielle tant dans les ateliers de danse contemporaine que dans les pratiques somatiques. Un tout petit geste qui s’opère sans effort et permet de basculer dans l’infra du corps, d’opérer l’un des renversements les plus profonds de l’expérience du corps propre : il s’agit de la fermeture des yeux.

La pratique du Mouvement authentique, née dans les années 60 sous l'impulsion d'une danseuse devenue thérapeute, Mary Starks Whitehouse, offre l'exemple d'un dispositif dans lequel ce changement de mode perceptif, la fermeture des yeux, constitue un facteur décisif pour amener le danseur (dit « mover ») à entrer dans un état d'engagement dans le mouvement. Le dispositif inclut la relation avec un témoin qui regarde le « mover » bouger les yeux clos et avec qui s'opérera un échange sur l'expérience vécue des deux points de vue. Les témoignages croisés sur ce moment de danse permettent de médiatiser le possible dévoilement d'un aspect ignoré de qui je suis à travers le mouvement.

En ce sens, l’application de cette pratique dépasse le champ de la danse pour s'inscrire également dans une visée thérapeutique où l'outil du mouvement les yeux fermés représente une traversée fondatrice vers l'auto-guérison ou le développement personnel. Inspiré du concept d'imagination active développé par Jung et d'une pensée d'orientation psychanalytique, ce processus s'attache à relever les moments qui apparaissent ici et maintenant aux yeux des deux partenaires facilitant l'accès et l'intégration de parties non conscientes de l'expérience dansée.

Notre attention se portera sur l'impact que procure l'absence de vision oculaire sur le « sens de soi ». Nous nous focaliserons sur l'effet de la fermeture des yeux pour observer ce phénomène, prenant le Mouvement authentique comme objet d'étude et d'expérience, sans toutefois perdre de vue les nombreuses autres pratiques de danse et de yoga où cette occlusion visuelle intervient comme facilitateur d'un état de corps/conscience relié, comme support d'un état de danse habité.

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Notices biographiques

Patricia Kuypers > Après un Master en psychologie, Patricia Kuypers s'est consacrée à l'improvisation et au Contact Improvisation découvert à travers une rencontre artistique déterminante avec Steve Paxton. Également active dans le domaine de l'édition sur la danse, notamment au sein de la r***e Nouvelles de danse et de l'association Contredanse dont elle est fondatrice, elle poursuit actuellement une recherche personnelle sur l'improvisation en danse, La partition intérieure, qui se décline sous forme d'écrits, de performances, de conférences ou d'ateliers.

Alice Godfroy > est agrégée de Lettres, docteure en littérature comparée, et enseignante dans le parcours Danse de l’Université de Strasbourg. Ses recherches doctorales, portant sur les convergences entre écrire et danser, ont forgé le concept de ‘dansité’ et éclairé le mouvement des textes poétiques à partir de l'expérience du corps dansant. Elle mène de front un parcours de danseuse et investit le Contact Improvisation comme méthode de recherche privilégiée.

25/03/2015

17 avril # 9H15 - Communication de Jérémy Damian
"Un laboratoire expérimental pour la conscience corporelle: le 'studio' de François Delsarte"

Ma contribution cherchera, dans un premier temps, à mettre en scène un contraste entre deux espaces expérimentaux qui, dans la seconde moitié du XIXe siècle, à peu près au même moment, ont pris en charge d’étudier un ensemble de phénomènes relatifs à la perception intérieure, l’intériorité et à la conscience. Le premier de ces espaces est le laboratoire expérimental de psychologie de Wilhelm Wundt (1832-1920), resté fameux pour avoir fait entrer la psychologie dans une histoire positive et affranchie des approximations subjectives caractéristiques des précédentes enquêtes relatives à l’intériorité et pour avoir offert un véritable laboratoire à la conscience. Le second, plus intimiste et modeste, est celui que s’est bricolé celui que l’on considère parfois comme un des pionniers des pratiques somatiques ou de la modern dance, François Delsarte (1811-1871) et que je baptiserai « studio ».

La confrontation de ce studio au laboratoire de Wundt permettra de le spécifier, lui aussi, dans son caractère « expérimental », bien qu’il soit obligé par un ensemble de réussites distinctes de celles qui caractérisent le laboratoire expérimental des sciences modernes (Stengers). Je mettrai en évidence la manière dont le second parvient, à sa façon, à produire des savoirs et à cultiver des versions (Despret) de ce que deviennent les « sensations », « l’intériorité », « la conscience » dès lors qu’on les rapporte à une « culture des sens intérieurs ». Et ainsi, produit la possibilité d’une autre intériorité.

