25/08/2015
L’économiste
Édition N° 4593 du 2015/08/25
L’investissement de l’Etat en mode ralenti
Un taux de réalisation de 57% à fin juillet
L’engagement d’accélérer le rythme se fait toujours attendre
30,8 milliards de dirhams dont 8,3 milliards versés aux comptes spéciaux du Trésor
L’investissement de l’Etat en mode ralenti
Les charges de la compensation ont diminué de 22% s’établissant à 13,1 milliards de dirhams à fin juillet. Elles représentent 8,5% des dépenses contre 10,8% une année auparavant. En revanche, la part dépenses du personnel continue d’augmenter
Le coup d’accélérateur de l’investissement des ministères se fait attendre: le taux de réalisation est à 57% à fin juillet. Sur les 54 milliards de dirhams prévus par la loi de finances, 30,8 milliards ont été émis à fin juillet, enregistrant une hausse de 2,9% par rapport à 2014. Une dépense qui tient compte du versement d’un montant de 8,3 milliards de dirhams aux comptes spéciaux du Trésor.
L’investissement a mobilisé 20% des dépenses globales, soit un peu moins que le matériel auquel 20,8% ont été consacrées (21,2 milliards de dirhams).
Le plus souvent l’exécution des dépenses d’investissement se caractérise par le phénomène d’accumulation des reports de crédits. A titre d’exemple, les reports de l’exercice 2013 à 2014 se sont élevés à 18 milliards de dirhams!
Pour faire face à ce phénomène, le gouvernement avait prôné «la programmation des crédits d’investissement sur la base d’un taux de réalisation déterminé». Le tout accompagné d’une présentation «des programmes et des projets avec des objectifs, des délais de réalisation et des coûts précis». Reste que les résultats de cette «politique» n’ont pas encore produit les effets attendus et pourraient donc se traduire par des budgets d’investissement en moins pour certains départements l’année prochaine.
Sur les sept premiers mois de l’année, les dépenses du budget général sont en hausse de 1,6% atteignant 179,6 milliards de dirhams. A côté de l’investissement, elles sont marquées par l’accroissement des charges de la dette de 13,4%. Il s’agit plus exactement de la dette dont la maturité est supérieure ou égale à 5 ans et pour laquelle les intérêts sont passés à 17,7 milliards de dirhams contre 14,4 milliards une année auparavant. Et ce, sous l’effet du reprofilage et de la gestion active de la dette.
La structure des dépenses révèle encore une fois le poids des charges du personnel en hausse de 0,8%. A elles seules, elles représentent 39,2% des dépenses globales s’établissant ainsi à 60,3 milliards de dirhams à fin juillet 2015. Une diminution des rappels de 47,8% est enregistrée contre une augmentation structurelle de 2,9% de la masse salariale.
Sur les dernières années, la part de la masse salariale par rapport au PIB n’a cessé de s’accroître: 10,51% en 2010 et 11,30% quatre ans plus t**d. Cette année, les crédits ouverts au titre des dépenses du personnel s’élèvent à 105,5 milliards de dirhams, un niveau jugé inquiétant au regard des possibilités économiques et financières du pays.
A fin juillet, le déficit budgétaire s’est établi à 27,4 milliards de dirhams contre 27,1 milliards une année auparavant. Les recettes au cours de cette période ont évolué de 0,3% sous l’effet d’une hausse des impôts directs de 1,6%, des droits de douane de 3,9% alors que les recettes non fiscales ont pris 5,4%. En revanche, les impôts indirects et les droits d’enregistrement sont en baisse respectivement de 2,1% et 2,6%.
Khadija MASMOUDI
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