Page officielle Institut de Formation en Psychomotricité TOULOUSE III
Page web institut (études, offres d'emplois, mémoires publiés, stages de formation continue etc.): https://medecine.univ-tlse3.fr/institut-psychomotricite Objectifs : Informations et connaissances sur :
· les études qui aboutissent au diplôme d'Etat de psychomotricien(ne)
· la profession de psychomotricien(ne)
· la rééducation/t
hérapie psychomotrice
· les troubles psychomoteurs
· le développement psychomoteur
Le psychomotricien:
Le psychomotricien est un professionnel de santé au même titre que les kinésithérapeutes, les orthophonistes et les ergothérapeutes. Il exerce sa profession auprès d'enfants et d'adultes qui présentent des difficultés d'adaptation au monde à cause d'un intégration perceptivo-motrice perturbée. La cause du déficit peut être un trouble psychomoteur à proprement parler mais aussi un tableau plus large où la difficulté perceptivo-motrice n'est alors qu'une partie de la désadaptation. Le psychomotricien s'adresse donc à une population de différents âges au cours de la vie pour des actions de dépistage, de diagnostic, de prévention, d'accompagnement et de rééducation. Très au fait du développement de l'enfant et des troubles neuro-moteurs, le psychomotricien tente d'apporter, par des mises en situation et des apprentissages spécifiques, une réduction du déficit ou une disparition même du trouble neuro-développemental visé. A défaut il aide à la compensation et à l'intégration du sujet en prenant en compte ses déficits. Si le cadre d'intervention est toujours le même : évaluation, diagnostic, construction d'un projet, réévaluation du travail effectué, les méthodes de thérapie sont, elles, riches et multiples. Elles empruntent à la recherche fondamentale comme à la recherche appliquée toute avancée qui pourrait aider le patient. La rééducation ou thérapie psychomotrice est un des moyens qui permettent de restaurer l'adaptation de l'individu au milieu par le biais d'apprentissages psycho-perceptivo-moteurs. Elle s'adresse, pour l'essentiel, aux troubles psychomoteurs. Elle étudie à la fois les mécanismes perceptifs, c'est-à-dire comment et avec quelle efficacité le sujet extrait du milieu les informations pertinentes pour la réalisation de son projet moteur et, par ailleurs, le comportement moteur lui-même et ses caractéristiques. Le trouble psychomoteur se manifeste à la fois dans la façon dont le sujet est engagé dans l'action et dans la relation avec autrui. Les troubles psychomoteurs sont des troubles neurodéveloppementaux qui affectent l'adaptation du sujet dans sa dimension perceptivo-motrice. Leurs étiologies sont plurifactorielles et transactionnelles associant des facteurs génétiques, neurobiologiques, psychologiques et/ou psychosociaux qui agissent à différents niveaux de complémentarité et d'expression. Ils sont souvent situationnels et discrets, entravant en priorité les mécanismes d'adaptation, constituant une source de désagrément et de souffrance pour le sujet et son milieu social. Leur analyse clinique s'appuie sur une connaissance référentielle approfondie du développement normal. Elle nécessite des investigations spécifiques dont l'examen psychomoteur, pour appréhender les aspects qualitatifs et quantitatifs des perceptions, des représentations et des actions du sujet. Les principaux troubles psychomoteurs sont :
· le trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité,
· le trouble de l'acquisition de la coordination (dyspraxies de développement),
· les dysgraphies de développement,
· les incapacités d'apprentissage non verbal,
· les troubles spatiaux,
· les mouvements anormaux,
· les troubles de la dominance latérale,
· les troubles du tonus musculaire. Les caractéristiques de ces troubles sont les suivantes :
1) ce sont des troubles perceptivo-moteurs qui affectent les différentes fonctions d’exploration (aspects perceptifs), d’action (sur le milieu physique), de communication (notamment dans ses aspects non verbaux) et les manifestations émotionnelles ;
2) ils se manifestent par des signes neurologiques doux qui signent l'existence d'un dysfonctionnement cérébral a minima ;
3) ils sont associés à un complexe psychopathologique, comportant des facteurs émotionnels pouvant aller jusqu’à un véritable trouble psychiatrique qui soulève la question des comorbidités ;
