04/11/2025
Au cœur des chroniques ❣️❤️
Titre : je pars
Abnégation
« Quelqu’un qui part et qui envisage l’éventualité d’un échec, celui-là peut trouver le péril absurde et donc peut l’éviter. Mais celui qui part pour la survie, qui considère que la vie qu’il a à perdre ne vaut rien, celui-là sa force est inouïe, parce qu’il n’a pas peur de la mort ». Fatou Diome
Il y a exactement trois mois et six jours que M’bodou a plié bagages et, quitté son village natal Tchaïrom pour la Libye. Depuis lors, aucun membre de sa famille ni même ses amis intimes n’ont de rassurantes nouvelles. Ce jeune en partance pour la quête d’un lendemain meilleur, rempli de bonté, mais surtout de la richesse ; s’est embarqué dans un véhicule gros porteur gris un matin juste devant le grand carrefour du village, où tous les habitants présents dans la rue principale, en ce jour, furent témoins. Et depuis ce jour, ce garçon est resté sans nouvelles.
Avant de quitter pour la Libye, M’bodou et Ali son meilleur ami d’enfance se sont entendus, après une mûre et profonde réflexion sur un plan de départ. Et, ils ont juré au nom de leur amitié de le respecter au prix de n’importe quel sacrifice.
Étant donné qu’ils chérissaient le même rêve, depuis que cette idée a vibré dans leurs têtes lors d’une balade entre amis dans le polder de leur village, il leur fallait les moyens idoines. L’argent en leur possession ne leur suffisait pas pour s’y rendre tous les deux, ainsi le jeune Ali se plia par fraternité au profit de son ami d’enfance. Chose qui amena les jeunes garçons, connus dans tout le village pour leur complicité de toujours veiller l’un sur l’autre comme les enfants d’une seule mère, à conclure un deal.
Ali ayant hérité de sa défunte mère un champ de trente mètres carré, devrait vendre sa parcelle, pour financer une partie du voyage de son ami, et, ce dernier arrivé à bon port mobiliserait la somme qu’il faut, l’enverrait à son ami pour qu’il le rejoigne.
Le jeune Ali, orphelin de mère à l’âge de dix-sept