Je proposerai de décrire le studio comme le lieu d’un apprentissage possible visant à déborder les formes typiques de notre expérience au monde et à y détecter de nouvelles textures qui ouvrent de nouvelles manières de sentir, bouger, se relier et peut-être même penser.

Notice biographique
Jérémy Damian a soutenu sa thèse "Intériorités / Sensations / Consciences — Les expérimentations somatiques du Contact Improvisation et du Body-Mind Centering" au printemps 2014. Ses recherches portent sur la/les conscience.s corporelle.s dans diverses pratiques somatiques et dans le champ de la thérapie manuelle. Membre du collectif grenoblois CitéDanse, il organise des journées "Étirements // Penser - mouvoir" visant à inquiéter l'évidence de la rencontre entre le mouvement et la pensée et à en expérimenter des versions possibles. Il pratique, en amateur, le Contact Improvisation et la composition instantanée.

23/03/2015

Argument de la journée d'études.
Savoir(s) du corps dansant: des outils de la pratique aux enjeux théoriques.

De quels savoirs le corps dansant est-il le lieu?
En quoi ces savoirs spécifiques peuvent-ils rayonner sur d'autres domaines, et questionner d'autres champs du savoir?

Bien souvent relégué dans l'angle mort de la critique, le studio de danse est un laboratoire vivant pour qui veut éprouver, et un observatoire idoine pour qui veut comprendre la transformation du corps quotidien en corps dansant. S'il « est un lieu très particulier, celui où se trame la matière de la danse, d’où jaillit son mouvement » (Dominique Dupuy), la timide prise en considération dont il est l’objet contraste fortement avec l’importance, ne serait-ce qu’en poids d’heures, qu’il revêt pour le danseur.

Cette journée d'étude entend investir les savoirs qui se construisent au cours du travail en studio et répondre par là même à la nécessité soulevée par Michel Bernard « de recourir à une problématique spécifique, entièrement différente, fondée [...] sur la prise en compte de la seule corporéité sensorielle et motrice mise en œuvre dans la relation hic et nunc de la situation de l’atelier de danse ». C'est en qualifiant l'expérience du corps dansant en situation non spectaculaire, à l'endroit de son travail et de sa formation, qu'il devient possible de ressaisir la spécificité du mouvement dansé en régime de différenciation vis-à-vis du se mouvoir ordinaire.

Cette posture ouvre un champ de recherche qui se soutient de deux gestes. Le premier consiste à penser les pratiques, à penser à partir d'elles, en tenant au pluralisme du savoir chorégraphique contemporain : il sera question des savoirs du corps dansant, de ce qui les conjoint et les disjoint.

Nous nous intéresserons moins aux techniques de formation de l'interprète que – en elles ou hors d'elles – à ces approches multiples du mouvement qui développent les potentialités du corps-conscience et l'apprêtent à devenir créateur de son geste. L'apparente atomisation des approches se résorbe toutefois dès qu'on l'inscrit sous l’horizon historique d'une révolution des pratiques initiée par la danse moderne et réaffirmée par la danse contemporaine – un renversement des approches par lequel la danse n’est plus tant apparue comme un travail sur la matière du corps que sur sa sensibilité et sa dimension de corps-conscience. Avec l'avènement de la modernité, le nouveau corps dansant allait apprendre avant tout, dès le début du XXe siècle, qu’il était une matière pensante qui ne pouvait croître qu’en étendant la connaissance de son sentir. « Ne cherche pas à comprendre, à reproduire, voire à imiter de l’extérieur mais à percevoir, à ressentir, à revivre de l’intérieur » – L’injonction pédagogique de Dominique Dupuy « à un élève, à un stagiaire » résume ainsi le tour de force qui, de l’apprenti-danseur reproducteur de formes, a fait un producteur de conscience, et de l'atelier de danse une école du savoir-sentir capable de résorber la fracture du sens en plaçant le savoir sous l’emprise directe du sentir.

Le second geste de notre posture de recherche opère un retournement à la fois épistémologique et méthodologique : une fois établie cette forme de pensée somatique spécifique aux corps dansants, une fois forgés les outils de sa connaissance propre, il serait possible non pas d'être hébergé par tel ou tel domaine institué de la science, mais au contraire de venir les éclairer autrement. Il s'agirait en d'autres termes, et plutôt que de placer la danse sous les grilles de lecture propres aux disciplines traditionnelles du savoir, de montrer comment les savoirs du corps dansant forment un appareillage critique capable d'interroger, de réévaluer et de renouveler l'horizon des discours disciplinaires (esthétiques, philosophiques, psychologiques, anthropologiques, etc.).

Adresse

Le Portique 14 Rue Descartes
Strasbourg
67000

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