4) ils demandent une analyse des différentes dimensions (biologique ou organique, écologique, intentionnelle ou téléologique) pour permettre la prise en compte de la pluralité étiologique (Albaret, 2001 ; Corraze, 1981, 1999, 2010). La rééducation psychomotrice se centre sur l'action du sujet. Il est de règle de considérer que les thérapies des troubles psychomoteurs sont multimodales. Les thérapies sont, d'une part, spécifiques, définies par un champ d'application stricte donc en rapport avec des indications précises et, d'autre part, agissent à des niveaux différents et donc sont complémentaires. Elle est adaptée à la nature du symptôme : on ne traite pas par les mêmes moyens une dyspraxie, une dysgraphie, un trouble de l'attention, un tic moteur, un trouble des communications non-verbales, etc. La mutimodalité peut ainsi comporter une thérapeutique chimique et une intervention psychothérapique, comme dans les tics ou dans le Trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité. Quand il existe des facteurs affectifs et sociaux associés, il convient d'y adjoindre une autre thérapie spécifique. La notion de "thérapie à médiation corporelle", de ce fait, est un terme vague qui confond des niveaux divers d'intervention. Le corps a des dimensions cognitives, affectives, perceptives, motrices et communicatives dont l'intégration se fait à des organisations différentes. On peut considérer que les thérapies psychomotrices se situent selon un continuum à l'extrémité duquel on pourrait placer les psychothérapies verbales et à l'autre le biofeedback. A côté de l'aspect purement instrumental de la thérapie, portant sur la réorganisation du geste par exemple, les mécanismes cognitifs et affectifs sont également pris en compte et jouent un rôle important dans la recherche de l'amélioration symptomatique. Les contre indications ne peuvent par conséquent se définir de façon absolue, il n'y a que des indications mal posées. L'erreur la plus grossière résulte d'un réductionnisme qui affirme qu'il n'existe qu'une cause, ce qui n'a d'ailleurs aucun sens, et une thérapie passe-partout. Albaret, J.-M. Les troubles psychomoteurs chez l'enfant. Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Pédiatrie, 4-101-H-30, Psychiatrie, 37-201-F-10, Paris : Elsevier, 16 p.[pdf]
Corraze J. (1981). Les troubles psychomoteurs de l'enfant. Paris : Masson. Corraze J. (1999). Les troubles psychomoteurs. Marseille : Solal. Corraze, J. (2010). Psychomotricité : Histoire et validation d’un concept. In C. Matta Abi-Zeid & J.-M. Albaret (Eds.), Regards sur la psychomotricité libanaise (2000-2010) : de la théorie à l’examen psychomoteur (pp. 11-28). Beyrouth : Université Saint-Joseph.[pdf]
La démarche du psychomotricien:
Notre démarche s'articule autour de quatre axes.
1 - Le diagnostic repose sur l'entretien, l'observation empirique et l'utilisation de tests fidèles et valides qui permettent de mettre à jour et de préciser la nature et l'ampleur des troubles psychomoteurs. On doit y joindre d'autres examens, selon la nature du sujet (neurologique, neuropsychologiques, psychologiques, psychiatriques, etc.). Une telle investigation mettra en relief l'aspect plurifactoriel de bon nombre de symptômes psychomoteurs. L'absence de facteur général en psychomotricité nécessite l'emploi d'échelles de développement comme celle de Lincoln-Oseretsky ou de tests diagnostiques comme la Batterie d'évaluation du mouvement chez l'enfant (M-ABC). Il existe, en effet, des modules différents qui peuvent fonctionner de façon indépendante. C'est le cas, par exemple, pour les différents systèmes de l'équilibre ou encore pour un trouble d'incoordination motrice manuelle qui peut coexister avec une excellente motricité par ailleurs
2 - La mise en place du projet thérapeutique détermine les buts à atteindre et fractionne ceux-ci à partir des possibilités initiales du sujet. Précis dans sa conception mais plastique dans sa réalisation, il suit les progrès du patient pas à pas. Ce projet vise la résolution ou la réduction des symptômes et la réadaptation de l'individu au milieu par une approche spécifique. Une telle approche donne des résultats nettement supérieurs à toute approche "globale" ou "relationnelle".
3 - Le choix des moyens thérapeutiques découle des objectifs et du caractère spécifique de la pathologie présentée. Ils s'organisent en deux niveaux :
- le cadre général commun à tout apprentissage dans lequel s'inscrivent les principes du renforcement positif, les notions fondamentales du façonnement et de l'enchaînement de réponses motrices, l'utilisation de l'imitation et de la connaissance des résultats ;
- les techniques spécifiques telles que les programmes d'auto-instruction pour enfant hyperactif, la relaxation et ses dérivés, le biofeedback et les méthodes découlant de la neuropsychologie et des connaissances en matière d'apprentissage et de contrôle moteurs. Ces deux niveaux tiennent évidemment compte d'un contexte relationnel de qualité.
4 - L'évaluation et la confrontation des résultats de la rééducation s'opèrent essentiellement au moyen d'un retest mais les échelles d'évaluation et l'auto-enregistrement sont également employés. De plus, au sein de chaque séance, l'analyse des réussites par exercice et leur retranscription graphique fournissent au patient et au thérapeute une indication contingente des résultats accomplis. Les études concernant l'efficacité des thérapeutiques engagées permettent ainsi d'améliorer la qualité et la pertinence des soins en matière de psychomotricité. Il convient, enfin, de suivre la durée des effets avec le temps qui suit les interventions.